“1905 Impressions”. RAVEL. DEBUSSY. ALBENIZ. Fanny Azzuro, piano. 1 CD Paraty : PARATY 116224 TT : 70’54.

Après le succès de son premier album (« Russian Impulse ») la jeune pianiste Fanny Azzuro nous présente, ici, son second opus discographique sous le titre un peu abscons « 1905 Impressions ». Un titre mystérieux sous lequel se cachent bien des merveilles et un programme d’une belle cohérence associant Ravel, Debussy et Albéniz pour des œuvres toutes contemporaines, datant de 1905, marquant un début de siècle riche en bouleversements artistiques, et notamment musicaux, où les compositeurs suggèrent un foisonnement d’images et de correspondances entre musique et peinture sans pour autant faire allégeance au pouvoir de la représentation (Impressionnisme).

Robert & Clara SCHUMANN. Music for clarinet. Patrick Messina, clarinette. Fabrizio Chiovetta, piano. Pierre Lenert, alto. 1 CD Aparté : AP 253. TT : 54’41.

Un disque superbe du clarinettiste français Patrick Messina, associé au pianiste Fabrizio Chiovetta et pour quelques pièces à l’altiste Pierre Lenert. Un enregistrement qui reprend tous les incontournables du répertoire schumannien pour la clarinette (Drei Romanzen op. 94, Fantasiestücke op. 73, Marchenerzählungen op. 132) auxquels s’ajoutent des pièces moins connues comme les Drei Romanzen op. 22 composées par Clara et dédiées au violoniste Joseph Joachim, ainsi que trois pièces résultant de transcriptions à partir des Pièces à quatre mains pour petits et grands enfants (Trauer op. 86 n° 6 et Abenlied op. 85 n° 12) ou encore de Lied comme In der Nacht op. 74 n° 4. Un CD magnifique où la prouesse technique (rondeur de la sonorité, legato, souplesse de la ligne, complicité et équilibre) le dispute à la qualité superlative de l’interprétation capable de rendre toutes les facettes de la personnalité complexe de Robert Schumann.

« How I met Mozart ». Wolfgang Amadeus MOZART & Carl Maria von WEBER. Pierre Génisson, clarinette. Quartet 212. 1 CD Aparté : AP 149. TT : 61’22.

Comme le titre de cet album ne l’indique pas, le programme de cet enregistrement comprend en fait les deux quintettes pour clarinette et quatuor à cordes de Mozart (K. 581) et de Weber (Op. 34). Deux pièces majeures et incontournables du répertoire de tout clarinettiste. Pièces célèbres, certes, dont les versions de référence ne manquent pas, c’est dire le niveau d’excellence qu’un tel enregistrement présuppose…Pari audacieux mais pari parfaitement réussi pour le clarinettiste français Pierre Génisson associé pour l’occasion au Quartet 212 composé de solistes du Metropolitan Opera de New York. Si le premier album de Pierre Genisson en compagnie de David Bismuth au piano (« Made in France ») avait recueilli tous les suffrages dans le répertoire français (Debussy, Chausson, Saint-Saëns, Poulenc, Massenet), il ne fait pas de doute que celui-ci récoltera les mêmes louanges tant la profondeur et la finesse de l’interprétation le dispute à la virtuosité et à la facilité technique.

Alessandro SCARLATTI. Passio Secundum Johannem Giuseppina Bridelli. Salvo Vitale, Caroline Weynants, Guillaume Houke, Pierre Derhet, Maxime Melnik. Millenium Orchestra & Chœur de la Chambre de Namur, dir. Leonardo García Alarcón. 1 CD Ricercar : RIC 378. TT : 57’30.

Un disque d’une particulière force expressive que cette Passio Secundum Johannem, probablement composée par Alessandro Scarlatti en 1685 à Naples, où le drame se joue tant par la voix (déclamation et le contraste des tessitures) que par le jeu des instruments entretenant le pathos. Pour cet enregistrement Leonardo García Alarcón a intercalé, avec pertinence entre les différents numéros de cette Passion, des Responsori per la Settimana Santa du même Scarlatti, sous forme de méditations du Chœur, dont l’analogie stylistique frappante avec la Passion, témoigne de la contemporanéité des deux œuvres. Un disque parfaitement maitrisé au plan musical, tant vocalement (Giuseppina Bridelli dans le rôle de l’Evangéliste, Salvo Vitale dans celui du Christ, ainsi que le Chœur de Namur sont, ici, remarquables) qu’instrumentalement. Une interprétation ardente et sobre, une belle prise de son et un livret didactique ajoutent au succès de cet album. Que demander de mieux ?

