Toujours à l’affût de titres accrocheurs, le label GALLO convie les amateurs de hautbois et de guitare à un long parcours chronologique allant de Georg Philipp TELEMANN (1681-1767) et Ernst Gottlieb Baron (1696-1760) jusqu’à Astor PIAZZOLLA (1921-1992) — en passant entre autres par Giovanni Battista PERGOLESI (1710-1736), Heitor VILLA-LOBOS (1887-1959), Jacques IBERT (1890-1962) — et à un vaste itinéraire géographique : Allemagne, Italie, France, Angleterre et Brésil.

Ce disque illustre les formes évoluant au fil des siècles : Partita (variations), Sonate, Sicilienne, Romance, Chansons populaires, Bachianas Brasileira, Aria, Cantilène, Consolation… : 26 plages au total, et plus d’une heure d’écoute, avec des résonances de musique baroque, romantique, classique, brésilienne, anglaise, italienne et contemporaine, émanant de 11 compositeurs : de quoi divertir les discophiles curieux.

Silvano Scanziani, hautboïste, compositeur et chef d’orchestre, a collaboré avec les plus grandes formations internationales. Domenico Lafasciano, guitariste, disciple notamment d’Alexandre Lagoya, se produit dans les cinq continents, participe aussi à des événements spéciaux et des célébrations. Il est également professeur de

Les enregistrements contemporains pour saxophone et piano se font moins rares. Voici une réalisation entièrement polonaise tant par les compositeurs et interprètes que par le Label ACTE PRÉALABLE. Elle est due à Urszula Szyryska (piano) et Julita Przybylska (saxophone).

Les œuvres des compositeurs Marek JASINSKI et Jaromir GAJEWSKI sont très prisés lors de concerts internationaux. Le premier, né en 1949 à Stargard Szczecinski, est mort en 2010 à Cluj (Roumanie). Après ses études de théorie, composition et direction à l’Académie de Musique de Poznan, il a suivi de nombreuses masterclasses organisées par l’UNESCO, puis a enseigné ces différentes matières. Ses compositions sont interprétées non seulement en Europe, mais encore en Argentine, Australie, Israël, au Canada et aux États-Unis. La première œuvre du CD, pour piano et saxophone, concerne Méditations (Medytacje) : insomnie sur la Hudson River, composées en 2009 (soit un an avant la mort de M. Jasinski). L’œuvre se réclame de la musique aléatoire offrant une grande variété dans les tempi du compositeur et des interprètes qui disposent donc d’une certaine liberté (ad libitum) ; les deux instrumentistes suivent les linéaments de cette page d’humeur sans retenue. La sonorité chantante du

Le titre anglais correspond mieux aux objectifs du Label JADE. En effet, Pablo PICASSO (1881-1973) — sans être « musicien » au sens propre et pratique — a fréquenté de nombreux compositeurs et musiciens.

Ce coffret de 2 disques sort à point nommé, parallèlement à une dizaine d’Expositions (été 2018) organisées en France autour de PICASSO-PICABIA (Aix-en-Provence), de sa carrière artistique « si prolifique et la plus inventive du XXe siècle » selon Éric Bietri-Rivière (Le Figaro, 26. 06. 2018, p. 28). D’autres thèmes concernent : PICASSO-MÉDITERRANÉE, PICASSO ET SES ATELIERS (Évian). Son dernier fils, CLAUDE PICASSO, relève « un éparpillage des chefs-d’œuvre du Musée Picasso ». L’imposant univers pictural est complété par « le monde musical », compilation permettant de retrouver des interprètes très appréciés par Pablo PICASSO : la pianiste Alicia de Larrocha (ALBENIZ, GRANADOS), le guitariste Andres Segovia (I. ALBENIZ/F. TARREGA) ; les chanteurs Pierre Bernac (Fr. POULENC), Yves Montand, Juliette Greco et Jean Ferrat ; les chefs et orchestres célèbres : Ernest ANSERMET (Orchestre de la Suisse Romande), Pierre DERVAUX (Orchestre de Paris), Paul PARAY (Detroit Symphony Orchestra)

Peter-Lukas Graf (flûte), Thomas Wicky (violon) et Carlos Gil-Gonzalo (piano) font revivre des œuvres de Joseph LAUBER (1864-1952) de Suisse alémanique et de Henri GAGNEBIN (1886-1977), de Suisse romande. Ce disque démontre l’impact de deux cultures, l’influence de hauts-lieux de la musique : Lucerne, Neuchâtel, Genève, mais aussi de Munich, Leipzig et Paris, sans oublier la réaction contre Arnold Schoenberg (1874-1951) dont le style compliqué « étouffe toute émotion ».

