Anton BRUCKNER : Symphonie n°4.

Anton BRUCKNER : Symphonie n°4.  Lucerne Festival Orchestra, dir. Claudio Abbado.  Lucerne Festival : 640125 120455. Distrib. Festival de Lucerne (Hirschmattstrasse 13, PO. Box, CH-6002 Lucerne). TT : 64’15.

Voilà un disque qui sort de l’ordinaire.  Reflet des concerts donnés au festival de Lucerne l'été 2006, mais enregistré lors d'une tournée au Japon en octobre de la même année, cette exécution de la 4e Symphonie de Bruckner est marquée au coin du génie. L'orchestre du Festival de Lucerne assemble autour du chef Claudio Abbado, depuis 2003, des musiciens du Mahler Chamber Orchestra (déjà formé à l'instigation de Abbado), des premiers pupitres de grands orchestres européens, comme le Berliner, des solistes de renom, telles Sabine Meyer, Tatiana Vassiljeva, Béatrice Muthelet, et enfin des membres de formations de chambre, tels Clemens Hagen du Quatuor du même nom, ou Valentin Erben, de feu les ABQ.  C'est dire la perfection

Gustav MAHLER : Symphonie n°3.

Gustav MAHLER : Symphonie n°3.  Anna Larsson, Triffin Boys Choir, London Symphony Chorus.  London Symphony Orchestra, dir.Valery Gergiev.  2CDs LSO : LSO0660. TT : 92'10.

L'intégrale Mahler dirigée par Valery Gergiev se poursuit avec des fortunes diverses. La troisième symphonie qui suscita des réactions diverses à sa création, et qui selon son auteur « doit tout embrasser », explore un monde sonore très vaste. C'est peut-être, hormis l'énorme huitième, la plus excessive du lot.  Gergiev en souligne l'aspect puissament suggestif ou, au contraire, se complaît en des ralentis et des ppp extrêmes dans lesquels il semble comme s'écouter. Tout le contraire de la souple rigueur d'un Boulez ou de l'équilibre souverain d'un Abbado.  Reste que le chef russe excelle à dégager les traits grotesques qui parsèment une partition aux multiples facettes. Le climat très sombre du premier mouvement, avec ses coups de boutoir de la grosse

Der Fliegende Holländer.

Richard WAGNER : Der Fliegende Holländer.  Theo Adam, Anja Silja, Martti Talvela, James King. New Philharmonia Orchestra, dir. Otto Klemperer.  2CDs Testament : SBT 1423. TT : 75'03 + 76'13.

Beau trésor d'archives que ce Vaisseau Fantôme capté live à Londres, le 19 mars 1968, en prime du disque enregistré en studio pour EMI.  La distribution est à peu près la même, à l'exception notable du Erik de James King, que Deccca ne voulut pas prêter alors à son concurrent.  Doublon ? Non, car il règne ici une atmosphère spéciale, magique.  Quelle vie en effet : dès les premières mesures on est pris dans quelque chose d'immense, de survolté dramatiquement. Car Klemperer voit grand. Lui qui professait que « Der Fliegende Holländer, Tannhäuser et Lohengrin sont certainement plus attrayants » que les autres œuvres du maître de Bayreuth, car celui-ci « au fur et à mesure que les années passèrent se développa à reculons ».  Opinion

Klavierstücke, op.116-119

Johannes BRAHMS : Klavierstücke, op.116-119.  Nicholas Angelich, piano.  2CDs Virgin Classics : 0946 379302 29. TT : 24'20 + 60'38.

