Bruno ROSSIGNOL : Dona nobis pacem  pour chœur mixte SATB a cappella. Delatour : DLT2471.

Bruno Rossignol enrichit ses œuvres religieuses pour chœur de ce motet qui prend pour support la dernière phrase de l' « Agnus Dei » de la messe : Dona nobis pacem, Donne nous la paix. La phrase est répétée, comme pour une longue méditation qui en ferait ressortir différents aspects. Le tout est quasiment homorythmique. Tout est dans les subtilités harmoniques et dans l'expressivité des nuances et des accents. Il n'y a pas de grande difficulté technique, mais la beauté de la pièce ne s'exprimera vraiment – mais est-ce une surprise ? – que dans la perfection de son exécution.

 

 

Giuseppe VERDI : Ave Maria.  Arrangement de Jean-Christophe Rosaz pour soprano solo et chœur SATB a capella. Assez facile. Delatour : DLT2503.

Cet air de Desdémone, tiré de l'Otello, n'a en fait de facile que l'apparence. Certes, l'ensemble est pleinement consonnant et ce n'est pas par les harmonies qu'il déconcertera les chœurs. Mais, outre qu'il y faudra une soliste de premier plan (Maria Callas s'est illustrée dans cet Ave Maria…), il faudra aussi que le chœur fasse preuve de grandes qualités vocales pour conserver la justesse y compris dans les lentes finales au la bémol aigu chantées pianissimo. Ceci dit, le résultat est certainement très intéressant. J.-C. Rosaz nous dit qu'il a voulu habiller ce qui était un tapis de cordes de la « chair » d'un chœur qui reprend les paroles de la soliste. Sur le conducteur figure une réduction clavier qu'il ne faudrait pas utiliser au piano. Mais peut-être qu'elle pourrait servir pour un orgue avec des fonds doux. C'est à essayer…

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Nicolas Bacri (né en 1961 à Paris), élève au CNSMP et à l'Académie de France à Rome, a composé en 2011 ses Mélodies de la mélancolie. Compositeur prolifique, ses Chants d'amour (2015) portent le numéro d'opus 126 n°2a. Il s'agit d'une œuvre de commande pour le 22e Concours international de Chant de Mâcon (Opéra et Mélodie française). Il a retenu trois textes du poète symboliste belge, Emile Verhaeren (né à Saint-Amand, Province d'Anvers, en 1856, et mort à Rouen, en 1916). Ils sont extraits de ses Recueils Les heures  Les heures claires (1896), Les heures de l'après-midi  (1905) Les heures du soir (1911) — dans lesquels il exprime son amour pour sa femme Marthe Massin, peintre aquarelliste.

Michel LYSIGHT : El Niño de Atocha  sur un texte d'Alain Van Kerckhoven pour chœur mixte à 5 voix (SATBB). Delatour : DLT2501.

Créée le 13 mai 2012 à Bruxelles, cette œuvre a été inspirée par les confidences faites à l'auteur du texte par une jeune femme de république dominicaine. El Niño de Atocha est un « enfant Jésus » local qui protégeait des sorciers et calmait les peurs de la petite fille. L'alternance de deux thèmes musicaux, l'un à caractère de berceuse populaire, l'autre plus rythmique crée une ambiance typique. Bien que consonnant, l'ensemble demande un chœur aguerri à cause de la virtuosité de certains passages, d'autant plus qu'il est important que le texte soit parfaitement compréhensible. Mais on sera récompensé du travail demandé par la beauté de l'œuvre.

Nicolas CHEVEREAU : Quatre poèmes de Ronsard  pour baryton et piano. Delatour : DLT2543.

Parmi ces quatre poèmes de Ronsard, trois sont tirés du recueil Les Amours : Comme on voit sur la branche au mois de May est extrait du livre « Sur la mort de Marie » et date de 1578 ; Le printemps n'a point tant de fleurs s'intitule Chanson dans le livre « Nouvelle continuation des amours » (1556) et Ciel, air, et vents est issu du deuxième livre des « Amours » et date de 1552. Quant au poème Pourtant si j'ay le chef plus blanc, il est tiré du quatrième livre des « Odes » publié en 1550. On voit que le choix de l'auteur n'est pas anodin, car il réunit en un recueil des poèmes qui ont en commun une vision de l'amour dans sa dimension exaltante et passagère. La mort n'est jamais loin… Le langage utilisé est ce que l'auteur appelle un « langage tonal élargi ». Le discours musical ne fait pas redondance avec les poèmes mais les éclaire continuellement. Le chant est lyrique, mais avec beaucoup de pudeur et de retenue.

