Eric LEDEUIL : Zoup ! A french atmosphere pour flûte et piano, Éditions Pierre LAFITAN : P.L. 3396.

Destinée aux élèves de quatrième année de premier cycle, cette pièce d’une durée de quatre minutes débute «  d’un air Gavroche  », simple et guilleret, sur un accompagnement pianistique d’accords syncopés à la basse en staccato. La valse qui suit De Montmartre à Ménilmontant…rappelle l’accordéon des valses musettes avec ses triolets en broderies.
Sophie Jouve-Ganvert

Claude-Henry JOUBERT : Le jardin oublié Concerto mystérieux pour flûte avec accompagnement de piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3392.

Comme toujours avec Clade-Henry Joubert, ce jardin mystérieux renferme bien des surprises. Nous n’étonnerons personne si nous disons que ce jardin est «  un jardin extraordinaire  » où, sur la route du collège, s’ouvre une porte mystérieuse qui débouche sur un jardin aux mille fleurs. Mais voici que surgit un géant effrayant, mais qui va faire des confidences : c’était un beau chevalier qui ne peut être délivré que par… une flûtiste ! La flûtiste reviendra, mais arrive en retard au collège ! Si, bien sûr, nous trouvons sur le parcours un certain nombre d’allusions musicales que le professeur se devra de signaler s’il les détecte, (mais nous n’en doutons pas !) l’ensemble de cette pièce déroule un discours tout à fait charment et poétique mais qui mettra à l’épreuve toutes les qualités rythmiques et mélodiques de la flûtiste. La flûtiste… Bien sûr, si c’est un flûtiste qui joue, on pourra ne pas lire le texte ! Mais ce serait dommage, même si la pièce peut être interprétée sans. Mais elle pourra aussi donner lieu à une mise en scène… Souhaitons en tout cas beaucoup de plaisir aux interprètes et à leurs auditeurs.
Daniel Blackstone

Romain DUMAS : En attendant… pour flûte et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3429.

Quelle agréable attente ! On écoute avec beaucoup de plaisir cette pièce très bien écrite dans un langage très français. Il est tellement important de pouvoir former nos élèves à de la belle musique et c’est vraiment le cas ici. Les nombreuses modulations, fort bien amenées, sont pleine de sens et enrichissent le discours musical. Bref, si l’on ne sait ce que l’on attend, on sait ce que l’on entend, et que c’est fort réussi… Chaque instrument prend sa part de l’attente, et la part du piano n’a rien d’un remplissage. Tour à tour, chacun peut s’exprimer à loisir : il s’agit, dans ce plaisir de jouer, de vraie musique de chambre. Bien sûr, in fine, la flûte a quand même droit à sa cadence. On remarquera aussi, tout au long de l’œuvre, l’importance des notations de phrasé et de détachés qui lui donnent tout son caractère.
Daniel Blackstone

Valérie ROUSSE – Joël LITTORIE : Couleurs caraïbes pour flûte et piano. Volume 2. Lemoine : 29 402 H.L.

Nous avons dit tout le bien que nous pensions de cette série dans des articles précédents. Voici le début d’une nouvelle série qui s’annonce avec de nouvelles pièces pour flûte. Rappelons que ces pièces sont toutes des œuvres originales et non pas la déclinaison des mêmes pièces pour d’autres instruments. Ce volume contient trois nouvelles pièces graduées, toutes, bien sûr, dans le style créole. La première est une «  Valse créole du soleil  », la deuxième s’intitule «  Et pourtant  ». Elle demande, comme la suivante, «  Qui sommes-nous ?  » un pianiste confirmé. La partie de flûte reste, quant à elle, très abordable mais demande, bien sûr, de solides qualités rythmiques…
Daniel Blackstone

Valérie ROUSSE – Joël LITTORIE : Couleurs caraïbes pour 2 flûtes et piano. Lemoine : 29 406 H.L.

