Song Book, vol.2.

Cécile CORBEL : Song Book, vol.2.  Bran Music : RSCD287. Distrib. : Keltia Music. TT : 49’06.

Légendes de Bretagne, brumes d’Écosse et fées d’Irlande sont au rendez-vous dans ce nouvel album de la harpiste-chanteuse bretonne.  Cécile Corbel, de sa voix limpide et assurée nous ouvre tout un monde de mythes et légendes dans un univers musical envoûtant et dynamisant, soutenu par des arrangements d’une grande qualité. Fruit d’un travail de deux années sur les routes, sur scène ou en studio, ce nouvel album ne décevra pas les fans de cette magicienne de la musique celtique.  Une voix expressive et bien posée, des cordes suaves et discrètes, une pointe d’orientalisme (Innocence), une harpe fluide mais présente, la musique de Cécile résonne en chaque auditeur comme si elle faisait partie de lui-même… c’est magique ! Une valeur sûre du folk celtique qui nous plonge dans un monde enchanteur.

Écriture du désastre.

Écriture du désastre.  Olivier Aude (guitare & traitements), Wilfried Wendling (électronique & traitements), Nicolas Senty (voix).  In Circum Girum : ICG 0707-1. Distr. : Socadisc Europe.  TT : 54’34.

Cet enregistrement propose un projet original : le mariage d’aphorismes philosophiques et d’improvisations autour de traitements électroniques sur des textes de Maurice Blanchot, Friedrich Nietzsche ou Sénèque. À l’inverse de la poésie, l’aphorisme philosophique permet la transmission du sens, ici source naturelle d’inspiration pour une réaction musicale spontanée. La performance d’Olivier Aude et de Wilfried Wendling est remarquable. Soutenant les textes interprétés avec force et vigueur par Nicolas Senty, la musique s’intègre dans un ensemble cohérent au sein duquel le sens émerge à tout moment.  Certes l’audition nécessite un lâcher-prise et une ouverture d’esprit indispensables pour s’autoriser à dépasser le seul niveau du langage. Mais l’expérience est convaincante et investit l’imaginaire dans un kaléidoscope sonore qui surprend à chaque instant.  À écouter et méditer.

For better times.

Andy EMLER, piano : For better times.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 53’49.

Personnalité atypique, catalyseur de rencontres et d’improvisations, Andy Emler est un pianiste éclectique trouvant son inspiration à des sources aussi variées que les musiques traditionnelles, folkloriques, rock, jazz ou classiques.  De formation classique, membre en 1986 de l’Orchestre national de jazz, compositeur reconnu et plusieurs fois récompensé par la critique, il nous propose, avec cet album solo, un dialogue imaginaire à plusieurs voix, solitaire et envoûtant, mêlant des mélodies évanescentes à des sonorités étonnantes parfois agressives, répétitives, mais toujours convaincantes. C’est une invitation au voyage… Laissons-nous embarquer !

Trios élégiaques n°1 et 2.

Serguei RACHMANINOV : Trios élégiaques n°1 et 2.  Régis Pasquier (violon), Roland Pidoux (violoncelle), Jean-Claude Pennetier (piano). Saphir Productions : LVC 1091. TT : 64’25.

Le label Saphir poursuit la publication de la musique de chambre de Rachmaninov.  Après l’enregistrement récent de sa sonate pour violoncelle et piano, ce sont aujourd’hui les deux trios élégiaques qui nous sont proposés dans une très belle interprétation.  Les instrumentistes, ici, s’écoutent, se répondent pour nous rendre, au mieux, ce climat d’intériorité et de mélancolie caractéristiques du compositeur. Ces deux compositions sont des œuvres de jeunesse composées respectivement en 1892 et 1893. Le premier trio, écrit en quatre jours, fut égaré pendant de nombreuses années et édité à titre posthume en 1947 ; le second, op. 9, composé à la mémoire de Tchaïkovski, de forme tripartite également, fut remanié plusieurs fois par le compositeur jusqu’à sa version définitive achevée en 1917.  Ces deux trios ont en commun l’expressivité de la ligne mélodique, un lyrisme chantant, un pessimisme hérité de l‘auteur de la Symphonie pathétique, bien rendus par la virtuosité du piano, la souplesse des cordes et la qualité de l’interprétation.

