Duos for flute and oboe

Duos for flute and oboe. Centaur (www.centaurrecords.com) : CRC 2775.  TT : 55’50.

Ce disque déjà un peu ancien révèle des Duos (ou arrangements) pour bois.  Ils sont interprétés par Claudia Anderson (flûte) - professeur invitée, très connue aux États-Unis - et William McMullen (hautbois) - professeur de hautbois, soliste du Lincoln Symphony Orchestra.  Ils forment une équipe bien soudée au service de ce répertoire allant de W. A. Mozart à José Serebrier (né en 1938) et présentant des formes traditionnelles (invention, petits préludes, impromptus, duos, canzone).  En revanche, certaines œuvres sont dotées de titres évocateurs : Calandres, Spipolettes, Alouettes… (G. Migot) ; Nuage, arbre… (J. Serebrier) ; d’autres encore indiquent les mouvements en italien (Allegro vivace, Moderato, Allegro…).  Cet enregistrement, réalisé à l’Université du Nebraska (à Lincoln), s’imposera par l’association des sonorités chantantes et particulièrement expressives, et par la diversité des pièces retenues et rendues avec brillance et musicalité.

Requiem et motet

Jean GILLES : Requiem et motet : Cantate Jordanis Incolae.  Ligia Digital (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : Lidi 0202196-8.  TT : 68’02.

Le Requiem de Jean Gilles (1668-1705) - maître de musique de Saint-Étienne de Toulouse - a été entendu, entre autres, lors d’un des services funèbres célébrés à la mémoire de Jean-Philippe Rameau en l’église de l’Oratoire du Louvre (Paris).  Cette œuvre, restituée par l’abbé Jean Prim, a été rééditée par Jean-Marc Andrieu qui la qualifie de « chef-d’œuvre au destin singulier » et qui - à la tête du chœur de chambre Les Éléments (Joël Suhubiette) et de l’orchestre Les Passions - ne ménage pas ses efforts pour conférer toute sa densité et sa luminosité à cette Messe des morts, assez majestueuse et n’échappant toutefois pas à la pompe de l’époque.  Cette œuvre - avec le rythme pointé à la manière française, si typique de son Ouverture en forme de marche - retiendra l’attention des mélomanes du XXIe siècle qui, comme ceux du XVIIIe siècle, l’entendront « toujours avec satisfaction, malgré son ancienneté… » (Le Mercure de France).

Manuscrit Bauyn

Manuscrit Bauyn.  Benjamin Alard, clavecin.  Hortus (2, rue Diderot, 92600 Asnières. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 065.  TT : 56’27.

Comme l’Andreas-Bach-Buch pour le jeune Jean-Sébastien, le Manuscrit d’André Bauyn de Bersan, illustrant le répertoire de musique pour clavecin et s’imposant par sa diversité, regroupe non seulement des œuvres de jeunesse : Pièces en la et en fa de Louis Couperin (ca 1626-1661 : à ne pas confondre avec François), mais encore des pages recopiées par le jeune musicien, allant de la Passacaille de Luigi Rossi (1598-1653), aux Toccatas en ré et en fa, Allemande et Gigue de Johann Jakob Froberger (1616-1667) - que L. Couperin avait rencontré en 1652 -, en passant par le Capriccio en sol de Girolamo Frescobaldi (1583-1643).  Au total, 18 pièces reposant notamment sur des danses selon l’usage.  Benjamin Alard - élève de François Ménissier pour l’orgue et d’Élisabeth Joyé pour le clavecin, ainsi qu’à la Schola Cantorum basiliensis, titulaire du nouvel orgue de l’église Saint-Louis-en-l’Île (Paris) - réserve un sort royal à ces œuvres rarement enregistrées : judicieuse initiative (2008) des éditions Hortus.

 

Missa Domine Dominus noster

Philippe ROGIER : Missa Domine Dominus noster.  Matheo ROMERO : Missa bonae voluntatis.  2CDs Ricercar (Outher S. A., rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC271. TT : 118’36.

Ce coffret présente d’abord un « Office de mariage à la Cour d’Espagne » interprété par quatre ensembles : le Chœur de chambre de Namur, La Fenice, Doulce mémoire et le Ricercar Consort, tous dirigés par Jean Tubéry.  Philippe Rogier (1560-1596) arrive en Espagne en 1572.  Il assumera ensuite la charge de maître de chapelle. Malgré sa brève existence, ce prêtre a laissé environ 240 œuvres polyphoniques (messes, motets…).  Sa MesseDomine Dominus noster est écrite à 12 voix qui dialoguent ; son écriture polychorale la situe à la charnière des XVIe et XVIIe siècles.

Chants sacrés géorgiens

hants sacrés géorgiens. Jade (43, rue de Rennes, Paris VIe. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 699 670-2.  TT : 47’01.

La musique religieuse géorgienne est assez proche de l’esthétique de la musique byzantine. Ce chant, pratiqué en langue liturgique géorgienne en usage dès le IVe siècle dans les monastères de l’un des plus anciens pays chrétiens, atteint son point culminant entre le Xe et le XIIe siècle. Ce disque comprend une sélection de chants géorgiens pour les temps de Noël et de Pâques, et d’illustre des formes typiques : Tropaire (courte prière chantée après chaque verset de psaume), Trisagion (chant de l’ordinaire) et Kondakion (série de 20 à 30 strophes chantées sur la même mélodie), avec aussi l’incontournable Hymne des Chérubins.  Ce chant polyphonique est également cultivé en Bulgarie et même en Palestine, dans les monastères du désert du Sinaï. Ce répertoire est replacé dans ses divers contextes. Il est particulièrement mis en valeur par les voix lumineuses et prenantes du chœur Harmonie géorgienne placé sous la direction autorisée de Nana Peradze.