Girolamo FRESCOBALDI : Intavolatura di Cimbalo. Yoann Moulin, clavecin & virginal. 1CD Encelade : ECL 1601. TT : 63’.

Un très bel album consacré en totalité à la musique de Girolamo Frescobaldi (1583-1643) dont le charme, la fraîcheur, l’élégance et la délicatesse sont ici exaltés par le jeu lumineux et virtuose de Yoann Moulin, qu’il s’agisse du clavecin italien Philippe Humeau de 2012, ou du virginal de Jean-François Brun, copie d’un instrument italien anonyme datant de 1626. Un programme cher à tous les clavecinistes comprenant Il primo (1615) et Il secondo (1627-1637) libro di Toccate ainsi que Recercari e Canzoni franzese (1615) qui permet de juger de toute la richesse et de toute la diversité des compositions du maître italien qui, célébré dans toute l’Italie comme maitre du clavier, fut notamment titulaire de l’orgue de la basilique Saint-Pierre de Rome. Pour son premier album solo Yoann Moulin réussit, ici, un coup de maitre. Un disque qui ravira, à n’en pas douter, tous les amateurs du genre.

« BACH & Friends ». Estelle Revaz, violoncelle. 1CD SOLO MUSICA (www.solo-musica.de ) : SM257. 2017. Distribution Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). TT : 74’06.

< La jeune violoncelliste suisse Estelle Revaz, née en 1989, est passionnée par Jean Sébastien Bach, « père de la musique pour violoncelle seul ». Après ses études dans son pays natal, puis au CNSMD de Paris et à la Musikhochschule de Cologne, elle s’est rapidement imposée sur la scène internationale en Europe, Asie et Amérique du Sud. L’originalité de cet enregistrement consiste — selon le principe très en vogue actuellement de l’alternance entre tradition et modernité — à insérer entre chaque mouvement des Suites n°1 et 3 (pour violoncelle solo) de J. S. Bach, de brèves compositions de notre temps, par exemple de Berndt Alois Zimmermann (1918-1970), Heinz Holliger (né en 1939), Luciano Berio (1925-2003), György Ligeti (1923-2006), Pascal Dusapin (né en 1955)… et surtout, en première mondiale, le Cantus II de Xavier Dayer, né à Genève en 1972, titulaire de nombreux Prix, ayant composé pour de prestigieuses institutions en Suisse, Allemagne et France. La démarche illustre les nombreuses possibilités de coloris, timbres, paysages sonores ainsi que la profondeur expressive du violoncelle.

« No parking » ». Bruno Bonansea & Nicolas Nageotte, clarinettes. 1CD TRITON (www.disques-triton.com) : TRI 331205. TT : 69’07.

Si cette réalisation brille par son originalité, elle a aussi le mérite de démontrer les possibilités sonores et les coloris de clarinettes de différentes tessitures ; elle résulte d’une étroite collaboration entre les deux instruments et neuf compositeurs contemporains qui n’ont pas ménagé leurs conseils. (Voir aussi recension du CD « Chamber Music for Piccolo Clarinets… » (chez VDE GALLO, cf. LI n°114). Le sous-titre : No parking semble être lié à la brève pièce de Bernard Cavanna (né en 1951), intitulée paradoxalement : Parking Schubert pour clarinette en si b et clarinette basse ; il précise qu’il s’agit d’« un parking imaginaire où sont convoqués à la fois l’urbanité et le classicisme.

Konrad ØHRN : The Flute Music 1CD ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ) : AP0381. 2017. TT : 54’24.

Le Label Acte préalable privilégie la musique et les interprètes polonais et fait aussi connaître d’autres compositeurs, par exemple le norvégien Konrad Øhrn. Ce CD commence par les Dances reprenant la structure traditionnelle de la Suite, quelques Miniatures ou encore le Concerto pour 2 flûtes et cordes, interprété par T. Rostvik et K. Kasminska (flûtes), le CoOperate Orchestra, sous la direction d’Adam Domurat et le jeune ensemble d’élèves de l’Académie de Musique de Poznan, rompu à un vaste répertoire allant de la musique baroque à l’époque contemporaine (ensemble avec violons, altos, violoncelles et contrebasse). L’European Flute Ensemble regroupe des flûtes, flûtes alto et flûtes basse.

" Kaléidoscope à l’occasion du 100e anniversaire de Julien-François ZBINDEN ". 1CD VDE GALLO (www.vdegallo.ch ) : CD 1485. 2016. TT : 61’13.