Brahms n'est pas au piano un auteur facile. Même les plus grands ne s'y attardent pas ou à peine. Les pièces op.116 à 119, conçues à Bad Ischl dans les années 1892/1893, montrent un musicien qui, au soir de sa vie, délaisse la grande forme pour des partitions à numéros où régnent une certaine nostalgie et un vrai mystère, où se mêlent tendre douceur et profondeur abyssale.  Belle idée que de les réunir en un même album ! Les Fantasien op.116 alternent Capriccios véhéments et Intermezzos profonds dans une écriture quasi orchestrale. Les Intermezzi op.117 sont d'une poésie pénétrante, «  trois paysages d'automne qui restent tous dans la demi-teinte, le clair-obscur, chers au Brahms de la vieillesse » dira Claude Rostand. Dans les

Proserpine,

Jean-Baptiste LULLY : Proserpine, tragédie lyrique en cinq actes, d'après un livret de Quinault.  Cyril Auvity, Salomé Haller, Stéphanie d'Oustrac, Blandine Staskiewicz, Hjördis Thébault.  Le Concert Spirituel, dir. Hervé Niquet. 2CDs Glossa en livre-disque : GES 921615-F.  TT : 75’25 + 76’55.

On revient à Lully et c’est une bonne chose. Une reprise d'Atys nous est même promise à l’Opéra Comique d’ici peu. Écrite en 1680, la tragédie lyrique Proserpine, a été remontée en 2006 à l'Opéra royal de Versailles, grâce à l'opiniâtreté du chef Hervé Niquet. Moins célèbre qu'Atys ou Armide, c'est là une œuvre appartenant à la dernière manière du musicien. Il y compense une faible théâtralité par un développement musical luxueux culminant dans des divertissements dansés aussi frais que variés. Il s'agit d'une élégie amoureuse, celle de la belle Proserpine élevée par Pluton dans la campagne sicilienne au pied du mont Etna, qui se morfondra aux Champs-Élysées, et finalement devra partager son temps entre terre et royaume des ombres, tour à tour

Charles-Marie WIDOR (1844-1937)

Charles-Marie WIDOR (1844-1937) : 3e Symphonie (extraits), 4e Symphonie, 5e Symphonie(extraits).  Marie-Andrée Morisset-Balier au grand-orgue de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen.  ASO (8, rue de Maussion, 76000 Rouen) : 2008 M.  TT : 66’33.

C’est avec un vif plaisir que nous rendons compte de cet excellent disque, nouvelle occasion d’apprécier le superbe Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Ouen, ainsi que le talent de sa titulaire, Marie-Andrée Morisset-Balier.  Celle-ci avait déjà enregistré, à côté d’œuvres de Franck et de Vierne, la célèbre Symphonie gothiquede Charles-Marie Widor, œuvre avec laquelle, justement, l’organiste de Saint-Sulpice avait inauguré, en 1890, l’orgue de Saint-Ouen.  Ce sont ici, à nouveau, des pages de trois des dix Symphonies pour orgue de Widor qui sont enregistrées.  Aux trois extraits de la 3e Symphonie - où la pompe de la Marche initiale et la splendeur du Final encadrent un Adagio méditatif - succède la 4e Symphonie dans son intégralité.  À une Fugue

Winterreise.

Franz SCHUBERT : Winterreise.  Hybrid’music (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : H1815. TT : 71’56.  7 € [sic].

Mario Hacquard (baryton) et Georges Dumé (piano) - animés par un solide esprit d’équipe et en pleine connivence - proposent une version discrète, avec toute la simplicité requise, du Voyage d’hiver, trop souvent galvaudé.  Aucune peinture d’atmosphère ne leur échappe : tour à tour énigmatique, espiègle, légère, volubile, mais aussi dramatique, énergique ou pesante et grave. L’excellent chanteur français s’impose par sa parfaite diction, sa prononciation allemande.  Le pianiste, par ses recherches de sonorité, son sens de la progression rythmique et du dialogue avec le chanteur, est un accompagnateur idéal. Ces « miniatures », très agréables à entendre et dont les discophiles ne se lasseront pas, brillent par la sûreté de leur goût : pour un plaisir partagé par Franz Schubert, interprètes et auditeurs.

Les sept dernières paroles du Christ (orgue)

oseph HAYDN : Les sept dernières paroles du Christ (orgue).  Hortus (Développement GIE, 2, rue Diderot, 92600 Asnières, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : HORTUS 057.  Distr. Codaex.  TT : 54’22.