Nun Komm’Der Heiden Heiland.

Jean-Sébastien BACH : Nun Komm’Der Heiden Heiland. Préludes, Fugues &Chorals. Edna Stern (piano).  Zig-Zag Territoires (www.zigzag-territoires.com). TT : 65’42.

Pari réussi pour la pianiste Edna Stern qui veut rendre compte de la vocalité instrumentale dans l’œuvre pour clavier de J.-S. Bach.  Avec ce disque qui débute par le choral luthérien qui donne son nom à l’enregistrement, elle nous propose un parcours qui s’apparente plus à la cantate qu’à une suite abstraite de pièces (préludes et fugues) où la question de l’instrument devient secondaire pour laisser place à toute la ferveur et la transcendance de la musique du Cantor. Cette aspiration à la verticalité est attestée par la succession des différents chorals et la progression des tonalités faisant de ce disque un ensemble d’une rare cohérence. Une interprétation intelligente toute en nuances, riche en couleurs, où le piano développe toutes ses possibilités d’imitation vocale et orchestrale, avec, de plus, une remarquable prise de son qui donne à ce disque un supplément d’âme qui fait défaut dans de nombreux autres enregistrements. Puisque ce disque commence par un appel… Écoutons-le !

Bel Canto spectacular.

Bel Canto spectacularArias de DONIZETTI (La Figlia del Regimento, La Favorite, L'Elisir d'Amore, Linda di Chamounix, Lucrezia Borgia), BELLINI (Puritani), ROSSINI (Il Viaggio a Reims).  Juan Diego Flórez, ténor.  Avec Anna Netrebko & Patrizia Ciofi, sopranos, Daniela Barcellona, mezzo-soprano, et Martiuz Kwiecien, baryton.  Orquestra de la Communitat Valenciana, dir. Danel Oren.  Decca : 478 0135. TT : 76'.

Voilà un ténor chez lui. Si le titre reste aguichant, le résultat est là, indéniable : un vrai maître du bel canto. Comme démontré au Royal Opera de Londres, Donizetti est un idiome qui lui va comme un gant.  L'agilité vocale dans les fioritures n'a d'égale que la facilité d'émission couronnée par une quinte aiguë rarement aussi nette, sans effet disgracieux. On peut en juger dans l'air de La Fille du régiment, donné ici dans sa version italienne, avec ses neuf contre-ut en cascade. Mais notre homme possède bien d'autres talents que celui de distiller les top notes : « Ange si pur » tiré de La Favorite compose un ardent portrait de l'aimée, tout comme l'aria de Lucrezia Borgia, dans un contexte plus sombre.  Les airs de Linda di Chamounix sont des moments

« Souvenirs ».

« Souvenirs ».  Airs de : Emmerich Kalman, Richard Heuberger, Franz Lehár, Gustave Charpentier, Jacques Offenbach, Richard Strauss, Edvard Grieg, André Messager, Antonin Dvořák, Nikolaï Rimsky-Korsakov, Reynaldo Hahn, Andrew Lloyd Weber, Carlos Gustavino...  Anna Netrebko, soprano. Avec Elina Garanca, mezzo-soprano, Piotr Beczala, ténor, Endrew Swait, sopraniste. Prague Philharmonic Choir, Prague Philharmonia, dir. Emmanuel Villaume.  DG : 477 7451. TT : 62’59.

C’est un bien curieux album de souvenirs que nous offre la grande chanteuse russe.  Star system oblige, les divas aiment à livrer leurs secrètes pensées et leurs plus beaux clichés. Pourquoi pas, si le résultat est à la hauteur des espérances. Ces pièces chères à son cœur, qui lui rappelent des moments spéciaux de sa (jeune) carrière, nous font voyager à travers les genres et côtoyer les compositeurs les plus divers. Elle nous dit être décidée à se faire plaisir.  Nous fait-elle vibrer ? Rien n'est moins sûr. Un charme vocal à revendre, une technique parfaite, le challenge des différentes langues - comme Rita Streich naguère – ne peuvent cependant masquer un manque de style.  On ne passe pas si aisément d'un compositeur à l'autre, même avec une

Images pour piano.