Joseph LAUBER, né fin décembre 1864 près de Lucerne, est mort à Genève en 1952. Il a fait ses études au Conservatoire de Zurich en chant, harmonie, composition, histoire de la musique, orgue, piano et direction, puis, après une formation complémentaire en orgue auprès de Joseph Rheinberger, à Munich. Il exerce ses activités d’organiste notamment au Temple français du Locle. En 1892, il se perfectionne au Conservatoire National de Paris auprès de Louis Diémer et de composition avec Jules Massenet. Installé à Zurich, il est professeur de virtuosité au piano avant d’être nommé chef d’orchestre du Grand Théâtre de Genève ; il enseigne aussi la composition.

Son Catalogue comprend 320 œuvres musicales solidement ancrées dans la tradition et en marge de la « nouvelle musique », comme il ressort de sa Sonate en ré mineur

Très prisé au XIXe siècle, actuellement en vogue chez les éditeurs, le duo clarinette-guitare convient à merveille pour recréer l’atmosphère des Sérénades et Nocturnes. Luigi Magistrelli (clarinettes en Do, Si b et La, de facture allemande) et Bruno Giuffredi (guitare Fabio Zontini 2013) — avec occasionnellement le concours de Laura Magistrelli et Cristina Romano (clarinettes) dans le Nocturne pour 3 clarinettes — recréent, avec un bel esprit d’équipe, cette ambiance typiquement italienne. Ils permettent aussi de découvrir des compositeurs alors actifs en Italie, tels que Filippo GRAGANI (1768-1820), Raimondo CUBONI (1782-1842), Mauro GIULANI (1781-1829), Ferdinando CARULLI (1770-1841), Matteo BARBI (XIXe s.). Ils s’imposent par leur inventivité mélodique et rythmique, leur science de la variation, leur esthétique romantique faisant autant appel à l’intériorité et à l’expressivité qu’à la virtuosité technique. Ce programme est conçu par L. Magistrelli qui a souhaité regrouper des œuvres inconnues (dont certaines en premier enregistrement mondial) est un modèle du genre. Il leur a associé deux noms célèbres : Niccolo PAGANINI (1782-1849) et Gioachino ROSSINI (1792-1868) avec des arrangements (Sérénade, Tarentelle) du clarinettiste Adriano AMORE (1965). Cette Tarentelle pose un brillant point d’orgue

Jean Sébastien BACH, mort en 1750, n’a écrit aucune note pour clarinette. En revanche, les compositeurs, nés à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, ont volontiers cultivé l’association clarinette-guitare, toutefois moins fréquente que le duo flûte et guitare.

Le programme comprend des arrangements de musiciens allemands, Christian Gottlieb SCHEIDLER (né à Aix-la-Chapelle en 1747, mort en 1829) ; Joseph Georg KÜFFNER, (guitariste né à Wurtzbourg en 1776, mort dans cette ville en 1856) ; Ernst KRÄHMER (né à Dresde en 1795, mort à Vienne en 1837) ; Johann Friedrich BURGMÜLLER (né à Ratisbonne en 1803, mort à Beaulieu-Marolles-en-Hurepoix en 1874), bien connu par sa méthode de piano, auxquels s’ajoute Johann Baptist WANHAL (né en Bohême en 1739, organiste et chef de chœur, mort à Vienne en 1813). Cette démonstration illustre 5 formes classiques : Sonate, Nocturne, Variations (Introduction et Variations) et Sérénade. Dimitri Ashkenazy atteste ainsi l’essor de la clarinette alors très appréciée dans les Salons et les Cafés avec la guitare facile à transporter ; en compagnie de Jean-Paul Greub (guitare), ils interprètent en parfaite connivence ce répertoire élaboré après de nombreuses recherches. À noter la sonorité chantante de

Le Trio Torrello (mezzo-soprano, flûte et piano) propose un disque original — allant de Jean Sébastien BACH à George GERSWHIN et Édith PIAF, en passant par des compositeurs italiens, français et suisses du XIXe siècle.

