Rose-Marie JOUGLA : Une larme pour voix de soprano et piano. Delatour : DLT2757.

« Cette mélodie aux harmonies modernes écrite pour voix soprano avec accompagnement piano, décrit le triste parcours d’une larme née de la peine ressentie lors de la perte d’un enfant. » Le texte, écrit dans une prose poétique rythmée est de Rose-Marie Jougla elle-même et dédié à son frère. L’ensemble est lent et méditatif. Il demande évidemment une belle technique vocale. L’accompagnement de piano suggère discrètement le cheminement de la larme tandis que la voix suit au plus près les inflexions du texte. Laissons de nouveau la parole à l’auteur : « L’interprétation des musiciens demande beaucoup d’expression et de sensibilité afin de pouvoir restituer une ambiance particulièrement difficile, souhaitée. » Que dire de plus devant une œuvre si personnelle, sinon qu’elle a la qualité habituelle des œuvres de l’auteur ?

sur des poèmes du XVI ème siècle pour baryton et piano. Editions Delatour France DLT2734.

Le premier Lamento est composé sur un poème de Christofle de Beaujeu (1589). Cette mélodie offre la particularité de pouvoir être chantée indifféremment par une voix de femme ou par une voix d’homme. L’écriture musicale en est assez « classique » et sobre, mais fait usage de modulations surprenantes. On y voit la volonté de l’auteur de transcrire la douleur du poète. L’auteur n’hésite pas à citer le Voyage d’hiver (Das Wirtshaus) pour signifier l’approche de la mort. Le deuxième Lamento, sur un poème de S.G. de la Roque est écrit pour baryton afin de souligner le caractère sombre du texte. « Les images de la nature et du Styx, fleuve mythologique, sont rendues musicalement par des formules de gammes et d’arpèges ondoyants qui doivent peu à peu engloutir le chant ». Les sonorités étranges et pleines contrastent avec le dépouillement du texte. Le troisième Lamento, aussi écrit pour baryton, sur un poème d’Agrippa d’Aubigné décrit la fatalité (par les « accords inexorables du piano ») et l’espérance (« lyrisme du chant »). Le choix des accords provoque les changements d’atmosphère et de couleur, la « polytonalité » surprend, la simplicité rythmique met en valeur la force du texte.

Nicolas CHEVEREAU : Cinq poèmes de Baudelaire pour baryton et piano. Editions Delatour France : DLT2733.

Ce cycle de cinq mélodies est composé sur un extrait du recueil Les fleurs du mal de Baudelaire : Spleen et Idéal. L’auteur en transcrit la « noirceur » et la « morbidité ». « Les courbes musicales répondent aux phrasés naturels de la langue parlée dans un souci très scrupuleux d’intelligibilité des poèmes ». Ciel brouillé est noyé dans une atmosphère sombre, enveloppée de pédale. Remords posthume, tantôt agité, tantôt féroce ou fiévreux est plus « construit » : trois parties en « arche ». Les tierces jouées avec la seule main gauche au début, dans l’extrême grave du piano, donnent le caractère lugubre de la troisième pièce : Les ténèbres. Psalmodie et recueillement dans le De profundis clamavi qui débute quasi recitativo. L’écriture plus légère, la tessiture plus aigüe, les mesures ternaires de l’Elévation conduisent à l’«irréel » et à l’« évanescent ».

pour soprano. Bärenreiter : BA 8828.

Les éditions Bärenreiter ont eu l’excellente idée de regrouper en un recueil de douze pièces d’airs d’opéra du répertoire allant de Monteverdi à Chabrier, le tout extrait de leurs différentes publications « Urtext ». L’ensemble est donc de grande qualité et extrêmement varié. Ce recueil rendra service tant aux professeurs de chant et à leurs élèves qu’aux chanteurs cherchant à constituer un récital. Bien sûr, chaque œuvre figure dans sa langue d’origine et le choix proposé est tout à fait judicieux. Il s’agit donc d’une initiative tout à fait intéressante.

Noël LEE : Deux sonnets partagent la ville pour mezzo-soprano et piano. Delatour : DLT1223.

Le texte de cette œuvre est un sonnet de Pierre Corneille à propos de deux sonnets qui mettaient la zizanie à la cour comme à la ville. Nous n’entreprendrons pas ici de conter cette histoire. Noël Lee s’y emploie dans un langage contemporain avec infiniment d’esprit. Les deux « partenaires », pour employer le vocabulaire qu’affectionnait l’auteur, s’en donnent à cœur joie dans cette œuvre pleine d’invention et d’humour.