Michel LISYGHT : Three Philosophers Songs  sur un texte d'Alain Van Kerckhoven pour baryton, flûte, violon, violoncelle et piano. Delatour : DLT2500.

Sur un texte en anglais, l'auteur nous présente trois contes philosophiques librement inspirés de trois mythes occidentaux : le premier, inspiré de Caïn et Abel, le deuxième du destin de l'acacia et le dernier s'inspire de la légende de Saint Nicolas. L'ensemble laisse un rôle majeur aux parties instrumentales qui dialoguent constamment avec le chanteur. Il y a un grand lyrisme dans cette œuvre attachante.

Robert SCHUMANN : Liederkreis von Joseph Freiherrn von Eichendorff op. 39. Bärenreiter Urtext : BA7853.

Que voilà une intéressante édition de ces lieder moins connus et moins donnés en récital que les autres cycles de Schumann, mais qui n'en sont pas pour cela moins beaux et moins intéressants ! Cette édition de Hansjörg Ewert comporte une copieuse préface faisant l'historique de la composition, indiquant notamment le rôle joué par Clara dans la genèse de cette œuvre. Les textes des lieder figurent en tête du recueil avec leur traduction anglaise. On trouve à la fin les différentes variantes de l'autographe, des indications critiques et en appendice Der frohe Wandersmann.(op.77 n°1).

Ces deux volumes font partie d'une anthologie en huit volumes réalisée conjointement par le Centre de Musique Baroque de Versailles et la société Jean-Philippe Rameau. On ne peut que se réjouir de voir ainsi mis à la disposition des chanteurs un tel répertoire,

Cinq Élégies.

Jean-Charles GANDRILLE : Cinq Élégies.  Mélodies pour soprano et piano sur des poèmes tirés de Alcools  de Guillaume Apollinaire. Delatour : DLT2527.

Ce cycle de mélodies a été écrit en 1999, à l'âge de dix-sept ans, suite à une déception amoureuse… On trouve dans ce recueil toute la recherche de couleur harmonique et de fluidité mélodique qui caractérisent le style de l'auteur. C'est beau et… difficile !

 

Agnus Dei

Jean-Charles GANDRILLE : Agnus Dei  pour chœur mixte SATB a cappella. Delatour : DLT2526.

La seule difficulté de ce chœur, c'est que les voix sont très souvent divisées. Sinon, la pièce n'offre pas de difficulté technique. C'est simple et beau, mettant avant tout en valeur le texte. Pièce dépouillée et expressive, elle correspond tout à fait au souhait de l'auteur : « Par la beauté d'une musique sacrée, on peut accéder à la foi ». Est-ce à dire que la laideur de certaines pièces d'église peut la faire perdre ? Horresco referens…

A la volette

Bernard de VIENNE : A la volette. Arrangement de Bernard de Vienne. Pour voix égales et ensemble instrumental. Flûte en ut, clarinette sib, 1 percussionniste, harpe, violon, alto, violoncelle. Assez facile. Dhalmann : FD0482.

Partant de la chanson populaire A la volette…, l'auteur bâtit une « véritable forme musicale en miniature ». L'écriture est à deux voix plus un soliste. Il s'agit d'une commande du Conservatoire de Saint Michel sur Orge.

Ave Maria

Bruno ROSSIGNOL : Ave Maria.  Chœur à quatre voix. Fortin-Armiane : EFA 95.

Cette pièce à trois voix de femmes et une voix d'hommes n'offre pas de difficulté particulière pour un chœur aguerri. La facture en est très simple (comprenons pour la structure), souvent homorythmique. Les harmonies délicates servent le texte avec bonheur. Cette courte pièce trouvera donc sa place aussi bien dans un concert que dans un office.

 

Jean-Charles GANDRILLE : Stabat Mater. Litanies pour deux sopranos et orgue. Moyenne difficulté. Delatour : DLT2158.

L'intégrale de l'œuvre peut être écoutée sur le site de l'éditeur (et sur YouTube), interprétée par l'auteur à l'orgue et Julia et Suzanne Jerosme, sopranos. Cette écoute vaut mieux que tout commentaire. Disons simplement que l'auteur a été séduit par la qualité du texte latin et son côté incantatoire qui l'a amené à écrire une musique sous forme litanique.