Quatuor à cordes.

Claude DEBUSSY, Gabriel FAURÉ, Maurice RAVEL : Quatuor à cordes.  Quatuor Ébène.  Virgin Classics : 519045.  TT : 79’.

Quatre jeunes gens dans le vent qui engrangent les succès, jouent dans leur récent CD pas moins que les opus de Debussy et de Ravel auxquels ils ajoutent celui de Fauré.  L’empathie pour ces pièces est admirable, la façon de trouver le ton juste, la cohérence dans les fluctuations du tempo, l’art de souligner l’accent et de modeler la sonorité, l’extrême lisibilité du discours, même dans les passages les plus exposés.  Et tout cela sans jamais forcer le trait.  Il y a là un mélange de fougue juvénile et d’étonnante maturité.  La maîtrise instrumentale est tout aussi fascinante, d’une précision dans l’attaque qui sait ne pas être rude, apte par sa fluidité à abonder les couleurs irisées, les atmosphères joyeuses et mélancoliques.  Ils sont tout autant chez eux dans les fausses brumes debussystes que dans la virtuosité ravélienne.  Et combien à l’aise pour décrypter les mélismes fauréens, si épurés ici.

Sonate n°1 pour violoncelle et piano

Claude DEBUSSY : Sonate n°1 pour violoncelle et piano ; Valse « La plus que lente » ; Scherzo ; Intermezzo.  Francis POULENC : Sonate pour violoncelle et piano ; Suite française d’après Claude Gervaise ; Bagatelle, extrait du Bal Masqué ; Sérénade.  Jean-Guihen Queyras, violoncelle. Alexandre Tharaud, piano.  Harmonia Mundi : HMC902012.  TT : 62’47.

Rien a priori ne semble rapprocher la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy de celle de Poulenc. Encore qu’à y regarder de près, comme le soulignent les deux interprètes, elles ont plus d’un élément en commun : la même admiration de la part de deux compositeurs pour les maîtres anciens, Couperin et Rameau chez le premier, la musique médiévale pour le second ; le même art de l’imprévisible ironique. Comment ne pas voir dans la Sonate de Debussy un chef-d’œuvre d’esprit.  La pièce de Poulenc offre un mélange de pofondeur et de style Dada, passant en un tour de main de l’humour au sérieux. La mise en perspective ne s’arrête pas là et nous vaut un florilège de courtes pièces empruntées à chacun des compositeurs.  Dans ce passionnant programme l’osmose entre les deux jeunes musiciens est totale, à l’aune de ce vrai esprit français fait d’élégance, de légèreté de ton et de délicatesse du jeu !

Felix MENDELSSOHN

Felix MENDELSSOHN : Prélude, op.104a n°2 ; Rondo Capriccioso, op.14 ; Romances sans paroles, op.38 n°2, op.19 n°2, op.102 n°5 ; Variations sérieuses, op.54 ; Caprices, op.33, n°2 et 3 ; Trois Études, op.104b ; Scherzo, op.16 ; Deux Lieder transcrits par Liszt ; Scherzo (extrait du Songe d'une nuit d’été), transcrit par Rachmaninov.  Bertrand Chamayou, piano.  Naïve : V5131.  TT : 65'.

Merveilleuse anthologie consacrée à Mendelssohn, en forme de « Liederabend sans paroles ». Ainsi du Rondo Capriccioso, plein d'esprit, d'un bouquet de Romances sans paroles qui comme les Mazurkas chez Chopin, fleurissent tout au long de sa vie créatrice, des Variations sérieuses dont Schumann soulignait « l'humeur farouche » et enfin des volubiles Études op.104.  Bertrand Chamayou y ajoute des transcriptions de Lieder où le génial Liszt enveloppe, dans un même geste, parties de piano et de chant, et du fameux Scherzo du Songe d’une nuit d’été, revu par Rachmaninov, délicat point d’orgue d’un captivant récital. Car, derrière ce jeune garçon sage, se cache une personnalité hors du commun.

Hommage à MESSIAEN

Hommage à MESSIAEN : Préludes pour piano. Catalogues d'oiseaux (deux extraits : La Bouscarde, L'Alouette Lulu ).  Quatre Études de rythme (deux extraits : Île de Feu, I et II).  Pierre-Laurent Aimard, piano.  Universal/DG : 00289 477 7452.  TT : 59'48.

Protégé du maître, élève de son épouse Yvonne Loriod, Pierre-Laurent Aimard rassemble un certain nombre de pièces pianistiques relativement négligées de Messiaen. « Écrites à des moments difficiles de son existence », ces compositions sont très contrastées.  Les Préludes (1928-1930), composés peu après la mort de sa mère, Claire Delbos, montrent déjà une totale maîtrise des possibilités de  l'instrument, dans la lignée de ses maîtres, Dukas et Debussy.  Une pièce comme Les sons impalpables du rêve... associe son et couleur, technique qui habitera bien des pages ultérieures.  Le sonorités sont cosmiques et l'harmonie des plus habiles, tels ce martèlement de sonorités, cette progression dynamique avec des effets de résonance comme