Cet hommage à Julien-François Zbinden, compositeur suisse, est réalisé grâce à des documents d’Archives de la Radio Télévision Suisse. Né à Rolle (Canton de Vaud) en 1917, d’abord pianiste de jazz, il étudie le contrepoint et l’orchestration avec René Gerber à Neuchâtel, Régisseur de la Radio de Suisse Romande, ensuite chef de service chargé des émissions musicales, puis directeur adjoint. Son esthétique est notamment marquée par l’influence d’Arthur Honegger et de Maurice Ravel. Ce 13e album illustre son activité de compositeur, recouvre des œuvres allant de 1948 à 2014 et évoque ses nombreux centres d’intérêt, ses compositions pour l’Ensemble Romand d’instrument de cuivre (ERIC), sa participation en tant que pianiste et compositeur (émissions de Jacques Rollan, à Lausanne), « un de ses amis les plus chers », ses affinités avec le jazz et notamment Cole Porter, ou encore la musique légère en général.

Jeanne DEMESSIEUX : L’œuvre pour orgue Pierre Labric, orgue. 2CDs Disques FY et du SOLSTICE (www.solstice-music.com) : SOCD 346/7. 2017. TT : 70’25 + 70’55.

L’organiste française bien connue, Jeanne Demessieux (née à Montpellier en 1921-décédée à Paris en 1968) est aussi pianiste, improvisatrice, compositrice et remarquable pédagogue. Installée en 1932 à Paris, au Conservatoire, elle étudie le piano, l’écriture, la composition et l’orgue (Premier Prix en 1941) auprès des meilleurs maîtres. De 1962 à sa mort prématurée, elle est l’organiste titulaire de La Madeleine (Paris) et, de 1950 à 1952, professeur au Conservatoire de Nancy puis, de 1952 à 1968, au Conservatoire royal de Liège. Avec notamment Henriette Puig-Roget, Marie-Louise Girod-Parrot et Marie-Claire Alain, elle a été l’une des premières organistes professionnelles françaises.

Astor PIAZZOLLA : La trilogie de l’ange 1CD JADE (www.jade-music.net ): 699 790-2. TT :  51’10.

L’attention de nos lecteurs à propos d’Astor Piazzolla (1921-1992), musicien argentin très populaire, a été attirée dans la LI n°114 (mai 2017, cf. Astor PIAZZOLLA : La musique de Buenos Aires). Ses études musicales étant terminées à Paris, il retourne dans son pays d’origine. En 1958, après un séjour aux États-Unis, il revient en Argentine. L’écrivain Alberto Rodriguez Munoz lui ayant demandé une musique pour accompagner sa pièce de théâtre Le tango de l’ange — relatant l’histoire d’un ange qui est apparu dans un immeuble de Buenos Aires pour purifier l’âme de ses habitants —, il compose alors une Introduccion al Angel que toutefois il n’intégrera pas dans sa Trilogie de l’ange.

(Haut-Rhin – France). 1CD. CLZ005. Classiquez – Chanteloup Musique. https://www.chanteloup-musique.org/nosdisques/ collection-classique/ TT : 78’13

Ce disque est essentiellement consacré à deux instruments et, ce qui n’est pas si fréquent, à deux instruments récents du facteur Richard Dott, de Sélestat. Comme l’explique Richard Dott dans l’excellente notice jointe à cet enregistrement, c’est une grande chance pour un facteur d’orgue de se voir confier la réalisation d’un instrument nouveau. Alors, deux… En 1991, un incendie détruit l’orgue de 1728 de l’abbatiale Saint Pierre et Paul d’Ottmarsheim. C’est à Richard Dott qu’on fait appel pour construire un nouvel instrument, réalisé en 2000. (http://decouverte.orgue.free.fr/orgues/ottmarsh.htm). Sollicité d’en construire un

Ballet en un acte et trois parties. Ensemble Aedes. Marion Ralincourt, flûte. Les Siècles, dir. François-Xavier Roth. 1CD Harmonia Mundi : HMM 905280. TT.: 55'03.

Voici une nouvelle version du célèbre ballet de Ravel, qui possède bien des atouts. A commencer par le fait d'être interprété par un orchestre jouant sur instruments anciens. François-Xavier Roth s'en explique par la volonté de retrouver la sonorité de l'époque de la création - en 1912 au Théâtre du Châtelet, sous la direction de Pierre Monteux - et la manière pour l'orchestre de ''sonner'' comme alors. La « symphonie chorégraphique » conçue par Ravel, en rupture avec le ballet à argument que lui proposait Diaghilev, en acquiert un chatoiement exceptionnel. Par la palette sonore d'abord eu égard à l'usage de cordes en boyau

op. 100. Jean FRANCAIX : L'Heure du Berger. Margarita Höhenrieder, piano. Kammerphilharmonie der Sächsischen Staatskapelle Dresden. 1 CD Solo Musica : SM 251. TT.: 53'48.