Claude DEBUSSY : Images pour piano.  Cl.Arrau, A.Benedetti Michelangeli, J.Doyen, M.-F.Gaillard, W.Gieseking, M.Meyer, I.Paderewski, A.Rubinstein, R.Vines.  Collection « in Memoriam ».  Ysaÿe Records : IM01. TT : 74’29.

Autres trésors d'archives : les Images pour piano de Debussy, jouées par les grands maîtres du clavier de la première moitié du XXe siècle, dans des enregistrements réalisés entre 1926 et 1949.  Fascinantes comparaisons puisque, pour chacune des six pièces qui constituent le cycle, sont proposées plusieurs interprétations, de une à six selon les morceaux.  Dans son article introductif, la compositrice Betsy Jolas souligne la difficulté de bien jouer Debussy au piano : les tempos constamment fluctuants, les climats changeants, le pianisme fait d'une multitude d'indications. Et de se demander « s'il existe une véritable tradition de l'interprétation de l'œuvre pianistique de Debussy ».  Elle dit encore être frappée « de constater nombre d'inexactitudes », et

Serge RACHMANINOV.

Serge RACHMANINOV.  Édition intégrale de l'œuvreArtistes variés.  31CDs.  Brillant Classics : BRIL 9013.

La vogue des coffrets intégraux à petit prix ne se tarit pas : après les longues boîtes Mozart ou Beethoven, et avant sans doute tout Haydn, voici Rachmaninov (1873-1943), le compositeur russe célébré pour sa faconde interprétative, et peut-être victime de sa prise en sandwich entre Prokofiev et Chostakovitch.  L'intérêt du coffret est de proposer l'ensemble d'une œuvre multiforme qui va du symphonique (dont lle des Morts) à l'opéra (la trilogie Aleko-Miserly Knight-Francesca da Rimini, mais aussi le moins connu Mona Vanna) en passant par la musique de chambre (un magistral Trio élégiaque, interprété ici par le Trio Borodine) et le piano bien sûr, auquel il a tant donné, comme interprète de talent lui-même.  On n’aurait garde d'oublier la musique

Anton BRUCKNER : Symphonie n°4.

Anton BRUCKNER : Symphonie n°4.  Lucerne Festival Orchestra, dir. Claudio Abbado.  Lucerne Festival : 640125 120455. Distrib. Festival de Lucerne (Hirschmattstrasse 13, PO. Box, CH-6002 Lucerne). TT : 64’15.

Voilà un disque qui sort de l’ordinaire.  Reflet des concerts donnés au festival de Lucerne l'été 2006, mais enregistré lors d'une tournée au Japon en octobre de la même année, cette exécution de la 4e Symphonie de Bruckner est marquée au coin du génie. L'orchestre du Festival de Lucerne assemble autour du chef Claudio Abbado, depuis 2003, des musiciens du Mahler Chamber Orchestra (déjà formé à l'instigation de Abbado), des premiers pupitres de grands orchestres européens, comme le Berliner, des solistes de renom, telles Sabine Meyer, Tatiana Vassiljeva, Béatrice Muthelet, et enfin des membres de formations de chambre, tels Clemens Hagen du Quatuor du même nom, ou Valentin Erben, de feu les ABQ.  C'est dire la perfection

Gustav MAHLER : Symphonie n°3.

Gustav MAHLER : Symphonie n°3.  Anna Larsson, Triffin Boys Choir, London Symphony Chorus.  London Symphony Orchestra, dir.Valery Gergiev.  2CDs LSO : LSO0660. TT : 92'10.