Ce sont de bien jolies «  couleurs  » que nous offrent Valérie Rousse et Joël Littorie. Nous avions rendu compte des six premiers recueils pour divers instruments dans la lettre 76 de décembre 2013. La collection s’enrichit de deux nouveaux recueils, l’un pour quatuor à cordes, dont il est rendu compte plus bas, l’autre pour 2 flûtes et piano. Nous avions souligné qu’il ne s’agissait en aucune manière de transcription d’un même recueil pour divers instruments, mais que chaque recueil était constitué d’œuvres originales. C’est encore le cas ici. Les deux pièces présentées sont fort variées. La première, «  Partage  », est une valse lente où le piano a d’abord un rôle d’accompagnateur puis les instruments dialoguent et le piano a même un rôle de soliste à certains passages. La deuxième, «  Si…  », est une danse rapide et pleine de panache à la rythmique pas toujours évidente. Le tout est d’un niveau fin de préparatoire à moyen. Comme nous l’avions dit en 2013, ces recueils peuvent constituer à eux tout seuls un spectacle final pour une école de musique !
Daniel Blackstone

Voici une délicate et charmante pièce qui a des allures de valse. La partie de piano est tout à fait abordable, quant à la partie de flûte, elle comporte des envolées qui conviennent parfaitement à l’instrument. Après l’exposé d’une jolie mélodie de petits détachés conduisent à l’octave aigu de l’instrument où on retrouve le même lyrisme. Phrases liées et détachées alternent jusqu’au bout tandis que le piano se livre, au milieu, à de jolies arabesques. Bref, l’ensemble est gracieux, fluide avec des modulations sages mais bienvenues. L’ensemble est bien séduisant et permettra d’attendre le printemps avec beaucoup de plaisir.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

De Télémann à Maria Holzeis-Augustin en passant par Mozart, Weber et d’autres, ce sont quatorze pièces arrangées pour deux flûtes qui nous sont proposées. La dernière est une composition originale. Les arrangements, pas si faciles, sont faits avec beaucoup de goût et de respect de l’esprit et des harmonies des œuvres originales. A côté d’extraits d’œuvres connues, on trouve aussi des extraits moins connus qui permettront de faire découvrir aux élèves des auteurs un peu négligés aujourd’hui. Ajoutons que le fait que l’édition soit trilingue est bien agréable.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Voilà une pièce bien réjouissante qui nous entraine « côté soleil », c’est-à-dire dans une ambiance brésilienne sur un rythme de samba. Sans être difficile, cette œuvre exige que les deux interprètes aient le même sens du rythme ! Si la flûte a droit à une cadence, le piano a lui aussi un rôle non seulement rythmique mais de partenaire à part entière. Inutile de dire que cette pièce ne respire pas la mélancolie et devrait beaucoup plaire à ses interprètes… et à leur public !
Daniel Blackstone

Il est bien plaisant, ce concerto qui nous raconte une belle histoire, celle de ce prince slave qui se réveilla un beau matin au son de la flûte. La flûte ? Ou plutôt de charmants oiseaux qui s’égosillent sur de jolis accords suspendus du piano. Le voici maintenant qui va, au galop de son cheval, respirer le parfum de la forêt. Après cette partie plus agitée, le prince regarde « son beau royaume illuminé par le soleil ». C’est donc une partie plus contemplative qui s’ouvre. Mais ce qui devait arriver arriva : le Prince invita une belle jeune fille à danser. « Et tout le monde dansa le Kolo avec le Prince ». Que dire sinon que les interprètes devraient prendre beaucoup de plaisir à interpréter cette pièce pleine de charme et de fraicheur, mais qui mettra cependant à l’épreuve tant leurs qualités d’expression que leur virtuosité.
Daniel Blackstone

Le titre de la pièce en dit bien le caractère. Avec parfois des accents fauréens, nous sommes embarqués dans une sorte de sicilienne lyrique et tendre coupée, vers la fin, d’accents plus impératifs pour terminer par un pianissimo minimaliste et transparent. L’ensemble est extrêmement agréable et écrit avec autant de science que de goût. L’opale est bien rendue par la délicatesse et la transparence de l’écriture. Les deux interprètes devraient trouver beaucoup de plaisir à jouer cette œuvre qui n’est mineure que par la taille et y rencontrer beaucoup de succès.
Daniel Blackstone

Ce petit recueil pour débutants contient onze mélodies dites « enfantines » mais qui ne le sont pas tant que ça ! On retrouvera avec délices La chèvre en parlement ou, moins connue, Si vous savez bien danser (bourrée provençale et, bien sûr, Gentil coquelicot… On appréciera l’accompagnement réalisé par Olivier Geoffroy de ces différentes chansons : le compositeur a parfaitement saisi l’esprit et le caractère de chacune en réalisant de petits bijoux de simplicité et de bon goût. De plus, ces accompagnements sont techniquement faciles et pourront être joués par des élèves, d’où une véritable initiation à la musique de chambre.
Daniel Blackstone