Vincent Genvrin est l’auteur de la transcription pour orgue des Sept dernières paroles de Notre Rédempteur sur la Croix (1787). Sa version s’impose, à côté de celles pour orchestre, quatuor à cordes, piano et oratorio.  Elle est interprétée à l’orgue François Henri Clicquot de l’église Saint-Nicolas-des-Champs (Paris), bien que, selon ses propres termes : « …l’instrument choisi, un prestigieux Clicquot, se trouve aujourd’hui dans un état de déréliction préoccupant », ce qui n’empêche pas l’excellent organiste d’en tirer le meilleur parti possible. Il utilise souvent le grand chœur dans les parties massives ; des anches (flûtes, hautbois, trompettes) pour illustrer le caractère plus méditatif des Paroles ; le cornet, très expressif, sur : « Tout est accompli », ou encore la voix humaine sur : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

Winterreise.

Franz SCHUBERT : Winterreise.  Hybrid’music (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : H1815. TT : 71’56.  7 € [sic].

Mario Hacquard (baryton) et Georges Dumé (piano) - animés par un solide esprit d’équipe et en pleine connivence - proposent une version discrète, avec toute la simplicité requise, du Voyage d’hiver, trop souvent galvaudé.  Aucune peinture d’atmosphère ne leur échappe : tour à tour énigmatique, espiègle, légère, volubile, mais aussi dramatique, énergique ou pesante et grave. L’excellent chanteur français s’impose par sa parfaite diction, sa prononciation allemande.  Le pianiste, par ses recherches de sonorité, son sens de la progression rythmique et du dialogue avec le chanteur, est un accompagnateur idéal. Ces « miniatures », très agréables à entendre et dont les discophiles ne se lasseront pas, brillent par la sûreté de leur goût : pour un plaisir partagé par Franz Schubert, interprètes et auditeurs.

Les sept dernières paroles du Christ

Joseph HAYDN : Les sept dernières paroles du Christ (orgue).  Hortus (Développement GIE, 2, rue Diderot, 92600 Asnières, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : HORTUS 057.  Distr. Codaex.  TT : 54’22.

Vincent Genvrin est l’auteur de la transcription pour orgue des Sept dernières paroles de Notre Rédempteur sur la Croix (1787). Sa version s’impose, à côté de celles pour orchestre, quatuor à cordes, piano et oratorio.  Elle est interprétée à l’orgue François Henri Clicquot de l’église Saint-Nicolas-des-Champs (Paris), bien que, selon ses propres termes : « …l’instrument choisi, un prestigieux Clicquot, se trouve aujourd’hui dans un état de déréliction préoccupant », ce qui n’empêche pas l’excellent organiste d’en tirer le meilleur parti possible. Il utilise souvent le grand chœur dans les parties massives ; des anches (flûtes, hautbois, trompettes) pour illustrer le caractère plus méditatif des Paroles ; le cornet, très expressif, sur : « Tout est accompli », ou encore la voix humaine sur : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

HAYDN à Paris.  Ricercar

HAYDN à Paris.  Ricercar (Outher S.A., rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC 277.  TT : 68’54.

La célébration du bicentenaire de la mort de Fr. J. Haydn (1732-1809) stimule la production discographique.  L’Ensemble Les Agrémens (dir. Guy Van Waas) rend hommage au compositeur qui a été présent à Paris, au « Concert Spirituel » (institution fondée en 1725) : d’où le titre de ce CD. L’engouement pour son œuvre également à la Société « La Loge Olympique », à Paris, est célèbre. Ce CD propose la Symphonie en sib majeur (« La Reine ») et celle en fa# mineur (« Les Adieux »), œuvres accueillies avec enthousiasme dans la capitale, et la Symphonie en majeur de J. M. Kraus, en 3 mouvements (deux Allegro et un Andante méditatif central), de la même veine, d’ailleurs publiée sous le nom de Fr. J. Haydn. Ces trois œuvres bénéficient d’une excellente interprétation qui retiendra aussi l’attention des mélomanes du XXIe siècle.