Le sous-titre : « Une flûte enchantée » est justifié par 3 pièces : Une flûte invisible (Camille SAINT-SAËNS, 1835-1928), Viens, une flûte invisible soupire (Victor HUGO/André CAPLET, 1878-1925) et Une flûte enchantée (Maurice RAVEL, 1876-1938). Au total : 11 compositeurs, 11 œuvres, un univers cosmopolite. Avec des formations variées, les 3 interprètes, réalisent une belle « célébration de la mélodie », en parfaite connivence, car ils se connaissent depuis leurs études. À noter le dialogue : Viens, une flûte invisible d’André CAPLET. Valentina Londino (mezzo-soprano) interprète avec une incroyable aisance des mélodies allemandes de Volkmar ANDREAE (1879-1972), compositeur suisse ; françaises : Les Cadeaux (extraits des 3 Chants de Noël de Frank MARTIN (1890-1974) ou encore Allez, venez, Milord (Édith PIAF, 1915-1962) ; anglaises : Summertime de George GERSHWIN (1898-1937). Tommaso Maria Maggiolini, flûtiste milanais, interprète en solo : Bergère captive de Pierre

Le Label GALLO fait redécouvrir 9 Airs (dont 6 en premier enregistrement mondial) de 3 compositeurs italiens du XIXe siècle, nés à l’extrême fin du XVIIIe siècle : Giachino ROSSINI (1792-1868), Saverio MERCADANTE (1795-1870), Gaetano DONIZETTI (1797-1848), avec le concours de l’Aria Ensemble : flûte, hautbois, clarinettes (instrument privilégié à cette époque et au sommet de sa facture), cor de basset, piano et voix (ténor, basse) au gré des œuvres et arrangements.

Cette réalisation inédite est particulièrement intéressante sous l’angle de l’exploitation de divers timbres instrumentaux et vocaux : autrement dit un vrai « pot-pourri » à l’instar de la première œuvre enregistrée. Le programme si varié propose des thèmes profanes : Variations, Cavatine (thème de L’Italienne à Alger), Thème et Variations et des pièces religieuses : Aria Domine Deus (basse), Jucundus homo (basse, extrait du Psaume Beatus Vir), Aurae de caelo leves (ténor) et Gratias agimus tibi (ténor). Les voix font état d’une certaine religiosité théâtrale typique du Bel Canto dans le style de l’opéra. L’accompagnement pianistique de Marina Degl’Innocenti est discret et léger ; Luigi Magistrelli, à la clarinette, s’impose par sa volubilité. Curiosités à découvrir.
Édith Weber

Pour les programmes de leur Intégrale J. S. Bach, les deux organistes tant appréciés des mélomanes : Marie-Ange Leurent et Éric Lebrun procèdent à une judicieuse sélection, originale et personnelle. Les deux disques du Vol. 5 mettent ainsi en valeur la verve italienne avec deux Concertos (BWV 593 et 974) respectivement d’après Antonio Vivaldi (1678-1741) et Benedetto Marcello (1686-1739) et diverses pièces dans le style italien.

Par ailleurs, ils ont retenu non pas des instruments baroques nord-allemands mais deux orgues français récents : le Grand Orgue Freytag-Tricoteaux de l’Église Saint Vaast à Béthune, instrument polyvalent (inauguré en 2001) à 3 claviers (positif de dos, principal, pectoral) et pédalier, avec entre autres trois 16’. L’Orgue Yves Fossaert (achevé en 2012), de l’Église Saint-Sévère à Bourron-Marlotte, comprend deux claviers (56 notes chacun) : principal et écho expressif, et pédalier (deux 8’ et trois 16’), de traction mécanique un tantinet romantique. Cet instrument se prête à des registrations subtiles et à des timbres recherchés (jeux en bois et en métal).