Cette troisième pièce, à quatre temps, est un Adagio non troppo. A l’aise, donc. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la virtuosité est aussi au rendez-vous. Thème, développement et reprise du thème, si la construction est classique, le discours mélodique et harmonique l’est beaucoup moins, et on goûtera toute la finesse de l’harmonie et du discours mélodique dont la subtilité n’altère en rien le charme. Ces deux pièces méritent donc vraiment d’être sorties de l’oubli.
Daniel Blackstone

Emile Pessard (1843-1917) fait partie de ces compositeurs oubliés malgré un Grand Prix de Rome pour une cantate qui sera jouée à l’opéra de paris le 21 février 1867. Il a écrit une douzaine d’opéras et d’opérettes ainsi que de la musique de chambre. Sa science de l’écriture (il fut professeur d’harmonie au Conservatoire) se dévoile dans cette première pièce. Adagio, elle déroule, à 6/8, une jolie mélodie ornée d’arabesques mais les modulations se font de plus en plus nombreuses et délicates. Une partie centrale, più mosso, est laissée au piano qui, tenant plutôt un rôle d’accompagnateur dans la première partie devient un partenaire à part entière dans la dernière partie même si la flûte garde l’essentiel du discours. C’est en tout cas une partition et un compositeur à découvrir.
Daniel Blackstone

Mais oui, on peut faire des micro-intervalles volontairement à la flûte à bec ! Sortie de la catastrophique image donnée par sa pratique en milieu scolaire, la flûte à bec est un bel instrument avec lequel non seulement on peut jouer juste mais par lequel aussi on peut affiner son oreille et avois accès à des intervalles chers à la musique d’aujourd’hui. N’imaginons pas non plus qu’il s’agit d’exercices : Max Méreaux compose de la musique, tout simplement. A travers ces courtes pièces, il nous décrit les trois « types » récurrents du répertoire classique du Guignol lyonnais : Guignol, Gnafron et Madelon. Les micro-intervalles concourent ici à accentuer le caractère de chaque personnage et à l’expressivité du discours. Notons que l’auteur fournit une tablature proposée pour l’exécution des micro-intervalles utilisés. Redisons encore que ce moyen est utilisé pour faire de la vraie et bonne musique.

« Ready to play », tel est le titre de cette collection tout à fait intéressante. Les dix-neuf petits duos qui nous sont proposés ici appartiennent tous au XIX° siècle. Beethoven, Schubert, Schumann, Mendelssohn, Chopin, Verdi et quelques autres y prennent place à travers certaines de leurs œuvres emblématiques. Les arrangements sont bien faits et respectent, en général l’harmonie originale pour autant que c’est possible. Au professeur de compléter ce travail par l’écoute – indispensable – des œuvres originales. Mais on ne peut que louer ce type de travail qui permet justement, une fois qu’on a travaillé les arrangements, de mieux écouter et pénétrer les œuvres originales. C’est un travail sérieux et fait avec goût.

Commençons par le conseil avisé de l’auteur : « Il y a parfois des paroles écrites sous les parties de flûte et de piano. Qu’en faire ? Ce que l’on veut ! Les dire, les chanter, les faire dire, les écrire sur un tableau, les ignorer… ». Ce qui ne signifie pas qu’on peut faire n’importe quoi ! Mais veut dire que cette pièce peut être à l’origine de bien des réalisations, depuis l’exécution simple jusqu’à une mise en scène avec costumes… Cette histoire de fées est bien sympathique et amusante, en même temps qu’intéressante musicalement, mais avec Claude-Henry Joubert, cela va sans dire. On reconnaîtra au passage quelques thèmes connus, notamment celui du hibou Zarastrou… La fée Crabos est inquiétante à souhait. Quant à la fin de l’histoire, « la fin ne vous regarde pas ! ».

oici un oiseau bien virevoltant et qui donnera un peu de fil à retordre à son interprète. Un rythme très caractéristique est soutenu par le piano qui joue ici un rôle de support de la carrure tout à fait indispensable tandis que l’oiseau-lyre donne libre cours à ses envolées… lyriques. L’ensemble est écrit dans un langage aussi aérien que poétique et vous emporte dans des rêves éthérés. Bref, il y a beaucoup de poésie et de charme dans cette pièce difficile mais très attachante.

