Café 1930.  Tangos

Café 1930.  Tangos. Ensemble Contraste : Geneviève Laurenceau (violon), Arnaud Thorette (alto), Raphaël Merlin (violoncelle), Johan Farjot (piano, direction musicale). Zig-Zag Territoires (www.zigzag-territoires.com) : ZZT 090103.

Pour cette merveilleuse anthologie tanguera, les solistes & le Chœur de Paris-Sorbonne (dir. Denis Rouger), Raphaël Imbert (saxophone) et André Ceccarelli (batterie) se sont joints aux virtuoses du juvénile ensemble Contraste.  Savants arrangements, par Denis Rouger (nouveau chef de l’Orchestre Paris-Sorbonne), de tangos historiques : La Paloma, La Cumparsita, Adiós Muchachos, El día que me quieras, mais aussi de plus récents, d’Astor Piazzolla : Adiós Nonino, Oblivion, Café 1930, Contraste, La Misma Pena, Milonga del ángel, Invierno Porteño, Tangata, Saint-Louis-en-l’Île…  Une réalisation qui fera date !

Night’Dream.

Night’Dream.  Marianne Piketty (violon), Pascal Contet (accordéon).  Maguelonne (www.maguelonne.com) : MAG 111.174.  Integral Distribution.  TT : 54’02.

Par deux artistes familiers des musiques d’aujourd’hui, voici rassemblées – dans une alchimie de timbres à tout le moins peu banale – des œuvres d’Astor Piazzolla (Night Club 1960), Graciane Finzi (Impression Tango), Ernest Bloch (Vidui et Nigun), Laurent Mettraux (Émergences), Bernard Cavanna (Les Disparus), Joëlle Léandre (Blue Butterfly), Renaud Gagneux (Trois nouvelles danses populaires) et… Béla Bartók (Six danses roumaines).  Tout à fait convaincant !

Sinfonie a Cinque, op. 2.

Tomaso ALBINONI : Sinfonie a Cinque, op. 2.  Ensemble 415 (violon & direction : Chiara Banchini).  Zig-Zag Territoires : ZZT 090202.

Surtout connu pour un Adagio apocryphe (composé quelque 200 ans après sa mort), Albinoni n’est pas encore sorti d’un fâcheux purgatoire.  Ainsi son œuvre immense reste-t-elle à découvrir : 10 recueils imprimés, comprenant force pièces profanes (sonate, concerti, balleti, cantate, serenate) ou sacrées, sans préjudice de… plus de 50 opéras ! Ne manquez pas le premier enregistrement de ces six Sinfonie a Cinque - à l’origine du futur concerto venexiano.

ierre Hamon, flûtes

Hypnos.  Pierre Hamon, flûtes.  Zig-Zag Territoires (www.zigzag-territoires.com) : ZZT 090101.

Entouré de vièles, cistres, luth médiéval, tambourins et guimbarde, le multi-flûtiste Pierre Hamon a ici réussi le tour de force d’allier musiques contemporaines et musiques médiévales : pièces de son cru, mais aussi de Philippe Schœller et Mario Lavista, pour flûte à bec ténor, flûte Bansuri, Kuisi femelle (sic) ou flûte double.  Pièces traditionnelles arménienne, sépharade, bretonne, italiennes, ainsi que de Guillaume de Machaut (Dame je weil endurer / Comment qu’à moy lointaine).  Bien davantage qu’une curiosité !

Pièces pour violoncelle & piano.

Max REGER : Pièces pour violoncelle & pianoSonates n°1, op.5.  Sonate n°2, op.28.  Alexandre Kniazev (violoncelle), Edouard Oganessian (piano).  Saphir (www.saphirproductions.net) : LVC 1101.  TT : 74’01.

Voilà un compositeur à réhabiliter - du moins en France.  Musiques souvent aimables et élégantes, même si d’autres sont graves, voire convulsives.  C’est, bien sûr, dans des pièces de genre telles que celles-ci que transparaît son caractère avenant.  Cependant que ses sonates, notamment l’opus 28, sont plus tumultueuses.  À découvrir !

Sonates pour violon & piano

MENDELSSOHN, JANÁČEK, R. STRAUSS : Sonates pour violon & piano.  Gérard Poulet (violon), Ludmilla Berlinskaïa (piano).  Saphir (www.saphirproductions.net) : LVC 1087.  TT : 67’32.

Voilà, heureusement regroupées, trois sonates peu connues, signées pourtant d’illustres compositeurs.  Magnifiquement servies par deux interprètes dont il n’est plus besoin de vanter les qualités lyriques.

Sonate en sib majeur

SCHUBERT : Sonate en sib majeur, D 960. SCHUBERT/LISZT : Der Müller und der Bach / Der Doppelgänger / Valse-Caprice n°6.  Frédéric D’Oria-Nicolas, piano.  Fondamenta : FON 2008-01.  Integral Distribution.  TT : 62’13. 