Remercions Alexis Galpérine de nous faire découvrir ce diptyque de celle qui était à la fois la fille de Léon Bloy et la femme d'Edouard Souberbielle, grand organiste et professeur qui eut pour élèves entre autres Michel Chapuis, André Isoir, Odile Bailleux

Madeleine Bloy Souberbielle était aussi une musicienne, élève de Vincent d'Indy, dont le talent fut reconnu par Georges Auric, Francis Poulenc, et, bien entendu, son mari…

Quatre Exemples  tirés des « Nécessités de la vie »

Guy SACRE : Quatre Exemples  tirés des « Nécessités de la vie ». Poèmes de Paul Éluard. Voix moyenne et piano. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0021-0

On ne comprendrait rien à ce très court cycle, si on ne lisait d'abord (sur le site de l'éditeur ou sur la partition) le commentaire très clair qu'en fait Guy Sacre. Il n'y a rien à y rajouter sinon que le projet de l'auteur est pleinement rempli et que ces Quatre exemples sont une très belle réussite à faire découvrir sans modération…

 

Cinq Poèmes d'Apollinaire  pour Baryton et piano.

Guy SACRE : Cinq Poèmes d'Apollinaire  pour Baryton et piano. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0744-8.

L'éditeur nous précise que Guy Sacre n'appartient à aucune école… mais c'est pour notre plus grand plaisir ! Après avoir longuement hésité, l'auteur a écrit ce petit cycle dont il a senti « la cohérence, le climat de mélancolie et de regret ». La musique fait corps avec les poèmes à la fois présente et discrète.

 

Cinq poésies de Georges Schehadé  pour voix moyenne et piano

Guy SACRE : Cinq poésies de Georges Schehadé  pour voix moyenne et piano. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0022-7. Trois poésies de Georges Schehadé  pour voix moyenne et piano.  ISMN 979-0-2318-0024-1.

Ces deux recueils sont consacrés à la mise en musique de poésies de Georges Schéhadé, poète et auteur dramatique libanais de langue française, né en 1905 et mort à Paris en 1989. On retrouve dans ces deux recueils toutes les qualités de simplicité mélodique et de raffinement harmonique de Guy Sacre. Bien que les poèmes soient du même auteur, le compositeur a bien écrit deux cycles qu'on se gardera bien, selon son désir, de mélanger. Chaque recueil forme un tout indivisible.

 

 L'Été  sur un poème de Victor Hugo

Max D'OLLONE : L'Été  sur un poème de Victor Hugo. Chœur et orchestre. Réduction pour voix et piano de Franck Villard. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0630-4.

Cette pièce écrite en 1894 par Max D'Ollone (1875 – 1959) pour le concours du Prix de Rome, est évidemment une œuvre de jeunesse, mais qui, malgré le côté académique requis, est fort belle et est bien loin de manquer d'intérêt. On en jugera par l'extrait disponible sur le site de l'éditeur, dans la version voix et orchestre, qui a fait l'objet d'un enregistrement. Cette version originale est également disponible chez l'éditeur.

 

Chœur de sylphes

Camille SAINT-SAËNS : Chœur de sylphes  sur un poème d'Etienne de Jouy. Réduction pour voix et piano de Vincent Boyer. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0466-9.

Comme l'œuvre précédente, il s'agit d'une composition de 1852 en vue du Grand Prix de Rome. Là encore, le côté « obligé » de la composition ne nuit en rien à sa qualité musicale. On en jugera par l'extrait de l'enregistrement qu'on peut écouter sur le site de l'éditeur. Saint-Saëns rend parfaitement le caractère léger et dansant des célèbres sylphes… Il est bien agréable de découvrir des œuvres de cette qualité.

Davide PERRONE : For now.  Versions soprano ou mezzo-soprano et 4 instruments (Flûte, violon, percussions et piano). Delatour : DLT2367.

Davide PERRONE : For now.  Versions soprano ou mezzo-soprano et 4 instruments (Flûte, violon, percussions et piano). Delatour : DLT2367.

 

Il s'agit d'une version avec instrument de l'œuvre dont nous avons rendu compte dans la Lettre de février dernier.

 

 

 

 

 

Sette corte melodie da Michelangelo  per voce sola (voix seule)

Gualtiero DAZZI : Sette corte melodie da Michelangelo  per voce sola (voix seule). Dhalmann : FD0455.

 

Les textes de ces courtes mélodies sont extraits de différents sonnets de Michel-Ange. On trouvera le texte et la traduction de ces sonnets au début de la partition. La musique est au service du texte, sans effets redondants. Le tout est vraiment très beau, lyrique dans la sobriété. C'est une remarquable réussite.

 

 

 For now  pour mezzo-soprano ou soprano et piano.

Davide PERRONE : For now  pour mezzo-soprano ou soprano et piano. Niveau moyen. Delatour : DLT2409.

 

Le poème, qui tourne autour de thèmes amoureux est également de David Perrone. Après une introduction au piano, la mélodie se déroule dans un climat parfois un peu inquiétant. Deux versions : une pour mezzo, l'autre pour soprano, dans le même recueil.