L'intégrale Mahler dirigée par Valery Gergiev se poursuit avec des fortunes diverses. La troisième symphonie qui suscita des réactions diverses à sa création, et qui selon son auteur « doit tout embrasser », explore un monde sonore très vaste. C'est peut-être, hormis l'énorme huitième, la plus excessive du lot.  Gergiev en souligne l'aspect puissament suggestif ou, au contraire, se complaît en des ralentis et des ppp extrêmes dans lesquels il semble comme s'écouter. Tout le contraire de la souple rigueur d'un Boulez ou de l'équilibre souverain d'un Abbado.  Reste que le chef russe excelle à dégager les traits grotesques qui parsèment une partition aux multiples facettes. Le climat très sombre du premier mouvement, avec ses coups de boutoir de la grosse

Der Fliegende Holländer.

Richard WAGNER : Der Fliegende Holländer.  Theo Adam, Anja Silja, Martti Talvela, James King. New Philharmonia Orchestra, dir. Otto Klemperer.  2CDs Testament : SBT 1423. TT : 75'03 + 76'13.

Beau trésor d'archives que ce Vaisseau Fantôme capté live à Londres, le 19 mars 1968, en prime du disque enregistré en studio pour EMI.  La distribution est à peu près la même, à l'exception notable du Erik de James King, que Deccca ne voulut pas prêter alors à son concurrent.  Doublon ? Non, car il règne ici une atmosphère spéciale, magique.  Quelle vie en effet : dès les premières mesures on est pris dans quelque chose d'immense, de survolté dramatiquement. Car Klemperer voit grand. Lui qui professait que « Der Fliegende Holländer, Tannhäuser et Lohengrin sont certainement plus attrayants » que les autres œuvres du maître de Bayreuth, car celui-ci « au fur et à mesure que les années passèrent se développa à reculons ».  Opinion

Klavierstücke, op.116-119

Johannes BRAHMS : Klavierstücke, op.116-119.  Nicholas Angelich, piano.  2CDs Virgin Classics : 0946 379302 29. TT : 24'20 + 60'38.

Brahms n'est pas au piano un auteur facile. Même les plus grands ne s'y attardent pas ou à peine. Les pièces op.116 à 119, conçues à Bad Ischl dans les années 1892/1893, montrent un musicien qui, au soir de sa vie, délaisse la grande forme pour des partitions à numéros où régnent une certaine nostalgie et un vrai mystère, où se mêlent tendre douceur et profondeur abyssale.  Belle idée que de les réunir en un même album ! Les Fantasien op.116 alternent Capriccios véhéments et Intermezzos profonds dans une écriture quasi orchestrale. Les Intermezzi op.117 sont d'une poésie pénétrante, «  trois paysages d'automne qui restent tous dans la demi-teinte, le clair-obscur, chers au Brahms de la vieillesse » dira Claude Rostand. Dans les

Proserpine,

Jean-Baptiste LULLY : Proserpine, tragédie lyrique en cinq actes, d'après un livret de Quinault.  Cyril Auvity, Salomé Haller, Stéphanie d'Oustrac, Blandine Staskiewicz, Hjördis Thébault.  Le Concert Spirituel, dir. Hervé Niquet. 2CDs Glossa en livre-disque : GES 921615-F.  TT : 75’25 + 76’55.

On revient à Lully et c’est une bonne chose. Une reprise d'Atys nous est même promise à l’Opéra Comique d’ici peu. Écrite en 1680, la tragédie lyrique Proserpine, a été remontée en 2006 à l'Opéra royal de Versailles, grâce à l'opiniâtreté du chef Hervé Niquet. Moins célèbre qu'Atys ou Armide, c'est là une œuvre appartenant à la dernière manière du musicien. Il y compense une faible théâtralité par un développement musical luxueux culminant dans des divertissements dansés aussi frais que variés. Il s'agit d'une élégie amoureuse, celle de la belle Proserpine élevée par Pluton dans la campagne sicilienne au pied du mont Etna, qui se morfondra aux Champs-Élysées, et finalement devra partager son temps entre terre et royaume des ombres, tour à tour

Charles-Marie WIDOR (1844-1937)

Charles-Marie WIDOR (1844-1937) : 3e Symphonie (extraits), 4e Symphonie, 5e Symphonie(extraits).  Marie-Andrée Morisset-Balier au grand-orgue de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen.  ASO (8, rue de Maussion, 76000 Rouen) : 2008 M.  TT : 66’33.