La musique de chambre pour ensemble d'instruments à vents ne compte pas beaucoup de titres... On pense au Quintette de Mozart K 452, à celui op. 16 de Beethoven, ou au Sextuor op. 40 de Louise Ferenc, de 1852. Aussi ce disque est-il intéressant. Car il présente deux raretés et une oeuvre déjà bien installée dans le répertoire. Le Sextuor pour piano et quintette à vents (flûte, hautbois, clarinette, basson et cor), d'abord, de Ludwig Thuille (1861-1907), compositeur

Jonas Kaufmann, ténor. Wiener Philharmoniker, dir. Jonathan Nott. 1CD Sony classical : 88985389832; TT.: 61'06.

On sera nul doute surpris de ne voir dans l'énoncé des interprètes de cette nouvelle version du Chant de la terre qu'une seule voix, celle de ténor. C'est que, pour la première fois, est livrée ici une version chantée par une voix unique et non par les deux prévues par le compositeur, qui précise comme sous titre : « symphonie pour une voix de ténor et une voix d'alto (ou de baryton) et orchestre ». Il en a ainsi été de toutes les versions proposées au disque – et bien sûr au concert – depuis la création de l'oeuvre par Bruno Walter en 1910 à Munich. Jonas Kaufmann, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a décidé de chanter les deux

1CD Harmonia Mundi : HMM 902248. TT.: 65'13.

Pour fêter leurs trente ans, les Wanderer reviennent à Dvořák et à son fameux Trio « Dumky », pilier du répertoire du trio pour piano, violon et violoncelle, auquel ils doivent leur premier succès au disque, et qui, comme chez leurs aînés, les Beaux Arts, a enluminé plus d'un de leurs concerts. Dernier de ses trios, cet opus 90, de 1891, Dvořák lui confère une forme inhabituelle en six mouvements, autant de ''Dumky'', du nom de la danse épique de la dumka, d'origine ukrainienne. Qui mêle la rêverie mélancolique, sorte de spleen salve, et la fièvre, l'exaltation. Ceci se traduit par une alternance de sections lentes et vives, à l'intérieur même de

.Anton Ferdinand TITZ : Quatuor N° 3. Alexander GLASOUNOV : Novelettes op. 15 . Piotr Iliych TCHAIKOVSKI : Quatuor N°1 op. 11. casalQuartett. 1 CD Solo Musica : SM 241. TT.: 74'52.

Ces « Trésors russes » appartiennent au répertoire du quatuor à cordes de la période romantique, pas forcément le plus visité au concert ou au disque. A part ceux de Tchaïkovski, joue-t-on ceux de Glinka, d'Anton Rubinstein ou de Borodine ? Et ceux des musiciens illustrés ici. Anton Ferdinand Titz (1742-1810), violoniste allemand qui vécut à Vienne où il se lia d'amitié avec Gluck, passa une bonne partie de sa vie en Russie où il contribua à introduire les grands maitres classiques. Son Quatuor N° 3, dernier volet d'un ensemble de trois (1801-1803), est dédié au Tsar Alexandre Ier. L'agencement des mouvements y est singulier :

Renaud Capuçon & Christoph Conz, violons, Gérard Caussé & Marie Chilemme, altos, Gautier Capuçon & Clemens Hagen, violoncelles. 1CD Erato : 0190295888374. TT.: 76'49.

Renaud Capuçon n'est pas seulement un immense musicien, il est un fédérateur d'énergies. En témoigne le Festival de printemps d'Aix-en-Provence qu'il a créé en 2013 et qui draine le gotha des interprètes et la jeune génération talentueuse. Il peut y cultiver son jardin secret, celui de la musique de chambre. Lors de l'édition 2016, il avait réuni autour de lui cinq de ses amis pour interpréter les deux sextuors à cordes de Brahms. Ce CD est le fruit d'une rencontre au sommet. Ces deux pièces sont à plus d'un titre fascinantes. Le sextuor N° 1 op. 18, de 1860, la première grande oeuvre chambriste de Brahms, se situe dans la lignée de

Intégrale des symphonies vol. 4. Symphonies Nos 12, 60 & 70. Domenico CIMAROSA : Il Maestro di Cappella. Riccardo Novaro, baryton. Il Giardino Armonico, dir. Giovanni Antonini. 1CD Alpha : 674. TT.: 79'55.