Noël LEE : Réponse à l’esprit des bois pour baryton et piano. Delatour : DLT1222.

Nous n’épiloguerons pas sur les rapports difficiles d’Hugo avec la musique. Etait-il intransigeant ou seulement exigeant à ce sujet ? Toujours est-il que sous le poème d’Hugo, Noël Lee crée une ambiance sonore tout à fait spéciale. Il faut, pour exécuter cette œuvre disposer d’un piano muni d’une « pédale tonale » ou pédale de sostenuto. Cela est indispensable pour créer l’ambiance sonore : le texte musical est ainsi placé dans une sorte d’enceinte acoustique qui crée un halo sonore variable tout au long de cette pièce en vers de quatre pieds qui lui donnent un rythme très particulier. Comment ne pas penser au Pas d’arme du roi Jean en vers de trois pieds…

Mårten JANSON : Missa brevis en mi bémol mineur. SATB. Bärenreiter : BA 8521.

Qu’on ne se laisse pas effrayer par le nombre de bémols : cette messe effectivement brève, ce qui est aujourd’hui une condition quasi obligatoire pour qu’elle soit entendue dans son cadre naturel, c’est-à-dire une messe, est très consonante, ce qui ne veut pas dire plate. Le langage en est à la fois sobre et délicat. Bien que brève, elle contient toutes les parties de l’ordinaire. Au kyrie largo rubato succède un Gloria en fa Majeur, triomphal et lumineux, Adagio. Puis nous trouvons le Sanctus en solb majeur avec le Benedictus inclus. L’Agnus, largo rubato comme le kyrie et dans la tonalité de mib mineur est structuré par une succession longue brève-brève longue très souvent présente comme une sorte d’ostinato rythmique. En un mot, c’est une belle œuvre accessible à des chœurs amateurs bien entrainés. Souhaitons-lui un grand succès.

Laurent COULOMB : Missa Mundi pour 3 vois égales sans accompagnement. Assez facile. Delatour : DLT2611.

Cette messe, qu’on pourrait aussi qualifier de « brève », puis qu’elle ne comporte que Kyrie, Sanctus et Agnus, est née d’une réflexion sur la diversité des cultures. Celle-ci est illustrée d’abord par les différents modes utilisés mais aussi par les différentes langues. Si la messe peut être aussi chantée intégralement en latin (sauf, bien sûr, le kyrie qui, rappelons-le, est du grec…), elle fait appel très naturellement à l’italien, l’allemand, l’espagnol, l’anglais et le français, mais aussi, brièvement, swahili, arabe et hébreu… Laissons conclure l’auteur : « La construction musicale s’appuie sur un matériau simple, qui circule d’une partie à la suivante et unifie l’ensemble de l’œuvre à la fois musicalement et dans sa portée théologique. »

TELEMANN : Christus, der ist mein Leben TVWV 1 : 138. Bärenreiter : BA 5897.

Les éditions Bärenreiter nous présentent cette œuvre extraite de l’édition des œuvres de Telemann. L’édition ainsi que la copieuse et très intéressante préface sont de Ute Poetzsch. Ce « Choralbearbeitung » est donc composé des huit strophes du choral luthérien, sobrement commentées, et entrecoupées par de très courts récitatifs. L’ensemble est écrit pour chœur à quatre voix mixtes, deux hautbois, orchestre à cordes et orgue. On peut y adjoindre une contrebasse.

TELEMANN : Die Auferstehung und Himmelfahrt Jesu (La résurrection et l' ascension de Jésus). TWV 6 : 6. Oratorio sacré pour chœur et orchestre. Bärenreiter : BA 5851.

Voici une fort belle édition de cette œuvre très importante de Telemann. Lorsqu’on ouvre ce magnifique volume relié, on est séduit par la qualité de l’impression, du papier, des fac-similés. Il faut saluer aussi la qualité de la présentation de Ralph-Jürgen Reipsch ainsi que celle de sa copieuse description des sources et du travail réalisé pour cette édition. Bien sûr, la partition elle-même est à la hauteur de tout le reste. Bref, c’est un travail en tout point remarquable sur une partition qui ne l’est pas moins.