Les deux interprètes tirant le meilleur parti des sonorités transparentes, s’imposent — comme à l’accoutumée — par leur haute maîtrise technique et leur sens solide de la

S’attaquer au répertoire français du XXème siècle, avec Jolivet en tête de file, qui plus est en hommage au Quintette à Vent Français de Jean-Pierre Rampal est une entreprise ambitieuse tant on sait que ces compositeurs ont livré des pages redoutables aux instrumentistes à vent. Le Quintette Aquilon réussit pleinement ce projet, et donne à entendre les couleurs harmoniques riches, les articulations ciselées, le style « sautillant » et ironique très caractéristique de cette époque et de cette veine de compositeurs. Si la prise de son ne permet pas toujours de goûter tous les reliefs et toutes les nuances, on est séduit par la vivacité des rythmes, par l’apparente facilité et la cohésion des contours, véritable signature de la virtuosité de ce quintette.

Ce disque constitue une découverte pour qui ne connaissait pas ce répertoire et cette formation, il peut aussi constituer une belle référence dans ce style et dans la discographie du quintette à vent pour qui aime cette époque et cette formation si particulière. On peut attendre de nouvelles réalisations avec envie, et surtout une mise en avant plus efficace du Quintette Aquilon, qui n’a sans aucun doute pas besoin de rester dans le sillage de ses ancêtres : on peut en effet regretter que l’hommage au

Olivier Calmel signe chez Klarthe un disque de « Jazz de chambre composé » : Immatériel, sous-titré Double Celli. La pochette, arborant les volutes et les chevalets des violoncelles, dans des teintes de bois, très classique, ne laisse pas présager de cette esthétique « jazzy » : pourtant les premières secondes du disque donnent le ton, notamment avec la batterie caractéristique du style. Ce sont donc quatre instruments à cordes, violon, alto et deux violoncelles comme l’annonce le sous-titre, parfaitement maîtrisés par Johan Renard, Frédéric Eymard, Xavier Phillips et Clément Petit, la batterie et les percussions de Antoine Banville, classique et fidèle à l’attente de l’accompagnement rythmique du Jazz, et enfin Olivier Calmel au piano ainsi qu’à la signature des compositions (sauf deux) qui sont à entendre dans cet enregistrement. L’effectif est bien utilisé, varié entre les pistes, mettant tour à tour en valeur chaque instrument, sans oublier le plaisir du son de groupe.

Pizzicati, harmoniques, sul ponticello, sul tasto, piano aux cordes étouffées, bâton de pluie… toutes les richesses des instruments sont employées, conférant à ce disque un chatoiement sonore tout à fait plaisant. Les couleurs harmoniques et mélodiques sont classiques, volontiers orientalistes, bien consonantes, bien polies. Les

Avec une grande sensibilité et une grande créativité, Marouan Mankar-Bennis enregistre chez L’Encelade un disque qui rétablit la lumière sur un compositeur parfois trop peu connu, au confluent chronologique et stylistique de François Couperin et Jean-Philippe Rameau : Jean-François Dandrieu. D’emblée on est séduit par l’emploi du jeu luthé, qui se poursuit ici sur une bonne partie du disque, permettant à l’auditeur de profiter de toutes les couleurs de son timbre léger et envoutant, la liberté et la finesse du toucher rappelant l’instrument qui a donné son nom à ce jeu : le luth. Un autre parti pris de l’interprète organise le disque comme une tragédie lyrique imaginaire, encourageant une écoute continue, conférant à l’ensemble une forme très convaincante. Astucieusement programmé et poétiquement présenté, ce disque agit donc comme une double révélation : celle d’un compositeur à mettre au panthéon des musiciens baroques, et celle d’un interprète talentueux et créatif, dont on attend de nouvelles créations phonographiques avec impatience.
Jean-Étienne Sotty

Klaus WÜSTHOFF (né en 1922), fait prisonnier de guerre par l’armée russe, a pu bénéficier durant sa captivité de l’enseignement du contrepoint grâce à Hans Vogt. À sa libération, il a pu entreprendre des études à Berlin, entre autres auprès du compositeur Boris Blacher (1903-1975).

Die Schelde (L’Escaut), composé en 1956 pour une compétition à Radio Bruxelles, rend un joyeux hommage au fleuve prenant sa source en France, traversant la Belgique et se jetant dans la Mer du Nord à Flessingue (Pays-Bas). Cette œuvre de caractère descriptif, toujours en mouvement, comprend 3 parties : Ouverture : Trajet sur l’Escaut ; Nocturne : Clair de lune et Rondo. Finale : Anvers, page tonitruante. Les auditeurs s’y sentiront ballottés.