Editée d’après les sources par Jochen Reutter.  Notes sur l’interprétation, de Susanne Schrage.
Les quelques corrections utiles ont été établies d’après la comparaison entre les deux seules sources.
Dans ce genre d’édition (trilingue, comme de coutume chez Schott), ce n’est pas l’œuvre que nous découvrons, mais ce qui en est dit dans la préface et dans les « notes sur l’interprétation ».
La préface nous renseigne sur les « secrets de fabrication » de la Musique de Table, éditée en 1733, grâce à une souscription, (comme bien souvent à l’époque). Haendel fut d’ailleurs l’un des souscripteurs.


Les trois Productions qui constituent Tafelmusik contiennent trois ensembles de « base » entre lesquelles s’intercalent trois pièces, dont cette sonate, ce Solo. Par Solo, il faut entendre pièce pour un instrument accompagné d’une basse-continue (fondamento) selon la terminologie de Telemann). Le plan de cette sonate suit celui de la sonate d’église

Peter GODEN : Schabbes Schabbes. Klezmer pour 3 clarinettes. Bärenreiter : BA 10635.

Ce volume rassemble onze mélodies Yiddish qui possèdent la touche mélancolique si typique de la musique klezmer. Elles sont ici enrichies par le charme spécifique d’un trio de clarinette ou chaque partie, assez facile, possède sa richesse mélodique et rythmique. Les interprètes les plus exercés pourront enrichir l’ensemble en l’ornementant ou en improvisant, à condition de rester dans le style tellement particulier de cette musique. Il y a dans ces trios beaucoup de plaisir en perspective et une excellente introduction à la musique d’ensemble.

Jacques LESBURGUERES : Une flûte itinérante, pour flûte et accompagnement de CD. Lemoine : HL 29304.

Ce recueil de six courtes pièces est original par sa diversité de styles et par l’accompagnement d’un CD.
Dans la première pièce seulement, pièce aux couleurs indiennes « Devil’s Dance », les interventions de cloches tubulaires, sitar, tabla, autres flûtes sont indiquées. La deuxième pièce « Marine », plus classique d’écriture, mélodiquement et rythmiquement, est plus simple. L’accompagnement comprend un cor anglais, une harpe, un glockenspiel et une contrebasse. « Fleur de jasmin », accompagnée de harpe et de percussions s’inspire incontestablement de Ravel. On y retrouve l’« Impératrice des pagodes » de « Ma mère l’oye » avec ses doubles croches aigües et précipitées en mode pentatonique. C’est toute la savane que l’on imagine dans « Africa Jingle », grâce aux percussions africaines. « Rue Montmartre » est moins bien réussie, jouée avec un quatuor à cordes, une harpe et un glockenspiel. Jeu de mot pour le titre de la

 

. Pièce pour cinq flûtes à bec alto et une flûte à bec basse (ou six flûtes à bec alto). Santilly, Édition Les Escholiers (17, rue du Bois, 28310 SANTILLY, ou ), E.S.G 2016 CN-GM. 5 p. et parties séparées (flûte à bec alto 1 (2 p.) – flûtes à bec altos 2, 3, 4, 5, 6 (respectivement 1 p.), flûte à bec basse (1 p.), avec CD.

À la fois amusante, originale et didactique, cette Valse rengaine se démarque des œuvres de la Renaissance. En fait, les flûtes à bec rendent à merveille les sonorités de l’orgue de Barbarie. La visée pédagogique est indéniable : les élèves seront familiarisés avec le tempo de la Valse et devront respecter les contretemps, toutefois sans masquer la mélodie répétitive et lancinante de la rengaine. Cette œuvre est écrite pour 5 flûtes à bec alto et une flûte à bec basse (ou 6 flûtes à bec alto). Elle transmet aux interprètes et auditeurs la naïveté et le charme rustique de l’orgue de Barbarie, comme on en trouve sur les manèges d’enfants. Après la maîtrise des difficultés rythmiques : divertissement assuré en parfaite adéquation entre titre et résultat sonore.

Alexandre FLENGHI : L’histoire de Poucette pour flûte et piano. Assez facile. Delatour : DLT2712.

Cette Poucette-là n’a rien à voir avec Michel Serres mais nous replonge au contraire dans les contes de notre enfance. Des péripéties nous conduiront, à travers cinq épisodes, de la naissance au mariage. Le tout est écrit avec beaucoup de grâce et de fraîcheur dans un langage qui fait penser au meilleur de l’école française. Les techniques « contemporaines » ne sont là que pour illustrer le récit. Bref, c’est à un fort agréable bain de jouvence que nous invitent l’auteur et ses interprètes. On pourrait même imaginer, pour une audition, une discrète mise en scène. C’est en tout cas vraiment délicieux.