Laurent COULOMB : Les chants de Sayat-Nova. Cantate de chambre pour baryton et ensemble. Assez difficile. Delatour : DLT2617.

récisons tout de suite que l’ensemble dont il est question n’est pas commun puisqu’en plus du quatuor à cordes, il comporte un doudouk (instrument à anche double typique de la culture arménienne) et un piano. Cette cantate est écrite sur un poème de Sayat-Nova, poète arménien né en 1712 et assassiné en 1795. Le poème est l’ode n°3 des Odes arméniennes. L’œuvre comporte quatre pièces réparties en deux parties : Prélude, L’inégalée, et Tourments, Prière. Ce très beau poème est mis en valeur avec beaucoup de délicatesse dans un langage qui se veut « simple et euphonique », parfois modal, parfois atonal. Il faut lire non seulement la présentation figurant sur le site de l’éditeur mais celle, très développée, qui se trouve au début de la partition pour pouvoir rendre pleinement justice à cette œuvre captivante et originale. Précisons que le texte est chanté dans sa traduction française.

Yves CASTAGNET : Trois Psaumes. Chœur : TB – SA - SATB et orgue. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0766-0

Sans être faciles, ces œuvres sont abordables par des chœurs bien exercés. Créés dans le cadre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ces trois psaumes peuvent être utilisée pour l’usage liturgique aussi bien que données au concert. L’ensemble est très beau et écrit dans un langage à la fois simple et subtil, dans la grande tradition de l’école française. On en trouve des extraits significatifs sur le site de l’éditeur.

Arthur OLDHAM  : Laudes creaturarum Cantate sur un texte de Saint François d’Assise. Pour soprano solo, chœurs, cordes et orgue. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0824-7.

Cette œuvre, qui ne dure pas moins de 25 minutes, constitue une pièce maîtresse des compositions d’Arthur Oldham, dont on n’aura pas oublié le passage à la direction des chœurs de l’Orchestre de Paris. Composée en 1961, elle exprime l’intense conviction de l’auteur à travers la mise en musique d’un poème majeur de la spiritualité catholique, le célèbre « Cantique des créatures » de Saint François d’Assise. Il en garde d’ailleurs le texte original en ombrien, structurant l’ensemble en dix courtes parties suivant les strophes du texte. Tout en étant tonal, le langage de l’auteur fait appel à des harmonies subtiles qui demandent un chœur bien exercé. La musique est au service du texte dont elle rend toutes les nuances de louange et d’émerveillement, y compris dans la strophe IX (Béni sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle). L’auteur y trouve les accents à la fois simples et profondément émouvants induits pas ce texte. C’est une grande et belle œuvre.
Les éditions Symétrie nous en proposent également une réduction pour voix et piano, réalisée par Valérie Mercier (ISMN 979-0-2318-0826-1) ainsi qu’un extrait « Frate vento, sor aqua » pour soprano solo, chœur féminin et clavier (ISMN 979-0-2318-0831-5).

Jean-Jacques WERNER : Instants pour de plus dire. Cantate n°2. Delatour : DLT0762.

Nous ne pouvons que reproduire ici le commentaire de l’auteur : « J'ai écrit "Instants pour ne plus dire" en hommage à Pierre Wismer et Daniel Lesur qui furent mes professeurs vigilants et bienveillants. L'œuvre est construite en cinq courtes parties enchaînées pour un orchestre de chambre et mettre en valeur une grande ligne de chant. Le poème était incitatif, car la mémoire pour mes maîtres est toujours vivante. Ces instants de silence et de poésie sont plus vivaces que jamais. » C’est donc dans cet esprit, et avec son langage contemporain connu de tous que l’auteur nous livre cette œuvre attachante. Le conducteur est publié en fac-similé.

CW.A. MOZART : Requiem. Le Requiem, complété par Franz Xaver Süssmayr sous sa forme traditionnelle. Partition chant et piano. Réduction de piano par Heinz Moehn. Bärenreiter : BA 4538-90.

Précisons que l’ensemble de la partition d’orchestre est également disponible (BA 4538) ainsi que la partition de poche (TP 152). Il n’est pas si fréquent que la réduction de piano soit vraiment… pianistique. C’est le cas ici, et cela mérite d’être souligné.

Jean-Christophe ROSAZ : en revenant des noces… Chant de labour de Gascogne pour chœur mixte à 8 parties. Delatour : DLT0577.