Son Poème symphonique : Die Regentrude — pour narratrice et orchestre — est une parabole et un avertissement concernant la responsabilité du changement climatique, thème d’actualité s’il en est... Écrit à l’âge de 95 ans par Klaus WÜSTHOFF (né en 1922), il s’agit, en fait, d’une nouvelle version d’un Ballet datant de la fin des années 1960 et reposant sur le récit éponyme du romancier, poète et novelliste allemand, Theodor Storm (1817-1888). Elle a été créée le 27 janvier 2018 par le

Danza de la Vida, titre symbolique, se veut un hommage de Jürg Eichenberger à José BRAGATO (1915-2017), violoncelliste argentin né en Italie, compositeur, chef, arrangeur et archiviste, qu’il a rencontré lors d’une tournée en Amérique du Sud. Il l’a ensuite invité à Lucerne en 2005 et ils se sont retrouvés trois ans plus tard avec sa femme Graciela. L’ami des deux interprètes, à l’origine du projet, est mort peu avant l’enregistrement de sa musique.

Le programme comporte une page envoûtante de José BRAGATO : Graciela y Buenos-Aires (plage 8) et Adios Nonino (pl. 13) — œuvre composée en 1959 par A. Piazzolla en hommage à son père Vicente « Nonino » — arrangée pour violoncelle et piano, de même que Introduccion al Angel, Milonga del Angel, La muerte del Angel (pl. 1-3), Oblivion (pl. 9), La resurreccion del Angel (pl. 19), toutes des pièces à succès du fondateur du Nouveau Tango argentin. Cette réalisation se termine avec le Grand Tango (pl. 27) d’Astor PIAZZOLLA (1921-1992), incisif, déhanché et haut en couleurs.



Une large place est réservée à Érik SATIE (1866-1925) avec des arrangements (pour violoncelle et piano) de pièces de piano réalisés par Daniel Fuerte : Chapitre 1 (pl.

Le Duo Arnicans comprend Florian Arnicans (violoncelle), formé en Namibie, à Weimar et Dusseldorf, puis à Lausanne et Lucerne, et sa femme d’origine lettone, Arta Arnicane (piano), ayant étudié à Glasgow, Riga et Zurich. Ces deux interprètes ont réalisé une Anthologie de pièces à succès et d’arrangements allant de Jean Sébastien BACH à Astor PIAZZOLLA en passant entre autres par Robert SCHUMANN, Felix MENDELSSOHN, Maurice RAVEL, Antonin DVORAK, Serge RACHMANINOV, Manuel De FALLA, Edward ELGAR… soit un parcours allemand, français, tchèque, russe, espagnol et anglais. 24 œuvres au total illustrent des formes très variées : arioso, berceuse, élégie, habanera, romance, suite ou encore l’hymne Ave Maria (Astor Piazzolla, 1921-1992) : autant d’esthétiques spécifiques.



Ces diverses adaptations instrumentales baignent dans l’émotion, le calme, le lyrisme, le bonheur… Elles sont destinées à un auditoire intergénérationnel et portent la marque du cosmopolitisme, comme d’ailleurs la formation musicale de cet exceptionnel Duo. Les interprètes sont également férus de musicothérapie (en liaison avec la Fondation zurichoise pour la Néonatalité) : ce qui a aussi motivé leur souhait de « refléter la beauté de la vie » aux enfants comme aux adultes. Les discophiles seront

Daniel Propper, suédois par sa mère, autrichien par son père et français d’adoption, poursuit une brillante carrière européenne de concertiste. Formé en Suède, à la Julliard School (New York) puis au CNSM (Paris), il est professeur au Conservatoire de Dourdan, organise des masterclasses même à Pékin et se produit aussi avec orchestre. Il compte déjà une abondante discographie à son actif. Ce coffret se veut d’abord une leçon d’histoire napoléonienne couronnée par le Prix 2012 de la Fondation Napoléon, évoquant 15 ans de Batailles et une période tourmentée de l’Histoire de France.