C’est avec un vif plaisir que nous rendons compte de cet excellent disque, nouvelle occasion d’apprécier le superbe Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Ouen, ainsi que le talent de sa titulaire, Marie-Andrée Morisset-Balier.  Celle-ci avait déjà enregistré, à côté d’œuvres de Franck et de Vierne, la célèbre Symphonie gothiquede Charles-Marie Widor, œuvre avec laquelle, justement, l’organiste de Saint-Sulpice avait inauguré, en 1890, l’orgue de Saint-Ouen.  Ce sont ici, à nouveau, des pages de trois des dix Symphonies pour orgue de Widor qui sont enregistrées.  Aux trois extraits de la 3e Symphonie - où la pompe de la Marche initiale et la splendeur du Final encadrent un Adagio méditatif - succède la 4e Symphonie dans son intégralité.  À une Fugue

Winterreise.

Franz SCHUBERT : Winterreise.  Hybrid’music (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : H1815. TT : 71’56.  7 € [sic].

Mario Hacquard (baryton) et Georges Dumé (piano) - animés par un solide esprit d’équipe et en pleine connivence - proposent une version discrète, avec toute la simplicité requise, du Voyage d’hiver, trop souvent galvaudé.  Aucune peinture d’atmosphère ne leur échappe : tour à tour énigmatique, espiègle, légère, volubile, mais aussi dramatique, énergique ou pesante et grave. L’excellent chanteur français s’impose par sa parfaite diction, sa prononciation allemande.  Le pianiste, par ses recherches de sonorité, son sens de la progression rythmique et du dialogue avec le chanteur, est un accompagnateur idéal. Ces « miniatures », très agréables à entendre et dont les discophiles ne se lasseront pas, brillent par la sûreté de leur goût : pour un plaisir partagé par Franz Schubert, interprètes et auditeurs.

Les sept dernières paroles du Christ (orgue)

oseph HAYDN : Les sept dernières paroles du Christ (orgue).  Hortus (Développement GIE, 2, rue Diderot, 92600 Asnières, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : HORTUS 057.  Distr. Codaex.  TT : 54’22.

Vincent Genvrin est l’auteur de la transcription pour orgue des Sept dernières paroles de Notre Rédempteur sur la Croix (1787). Sa version s’impose, à côté de celles pour orchestre, quatuor à cordes, piano et oratorio.  Elle est interprétée à l’orgue François Henri Clicquot de l’église Saint-Nicolas-des-Champs (Paris), bien que, selon ses propres termes : « …l’instrument choisi, un prestigieux Clicquot, se trouve aujourd’hui dans un état de déréliction préoccupant », ce qui n’empêche pas l’excellent organiste d’en tirer le meilleur parti possible. Il utilise souvent le grand chœur dans les parties massives ; des anches (flûtes, hautbois, trompettes) pour illustrer le caractère plus méditatif des Paroles ; le cornet, très expressif, sur : « Tout est accompli », ou encore la voix humaine sur : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

Winterreise.

Franz SCHUBERT : Winterreise.  Hybrid’music (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : H1815. TT : 71’56.  7 € [sic].

Mario Hacquard (baryton) et Georges Dumé (piano) - animés par un solide esprit d’équipe et en pleine connivence - proposent une version discrète, avec toute la simplicité requise, du Voyage d’hiver, trop souvent galvaudé.  Aucune peinture d’atmosphère ne leur échappe : tour à tour énigmatique, espiègle, légère, volubile, mais aussi dramatique, énergique ou pesante et grave. L’excellent chanteur français s’impose par sa parfaite diction, sa prononciation allemande.  Le pianiste, par ses recherches de sonorité, son sens de la progression rythmique et du dialogue avec le chanteur, est un accompagnateur idéal. Ces « miniatures », très agréables à entendre et dont les discophiles ne se lasseront pas, brillent par la sûreté de leur goût : pour un plaisir partagé par Franz Schubert, interprètes et auditeurs.

Les sept dernières paroles du Christ

Joseph HAYDN : Les sept dernières paroles du Christ (orgue).  Hortus (Développement GIE, 2, rue Diderot, 92600 Asnières, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : HORTUS 057.  Distr. Codaex.  TT : 54’22.