C’est dans une grande tradition française que s’inscrit cette œuvre. De Joseph Canteloube à Francis Poulenc en passant par Vincent d’Indy et bien d’autres (nous pensons en particulier au trop oublié Marc de Ranse dont seul le Furet est encore chanté, mais dont les Symphonies vocales sur des chants populaires sont totalement oubliées, et aussi à César Geoffray…), toute une tradition de réappropriation du folklore français existe, malheureusement combattue par l’Education Nationale. Nous saluons donc tout particulièrement cette œuvre. Si elle est cataloguée comme « facile », il y faudra cependant un chœur capable de se diviser en huit voix elles-mêmes parfois divisées… Précisons bien que l’auteur, s’il respecte parfaitement l’esprit de la chanson, la réinterprète dans son propre langage, comme l’ont su faire ses prédécesseurs, le tout avec respect et avec un goût parfait. Daniel Blackstone

 

 Rêve sur le Nil.

Nicolas CHEVEREAU : Rêve sur le Nil. Trois mélodies sur des poèmes de José-Maria de Heredia. Moyen. Delatour : DLT2651.

Les trois poèmes sont : « Sous l'azur triomphal », « Tous deux » et « la Lune sur le Nil ». On connait la musique propre à la poésie de José-Maria de Heredia. L'auteur enveloppe ces textes d'harmonies subtiles, « une musique lumineuse et colorée » dit-il à juste titre. Paysages et personnages de l'Egypte antique sont remarquablement évoquée dans une musique qui s'adresse autant à l'oreille qu'au cœur. Les harmonies s'enchaînent dans un discours fait de tonalités diffuses et chatoyantes. C'est tout simplement une belle œuvre.

Musée en Musique

Nicolas CHEVEREAU : Musée en Musique. Cycle de mélodies sur des poèmes de Paul Éluard. Delatour : DLT2544.

Si l'œuvre peut se décomposer de la manière suivante : Prélude 2'25, 1. Marc Chagall 3'35, 2. Oscar Dominguez 3' 3. Gérard Vulliamy 2'45 4. Cicero Dias 1'35 5. Jean Fautrier 1'45 6. Jacques Villon 3' 7. Pablo Picasso 1'55, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un ensemble construit qui s'enchaine et doit être interprété dans son intégralité. L'absence de ponctuation des poèmes a amené l'auteur à enchaîner les mélodies par un « conduit » qui permet de passer d'une ambiance à une autre. La fin de l'œuvre est une véritable explosion de joie. Souhaitons que beaucoup de chanteurs s'emparent de ce remarquable cycle.

 Missa Romana

PERGOLÉSE : Messe en Fa Majeur « Missa Romana » pour deux ou quatre chœurs. Urtexte. Bärenreiter : BA 8958. Chant et piano : BA8958-90.

Ecrite en 1734, il s'agit vraisemblablement de l'œuvre la plus importante pour chœur et orchestre de Pergolèse. Pour la première fois, cette édition présente la version pour quatre chœurs que Pergolèse a écrite pour l'exécution de l'œuvre à Rome du vivant de l'auteur. C'est dire tout l'intérêt de cette édition comportant par ailleurs une très intéressante introduction et un commentaire critique de Malcolm Bruno et Caroline Ritchie.

Le rat de ville et le rat des champs

Laurent COULOMB : Le rat de ville et le rat des champs. Micro-cantate sur la fable de Jean de La Fontaine pour chœur d'enfants à 2 voix et piano. Facile. Delatour : DLT2610.Cette « micro-cantate » ne dure effectivement que quatre minutes. Mais pendant ce court laps de temps se déroulent toute une série de mini-scènes qui rendent l'ensemble extrêmement pittoresque et varié.

Cendres d'ailes

Jean-Pierre LEGAY : Cendres d'ailes pour voix de ténor et piano. 4 mélodies sur des poèmes de Lointain Intérieur de Henri Michaux. Lemoine : HL 29135.Si on peut saluer au passage le merveilleux organiste, il faut ici se souvenir que cet élève d'Olivier Messiaen est un compositeur chevronné au langage bien personnel. Ces mélodies, La Jeune Fille de Budapest, pensées, Comme pierre dans le puits et Dans la nuit sont donc écrites

Moment musical pour 2 sopranos et piano

Abdel Rahman EL BACHA : Moment musical pour 2 sopranos et piano. Assez facile. Delatour : DLT2678.Cette pièce est, comme son titre le laisse entendre, un hommage à Schubert et à son style. Les deux sopranos chantent très simplement en vocalises. On y retrouve beauté du langage et simplicité de l'expression. L'ensemble ne présente pas de difficulté majeure. Souhaitons que cette pièce soit largement chantée et diffusée.