Les mélomanes pourront revivre la Grande Bataille d’Austerlitz (Bataille des « trois Empereurs », 1805) avec la cavalerie française, les roulements de tambour, la confrontation avec l’ennemi, les fusillades, la mêlée, les armées française et russe jusqu’à la victoire et la marche triomphale traduits avec réalisme par Louis Emmanuel JADIN (1768-1863).



Avec la Bataille d’Iéna (1806) — œuvre très développée —, c’est la victoire française sur les Prussiens, comprenant de nombreuses Marches, le discours de l’Empereur aux

Cyril Pallaud, professeur agrégé, docteur en musicologie, chef d’orchestre, chef de chœur, brillant organiste, s’est spécialisé entre autres dans la facture d’orgue alsacienne et la musique baroque (Schola Cantorum de Bâle), et s’intéresse tout particulièrement à l’œuvre de Georg MUFFAT (1653-1704). Il enseigne depuis 2017 à Strasbourg. Pour interpréter ses Toccatas, il a retenu à juste titre l’orgue Jaque Besançon (1773) en l’Église Saint-Michel à Sierentz (Haut-Rhin) : instrument historique à deux claviers (Grand Orgue, Positif) et pédalier (avec quelques éléments anciens des facteurs Silbermann et Calinet, accordé au diapason 392 Hz). Il a été restauré en 2014 par la Manufacture Jean-Christian Guerrier.



Georg MUFFAT, baptisé à Megève en 1653, est mort à Passau (Bavière) en 1704. Après ses études à Paris, auprès de J.-B. Lully qui lui a enseigné « le style instrumental français », il s’installe à Molsheim et quittera l’Alsace lors de la Guerre franco-autrichienne pour s’établir à Vienne où, en 1678, il est organiste, puis à Salzbourg et ensuite à Passau, au service du Prince-Évêque. Savoyard de naissance, il se déclare « Allemand ». (Dans son Florilegium I, il stipule en effet : « chez nous, Allemands »).

La pianiste, claveciniste, organiste, soprano et théoricienne polonaise, Aleksandra Garbal (née en 1970) est également compositrice. Cette réalisation, en premier enregistrement mondial, témoigne de sa polyvalence compositionnelle : musique vocale, œuvres pour : piano (1997/2010), saxophone alto et piano (2011), clarinette (1994/2009, Incantation pour clarinette solo), marimba (1997), flûte (2005/2016), violoncelle (2010) — poignant Recitativo e Arioso per violoncello solo à la mémoire des victimes de l’accident d’avion à Smolensk, traduisant ses sentiments personnels de solitude et d’impuissance face à cette tragédie — ; soprano, baryton et piano (2014), et aussi orgue (2017). Elle cultive les formes traditionnelles : Préludes pour piano (2011-13), Valse (2013), Toccata Sursum corda-Habemus ad Dominum pour orgue (2017), où se manifeste sa joie de vivre et sa vision mystique du monde. Ces Miniatures s’insérant dans la longue tradition du folklore polonais, et témoignant de l’attachement de la musicienne à son pays et à sa langue, sont émaillées de nombreuses réflexions sur l’existence. Compositrice polonaise gagnant à être connue (et reconnue).
Édith Weber

Jozef Wienawski, pianiste, pédagogue et compositeur polonais, est né en 1837 à Lublin où, après une première formation, il étudie le piano au Conservatoire de Paris avec Antoine François Marmontel et Charles-Valentin Alkan, et la composition avec Félix Le Couppey, puis la théorie musicale à Berlin. À Paris, il rencontre Rossini, Gounod, Berlioz et deviendra l’un des artistes favoris de Napoléon III. Après avoir enseigné au Conservatoire de Moscou, il s’installe à Bruxelles où il meurt en 1912. Bien que très apprécié de son temps, il est quand même tombé dans l’oubli, et c’est le mérite de Jan A. Jarnicki d’avoir relancé son œuvre vocale en polonais et allemand, sur les thèmes : amour, matin, nature et mois de mars, de mai, alouette et oiseaux… (d’après V. Hugo, H. Heine, J. W. von Goethe, entre autres). Cinq solistes et le Chœur de l’Académie Sztuki de Stettin placés sous la direction autorisée de Barbara Halec permettent enfin de redécouvrir son œuvre vocale empreinte de sensibilité et de sentimentalité.
Édith Weber