« Un frisson francais »

« Un frisson francais » : un siècle de mélodies françaises.  Susan Graham, mezzo-soprano ; Malcom Martineau, piano. Onyx : 4030. TT :77'34.

Voici un disque qui sort vraiment de l'ordinaire : une anthologie de mélodies françaises présentant 22 compositeurs, dont quelques oubliés (Caplet, Bachelet, Paladilhe), représentés chacun par une seule pièce. Elle est conçue en cinq parties : les pères fondateurs cultivant la ligne musicale plus que le rythme (Au rossignol de Gounod) ; les postromantiques où priment la couleur vocale et le discours pianistique (Les cigales de Chabrier) au service d'atmosphères nocturnes parfumées, et qui n'évitent pas le caractère opératique (Duparc : Au pays où l'on fait la guerre) ; l'avènement du siècle nouveau, réaction contre la manière romantique, par le dépouillement du style (Le Paon de Ravel ) ou la modernité de l’harmonie (Messiaen : La fiançée perdue) ; le

« Amoureuses »

« Amoureuses ». Mozart, Haydn, Gluck : airs extraits d’opéras.  Patricia Petibon, soprano.  Concerto Köln, dir. Daniel Harding. Universal/DG : 00289 477 468. TT : 68'39.

La femme amoureuse est au cœur de l’art opératique. Belle idée que d’avoir rapproché trois compositeurs de l’époque classique qui lui ont dédiée des pages mémorables. Elle est d’abord tragédienne : la désespérée Giunia de Lucio Silla, là où la vocalise est une composante de l'approche dramatique et non pure prouesse technique ; la tragique Iphigénie à laquelle Gluck prête les plus nobles accents ; la magicienne Armide de Gluck encore, froide et calculatrice - un festin de choix pour l'interprète, dévorée de passion comme la chanteuse ici, jusqu'à émettre un son presque vampirisé.  Les affects d'Armide sont aussi traités par Haydn dans une aria d'une grande agitation. On retrouve encore l’épouse éplorée chez Euridice (L'anima del filosofo), ou

Gabriel FAURÉ

Gabriel FAURÉ : Requiem, op.48. Cantique de Jean Racine, op.11.  Sandrine Piau, soprano, Stéphane Degout, baryton.  Chœur Accentus, dir. Laurence Equilbey.  Naïve : V5137.  TT : 41'21.

Il était prévisible que Laurence Equilbey et Accentus abordent le Requiem de Fauré, une des pièces les plus emblématiques du répertoire choral - bien éloignée des Mozart, Brahms, sans parler de Verdi.  Fauré, qui disait avoir « voulu faire autre chose » y prend quelques libertés avec les textes liturgiques : omission du Dies iraedont n'est conservé que le Lux aeterna, modification de l'agencement des séquences, le Pie Jesu remplaçant le Benedictus.  On joue la version de 1873, pour formation de chambre sans violons.  Le sentiment d'intimité en sort renforcé, d'intériorité aussi. Comment ne pas s'arrêter sur ces instants magiques que sont l’Hostias, le Pie Jesu, la dernière partie du Lux aeterna, affirmation de vérité, et bien sûr le in Paradisium où l’art de la

Johannes BRAHMS

Johannes BRAHMS : Quatuors pour pianos et cordes n°1, 2, 3.  Renaud Capuçon, violon ; Gautier Capuçon, violoncelle ; Gérard Caussé, alto ; Nicholas Angelich, piano. 2CDs Virgin Classics : 50999 519310 2. TT : 76'03 + 51'59.

