Jean-JacquesWERNER : Melencolia pour clarinette en si bémol et accordéon. Paris, Le Chant du Monde (www.lechantdumonde.com ), MC4991, 2016, 12 p. (+ partie de clarinette, 5 p.). Durée : 9’ 30.

 

Compositeur prolifique et inventif, Jean-Jacques Werner (né à Strasbourg en 1935), s’inspire de la célèbre gravure sur cuivre (1514) : La Melencolia du peintre Albrecht Dürer, né à Nuremberg le 21 mai 1471 et mort dans cette ville, le 6 avril 1528. Celle-ci représente, au premier plan, un ange assis portant un livre, un compas et des clés ; un angelot assis sur une roue ; un sablier, un cadran solaire…, des outils éparpillés sur le sol et, en haut à gauche, sous l’arc en ciel, l’inscription : Melencolia I : autant de symbolismes particulièrement riches auxquels le compositeur fait écho.

 

Dans son œuvre (2011), il préconise une association de timbres rare : clarinette en si bémol, avec sa sonorité assez mélancolique, et accordéon assurant un support harmonique généreux et quelques transitions. Cette évocation musicale exige du clarinettiste — qui doit aussi être un bon solfégiste (batteries de doubles, triples croches en quintolets jusqu’à 11 notes) — une solide maîtrise technique, un sens du phrasé (deux en deux, syncopes…), et des deux instrumentistes le respect des indications métronomiques et dynamiques respectives ainsi que des précisions de l’auteur : libre, fugitif, à l’aise… Le style de J.-J. Werner est délibérément de notre temps (dissonances à finalité expressive, accords complexes, rythmes subtiles). L’ensemble se termine en glissant du sfz à ppp. 9 minutes 30 de musique « sur le papier » qu’un enregistrement discographique révélerait encore mieux.