L’enregistrement des Lieder de Hans SOMMER (1837-1922) est réalisé par la mezzo-soprano Constance Heller (née à Laufen, en Bavière) qui, après ses études au Mozarteum de Salzbourg, devenue Master of Art, a fait ses débuts à l’Opéra dans le rôle de La Muse (Contes d’Hoffmann) et se produit sur le plan international tant dans les salles d’opéra que de concert. Elle est accompagnée au piano par Gerold Huber (né à Munich), élève en piano au Conservatoire de Munich et ayant bénéficié, à Berlin, des cours de Lieder de Dietrich Fischer-Dieskau. Accompagnateur souvent sollicité, sa discographie est impressionnante. Depuis 2013, il est professeur d’accompagnement au Conservatoire de Wurzbourg.



Hans SOMMER est né à Brunswick en 1837 et mort dans sa ville natale en 1922. Son nom est un pseudonyme de E. T. [phonétiquement en français « été » soit, en allemand, « Sommer » (la saison)] Neckniz [anagramme de ZINCKEN]. Après une première formation musicale, il étudie l’optique et les mathématiques au Polytechnikum de Göttingen, où il obtient son Doctorat en 1858, et enseigne l’année suivante à l’Université technique de Brunswick. Il a l’occasion de rencontrer J. Brahms, R.

La vie et la carrière de Henri MARTEAU (1874-1934) — né à Reims d’un père français et d’une mère allemande, résidant en Allemagne, ballotté entre deux pays et, victime de l’antagonisme franco-allemand, finalement naturalisé suédois, parfaitement bilingue et biculturel — sont tributaires des aléas de l’histoire. Grand voyageur, ami de Max Reger, successeur du célèbre violoniste Joseph Joachim, il se situe dans la mouvance romantique tant par ses choix de textes que par son style musical.



Il a déployé des activités de professeur à Prague, Leipzig et Dresde ; conférencier ; concertiste (jusqu’à 120 concerts annuels) et compositeur d’environ 45 œuvres : musique de chambre, d’orchestre, musique chorale, musique religieuse et Lieder dont 2 Cycles, l’un intitulé en français : Huit Mélodies pour chant avec accompagnement de piano (op. 19c) ; l’autre avec le même titre traduit en allemand (op. 28). D’une manière générale, ses thèmes d’inspiration concernent, entre autres, la nature, la pluie, les matins d’octobre, la rue le soir ou encore le chêne, la nuit d’amour... Ils sont chantés par la mezzo-soprano bulgare Vesselina Kasarova à la voix puissante et dramatique, accompagnée tout en délicatesse au piano par Galina Vracheva, professeur de piano et de composition à Munich, Kiev et Berlin, sollicitée pour des

Sports et divertissements (texte et musique) révèlent un des divers aspects de l’inspiration protéiforme d’Érik Satie (1866-1925) en 20 miniatures : d’un côté, le yachting, le golf, le tennis… ; de l’autre, la comédie italienne, le carnaval, le feu d’artifice. Les paroles sont déjà musique. Ces pages sont destinées aux théâtres d’alors.

Dominique Michel (voix, comédienne), formée au Conservatoire National d’Art Dramatique et professeur invitée au CNSMD de Lyon, et Thierry Ravassard, pianiste et chef de chant dans ce même Conservatoire, authentiques spécialistes du Musicodrame, s’investissent pleinement dans ce climat d’insouciance régnant avant 1914. Ils interprètent également Histoire (Jacques Prévert) et la musique d’Alphonse Stallaert (1920-1995), chef d’orchestre et compositeur néerlandais influencé notamment par Arthur Honegger. Selon Marion Navone, cette œuvre figure parmi les « exemples les plus significatifs du musicodrame du XXe siècle. Le piano agit en véritable comédien… il devient tour à tour un cœur qui bat, des mains qui s’ouvrent en larges arpèges, une romance de printemps ou encore la pesanteur en accords minimalistes et brutaux d’un homme baignant dans son sang. » Descriptions réalistes correspondant aux quatre parties : Cœur de docker ; Le fusillé ; On frappe ; Adrien.