Brahms est souvent à son meilleur dans l’univers de la musique de chambre. Ses quatuors pour piano et cordes reflètent sa personnalité. Le Quatuor op.25, le plus joué des trois, a, lors de sa création en 1861, avec Clara Schumann au piano, pu déconcerter. Pourtant quelle richesse thématique, notamment dans l'introduction « ruisselante de musique » selon Claude Rostand. L'intermezzo qui tient lieu de scherzo, livre des clairs-obscurs subtils. Les « Capuçon and friends », s'ils font ressortir la liberté contrapuntique d'une œuvre aux multiples facettes, en proposent une exécution quelque peu détachée à force de vouloir allèger la texture. Le refus du rubato, de l'expansion romantique n'évite pas une certaine placidité ; encore que le final,

Wolfgang Amadeus MOZART

Wolfgang Amadeus MOZART : Sérénade KV 360 Gran Partita.  Alban BERG : Concerto de chambre pour 13 instruments à vent, piano et violon.  Mitsuko Uchida, piano, Christian Tetzlaff, violon. Ensemble Intercontemporain, dir. Pierre Boulez.  Decca : 478 0316. TT : 80’18.

Il peut paraître singulier de rapprocher la Sérénade Gran Partita de Mozart du Concerto de chambre de Berg ; encore que les deux pièces requièrent le même nombre d'instruments, treize, et à vent dans les deux cas, outre un piano et un violon chez Berg ; comme improbable de voir Pierre Boulez diriger Mozart – ce qu’il fit pourtant à Salzbourg, l’été 2006, dans cette même œuvre. Il y a selon lui, une même culture du chant et de la mélodie chez ces deux musiciens de théâtre, et dans les variations créées par l'un et l'autre « la même richesse, la même prolifération d'idées ». Dans la Sérénade l'accent est mis sur les contrastes de climat et les combinaisons de timbres. Voilà un Mozart en pleine lumière (menuetto décidé), sans afféterie (adagios au

Vincenzo BELLINI

Vincenzo BELLINI : La Sonnambula.  Cecilia Bartoli, Juan Diego Florez, Ildebrando D'Arcangelo.  Orchestre La Scintilla Zürich, dir. Allesandro de Marchi.  2CDs Decca/L'Oiseau Lyre : 478 1087.  TT : 59'10 + 75'01.

Cette Sonnambula en CD signe plusieurs premières : l’interprétation du melodramma de Bellini sur instruments d'époque, dans sa version originale telle que créée par Giudita Pasta, mais immortalisée par Maria Malibran ; avant qu'il ne soit pris d'assaut moyennant quelques ajouts, par les sopranos colorature.  Cecilia Bartoli, qui s’est fait un devoir de ressusciter le répertoire de la Malibran, confie combien le rôle est en fait confortable pour une voix de mezzo-soprano. Première rencontre au disque aussi entre Bartoli et J.D.Florez, le tenorissimo belcantiste du moment. Le résultat est à la hauteur de l'annonce. Alors même que la direction d'orchestre est comme une révélation. Alessandro de Marchi qui dirige la Scintilla zurichoise, s'empare à bras le corps

Antonio VIVALDI

Antonio VIVALDI : La Fida Ninfa.  Sandrine Piau, Veronica Cangemi, Marie-Nicole Lemieux, Sarah Mingardo, Philippe Jaroussky, Topi Lehtipuu, Lorenzo Ragazzo.  Ensemble Matheus, dir. Jean-Christophe Spinozi.  3CDs Naïve : OP30410.  TT : 59'33 + 66'15 + 63'51.

Autre merveille de la production opératique de Vivaldi que La Fida Ninfa, créée en 1732 à Vérone. L’offre dramatique limitée d'un sujet bucolique convenu, Vivaldi la transfigure par une musique infiniment inventive, sans cesse renouvelée : myriade d'arias da capo propres à peindre les affects, mais aussi ensembles, duetto – par exemple entre contralto et contre-ténor – trio et même quatuor vocal, récitatifs aussi intenses que vivants. L'écriture vocale fort complexe offre un redoutable challenge aux interprètes, tels ces arias di bravura où le mot virtuosité est peu dire devant la pyrotechnie étourdissante demandée, mais aussi ces cantilènes au débit alangui.  Partout ses talents de contrapuntiste sont en évidence, rythmes orchestraux sertissant de près

  Manuscrit de Bauyn

Manuscrit de Bauyn : pièces de clavecin de Louis COUPERIN, Luigi ROSSI, Girolamo FRESCOBALDI, Johann Jakob FROBERGER.  Benjamin Allard, clavecin. Hortus : 035.  TT : 56'27.