Vincent Genvrin est l’auteur de la transcription pour orgue des Sept dernières paroles de Notre Rédempteur sur la Croix (1787). Sa version s’impose, à côté de celles pour orchestre, quatuor à cordes, piano et oratorio.  Elle est interprétée à l’orgue François Henri Clicquot de l’église Saint-Nicolas-des-Champs (Paris), bien que, selon ses propres termes : « …l’instrument choisi, un prestigieux Clicquot, se trouve aujourd’hui dans un état de déréliction préoccupant », ce qui n’empêche pas l’excellent organiste d’en tirer le meilleur parti possible. Il utilise souvent le grand chœur dans les parties massives ; des anches (flûtes, hautbois, trompettes) pour illustrer le caractère plus méditatif des Paroles ; le cornet, très expressif, sur : « Tout est accompli », ou encore la voix humaine sur : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

HAYDN à Paris.  Ricercar

HAYDN à Paris.  Ricercar (Outher S.A., rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC 277.  TT : 68’54.

La célébration du bicentenaire de la mort de Fr. J. Haydn (1732-1809) stimule la production discographique.  L’Ensemble Les Agrémens (dir. Guy Van Waas) rend hommage au compositeur qui a été présent à Paris, au « Concert Spirituel » (institution fondée en 1725) : d’où le titre de ce CD. L’engouement pour son œuvre également à la Société « La Loge Olympique », à Paris, est célèbre. Ce CD propose la Symphonie en sib majeur (« La Reine ») et celle en fa# mineur (« Les Adieux »), œuvres accueillies avec enthousiasme dans la capitale, et la Symphonie en majeur de J. M. Kraus, en 3 mouvements (deux Allegro et un Andante méditatif central), de la même veine, d’ailleurs publiée sous le nom de Fr. J. Haydn. Ces trois œuvres bénéficient d’une excellente interprétation qui retiendra aussi l’attention des mélomanes du XXIe siècle.

« Un frisson francais »

« Un frisson francais » : un siècle de mélodies françaises.  Susan Graham, mezzo-soprano ; Malcom Martineau, piano. Onyx : 4030. TT :77'34.

Voici un disque qui sort vraiment de l'ordinaire : une anthologie de mélodies françaises présentant 22 compositeurs, dont quelques oubliés (Caplet, Bachelet, Paladilhe), représentés chacun par une seule pièce. Elle est conçue en cinq parties : les pères fondateurs cultivant la ligne musicale plus que le rythme (Au rossignol de Gounod) ; les postromantiques où priment la couleur vocale et le discours pianistique (Les cigales de Chabrier) au service d'atmosphères nocturnes parfumées, et qui n'évitent pas le caractère opératique (Duparc : Au pays où l'on fait la guerre) ; l'avènement du siècle nouveau, réaction contre la manière romantique, par le dépouillement du style (Le Paon de Ravel ) ou la modernité de l’harmonie (Messiaen : La fiançée perdue) ; le

« Amoureuses »

« Amoureuses ». Mozart, Haydn, Gluck : airs extraits d’opéras.  Patricia Petibon, soprano.  Concerto Köln, dir. Daniel Harding. Universal/DG : 00289 477 468. TT : 68'39.

La femme amoureuse est au cœur de l’art opératique. Belle idée que d’avoir rapproché trois compositeurs de l’époque classique qui lui ont dédiée des pages mémorables. Elle est d’abord tragédienne : la désespérée Giunia de Lucio Silla, là où la vocalise est une composante de l'approche dramatique et non pure prouesse technique ; la tragique Iphigénie à laquelle Gluck prête les plus nobles accents ; la magicienne Armide de Gluck encore, froide et calculatrice - un festin de choix pour l'interprète, dévorée de passion comme la chanteuse ici, jusqu'à émettre un son presque vampirisé.  Les affects d'Armide sont aussi traités par Haydn dans une aria d'une grande agitation. On retrouve encore l’épouse éplorée chez Euridice (L'anima del filosofo), ou