Voici le 4ème volume de la collection « Haydn 2032 », qui présente cette fois un généreux programme placé sous l'égide du maitre de chapelle ou Kapellmeister que fut le Papa Haydn. On a regroupé trois symphonies ayant en commun une manière théâtrale, et un mini opéra bouffe de son collègue Cimarosa. La symphonie N° 60, dite « Per la commedia intitolata Il Distratto » est conçue comme une vraie pièce de théâtre avec une ouverture, quatre entrées et un finale. L'allegro di molto, passé son introduction lente, est mené bon train avec effets de surprise, coutumiers chez Haydn, telles ces phrases répétées de plus en plus pianissimo et

 Giuseppina Bridelli, Salvo Vitale, Caroline Weynants, Guillaume Houcke, Pierre Derhet, Maxime Melnik. Choeur de chambre de Namur. Millenium Orchestra, dir. Leonardo García Alarcón. 1CD Ricercar : RIC 378. TT.: 57'03.

Voici encore une redécouverte due à la sagacité de Leonardo García Alarcón ! Le jeune Allessandro Scarlatti (1660-1725) se fixe à Naples en 1683 et se voit nommer, l'année suivante, maitre de chapelle de la Real Cappella. C'est vraisemblablement là qu'a été composée, en 1685, sa Passion Selon St Jean. Au fil de six numéros, l'oeuvre chantée en latin suit le récit évangélique qui est ici confié à trois personnages principaux : Testo, ou l'Évangéliste, Jésus et Pilate. La partie la

Pièces de clavecin du XVII ème siècle anglais. Caroline Huynh Van Xuan, clavecin. Avec Paulin Bündgen, contre-ténor. 1CD Muso : MU-016. TT.: 67'53.

Après la période du puritanisme des années 1649-1660 et l'accession au trône de Charles II, l'art reprend ses droits en Angleterre avec la création de nombreuses institutions musicales et une démocratisation de l'accès à la musique, désormais jouée dans les théâtres, salles de concert mais aussi les tavernes, les clubs ou les associations musicales. Cette vitalité nouvelle de la scène musicale se traduit en particulier par la publication de nombreuses oeuvres pour le clavecin sous forme de Suits ou Lessons. C'est dans les manuscrits conservés à la British Library que Caroline Huyn Van Xuan a puisé le contenu du présent programme, mêlant pièces connues et vraies découvertes, premières au disque pour beaucoup. Les compositeurs ont pour nom Purcell, Blow et Haendel, mais aussi Anthony Yong, Jeremiah Clarke, Philip Hart, William Croft, John Barrett, Robert King ou John Weldon, et combien encore d'anonymes dont l'auteur de « Since in vain », pièce qui donne son titre au CD. On y manie diverses danses, l'Allmand entrainante, le Hornpipe, et surtout le Ground, une forme typiquement anglaise, qui ressemble à la Passacaille ou à la Chaconne, danse lente à trois temps, reposant sur le principe de l'ostinato. Le registre est vif, bien rythmé, ou au contraire, méditatif. Bouquet final, et inattendu bond dans le temps, que l'arrangement en forme de Ground d'une chanson de Sting, « Moon over Bourbon Street », sorte de belle improvisation qui ne dépare pas avec toutes ces musiques du XVII ème siècle anglais. Ce programme imaginatif et didactique, aux enchainements agréables et judicieux, bénéficie du jeu feutré de Caroline Huyn Van Xuan, capté dans une acoustique intimiste.

DUCASSE. HURÉ. IBERT. KOECHLIN. De La PRESLE. RAVEL. ROUSSEL. SÉVERAC. Amaury Breyne, piano. 1 CD Hortus. Collection « Les Musiciens et la Grande Guerre. Vol XXIII ». HORTUS 723. TT : 68’17.

indirect avec la guerre. Contrairement aux volumes précédents on n’y trouve aucune trace de militarisation, mais à l’inverse, différentes postures créatrices cherchant délibérément à s’extraire du climat délétère et dramatique du conflit. Les compositeurs convoqués pour cet enregistrement, ayant tous appartenu au service de santé des armées, marquent par leurs oeuvres l’ardent désir de se rattacher au souvenir du bienheureux passé, ou à l’inverse de se tourner vers l’avenir, dans une modernité assumée et rêvée comme un havre de paix. Refuge dans des formes anciennes, ambigüité tonale, dissonances, accumulation,