La manuscrit de Bauyn, du nom d’un riche financier mélomane du XVIIe siècle, qui renferme quelque 350 pièces composées entre 1640 et 1650, fait figure de corpus de référence pour  la musique française de clavecin. Plusieurs compositeurs se partagent la vedette éditoriale. À commencer par Louis Couperin.  Les Pièces en la et en fa, qui se distinguent par leur imagination harmonique, sont bâties sur le triptyque allemande-courante-sarabande, suivi d'une ou plusieurs pièces conclusives, de danse aussi (La Piémontoise dans la premier cas, un Bransle de Basque et une Chaconne dans le second).  Froberger, musicien allemand (1616-1667), organiste de la chapelle impériale à Vienne, vécut aussi à Paris. Ses compositions savantes sont fort

 Marin MARAIS

Marin MARAIS : Pièces de viole, Sarabande à deux violes.  SAINTE-COLOMBE : Concert XLVIII.  Josh Cheatham, Julien Léonard, violes de gambe.  Skip Sempé, clavecin.  Paradizo : PA0006. TT : 65'46.

Ancêtre du violoncelle, la viole de gambe ou basse de viole est l’instrument par excellence du baroque français. Magnifiée par des luthiers célèbres, elle offre une résonance et une puissante sonorité, outre cette vibration particulière qui la rend proche de la voix humaine ; sans parler de sa propension à la mélodie et à l'ornementation. Grand maître de l'instrument, interprète et compositeur, Marin Marais cultive «  une alternance fascinante entre le populaire et le chic » souligne Skip Sempé. Ses Pièces de viole avec accompagement de clavecin renferment tous ces mouvements de danse qui font florès dans la musique française baroque, l'élégiaque Sarabande, la Gigue alerte, l'Allemande décidée et autres Courante labile. Certaines sont dénommées,

Antonio VIVALDI

Antonio VIVALDI : L'Estro Armonico.  Bonus DVD : The Four Seasons MosaicTafelmusik Baroque Orchestra, dir. Jeanne Lamon.  Elisabeth Wallfisch, violon.  DHM : 88697190442. TT : 63’30 (CD) + 54'08 (DVD).

C’est avec L’Estro Armonico que Vivaldi, en 1711, a imposé la forme du concerto grosso initié par Corelli à la fin du XVIIe siècle.  L’Estro Armonico est un recueil de douze concertos comportant des formules rythmiques et mélodiques très audacieuses pour l’époque. L’écriture virtuose, cependant, ne nuit en aucune façon à la profondeur expressive soutenue par une forte tension intérieure. Si l’œuvre a été maintes et maintes fois enregistrée, ce nouvel album n’est en aucun cas un remake. Le Tafelmusik Baroque Orchestra fait preuve d’une énergie débordante dans un parcours à la fois volubile et empreint de sensibilité. En bonus, un DVD propose une expérience originale : The Four Seasons Mosaic. Les Quatre Saisons sont revisitées par

Sources : Monodies et polyphonies médiévales.  Mora Vocis : MOVO 1-2007. TT : 61’23.

Ces vingt pièces interprétées par l'ensemble vocal féminin Mora Vocis chantent l’eau et les sources dans le répertoire de la musique sacrée occidentale du XIe au XVe siècles.  Profondeur des eaux souterraines, fleuves débordants, force régénératrice ou purificatrice, la musique de l'eau parle en un langage universel qui convie l'auditeur à un rapport fluide avec le temps. La qualité vocale de Mora Vocis est remarquable de pureté et de limpidité. On peut également apprécier le choix des pièces issues de divers manuscrits (Bamberg, Hildegarde de Bingen, Burgos…), couvrant cinq siècles de musique monodique et polyphonique. L'album est accompagné d'un livret explicatif très complet tant au plan de l'interprétation que des principes fondamentaux de