sur des poèmes du XVI ème siècle pour baryton et piano. Editions Delatour France DLT2734.

Le premier Lamento est composé sur un poème de Christofle de Beaujeu (1589). Cette mélodie offre la particularité de pouvoir être chantée indifféremment par une voix de femme ou par une voix d’homme. L’écriture musicale en est assez « classique » et sobre, mais fait usage de modulations surprenantes. On y voit la volonté de l’auteur de transcrire la douleur du poète. L’auteur n’hésite pas à citer le Voyage d’hiver (Das Wirtshaus) pour signifier l’approche de la mort. Le deuxième Lamento, sur un poème de S.G. de la Roque est écrit pour baryton afin de souligner le caractère sombre du texte. « Les images de la nature et du Styx, fleuve mythologique, sont rendues musicalement par des formules de gammes et d’arpèges ondoyants qui doivent peu à peu engloutir le chant ». Les sonorités étranges et pleines contrastent avec le dépouillement du texte. Le troisième Lamento, aussi écrit pour baryton, sur un poème d’Agrippa d’Aubigné décrit la fatalité (par les « accords inexorables du piano ») et l’espérance (« lyrisme du chant »). Le choix des accords provoque les changements d’atmosphère et de couleur, la « polytonalité » surprend, la simplicité rythmique met en valeur la force du texte.