Avec la Sonate D 960, opus posthume, achevée en 1828, Schubert enterrait définitivement l’ère du classicisme viennois et livrait, en quelque sorte, son propre testament.  Prix 2005 de la Révélation classique de l’Adami, Frédéric D’Oria-Nicolas nous en offre ici une austère lecture.  Interprétation hallucinée du terrifiant Doppelgänger… Avec la Valse-Caprice n°6, nous retrouvons, en revanche, toute l’élégance de l’esprit viennois.

Die schöne Müllerin.

SCHUBERT : Die schöne MüllerinNathalie Stutzmann (contralto).  Inger Södergren (piano).  Calliope (www.calliope.tm.fr) : CAL 9379.  TT : 66’01.

Rares sont les contraltos à aborder ce cycle.  Est d’autant plus précieuse cette interprétation de la grande Nathalie Stutzmann qui sait, à point nommé, adoucir - sans jamais le détimbrer - un organe d’une puissance exceptionnelle.  Parfaite communion expressive avec l’admirable pianiste suédoise Inger Södergren.

Abbo Abbas. Polyphonies françaises & anglaises de l’an mil

Abbo Abbas. Polyphonies françaises & anglaises de l’an mil.  Ensemble Dialogos (www.ensemble-dialogos.org), dir. Katarina Livljanić.  Ambronay Éditions : AMY 017.  TT : 64’08.

Ensemble de musique médiévale fondé en 1997 par Katarina Livljanić [notre photo], Dialogos aborde de manière originale les répertoires les plus archaïques.  Issues de manuscrits de Cambridge, de la Bibliothèque nationale de France, de Fleury, de la Biblioteca Apostolica Vaticana, d’Orléans ou de Dijon, les pièces de son répertoire ont été, le plus souvent, soit transcrites par Susan Rankin ou Wulf Arlt, soit mélodiquement reconstruites par le chef de chœur elle-même, Katarina Livljanić.  Pures merveilles !

Platero y yo, de Juan Ramón Jiménez

Platero y yo, de Juan Ramón Jiménez.  Musique : Mario Castelnuovo-Tedesco.  Clément Riot (narrateur) & Miguel-Ángel Romero (guitare).  Oui’dire : ODL 665 et 666. TT : 123’.

La poésie est au rendez-vous dans cet album idéaliste et enchanteur qui met en scène le poète Juan Ramón Jiménez (1881-1958) et Platero, figure mythique de l’âne compagnon au pays andalou. On est projeté hors du temps, au fil des saisons, dans un univers où les animaux et la nature sont humanisés avec chaleur et tendresse dans le cadre d’un village espagnol. Les vingt-huit textes, interprétés avec force expression par Clément Riot, sont soutenus par une musique éloquente de Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1968) en une suite de petits poèmes symphoniques aux harmonies élégantes et simples mais raffinées.  Interprétée par le jeu délicat et sensible du guitariste Miguel-Ángel Romero, la musique souligne le texte, le renforce ou le complète, sans redondance ni exagération, apportant sa touche parfois discrète mais indispensable.  Une bouffée d’air frais dans ce monde où la poésie est si souvent absente !

Toccata Festiva

Toccata Festiva : œuvres de Barber, Widor, Boëllmann, Gigout.  Jean-Pierre Ferey (piano) & Frédéric Ledroit (orgue & harmonium).  Skarbo : DSK4078.  TT : 61’08.

Piano et orgue, piano et harmonium, Jean-Pierre Ferey et Frédéric Ledroit s’investissent ici dans des duos inhabituels mais d’un intérêt incontestable. La Toccata Festiva de Samuel Barber (1960), d’un caractère festif et résolu encadrant des épisodes méditatifs, côtoie les Scènes du Moyen Âge de Léon Boëllmann (1893), signe du retour en grâce du Gothique à la fin du XIXe siècle, toutes en élégance et en clarté structurelle.  Plus légères et gracieuses sont les pièces pour piano et harmonium de Widor et de Gigout, deux grands maîtres de l’orgue qui n’ont pas hésité à côtoyer la musique de salon.  Les Six Duos pour piano et harmonium de Widor (1891) contrastent avec ses huit premières symphonies pour orgue.  Les douces mélodies s’adaptent au goût aimable de la société bourgeoise du XIXe siècle, toutes de charme et de sensibilité. Le duo Ferey-Ledroit nous offre dans cet enregistrement de véritables instants de bonheur dans une interprétation délicate et mesurée, sans emphase ni ostentation. De l’élégance et du savoir-faire !

Song Book, vol.2.

Cécile CORBEL : Song Book, vol.2.  Bran Music : RSCD287. Distrib. : Keltia Music. TT : 49’06.

Légendes de Bretagne, brumes d’Écosse et fées d’Irlande sont au rendez-vous dans ce nouvel album de la harpiste-chanteuse bretonne.  Cécile Corbel, de sa voix limpide et assurée nous ouvre tout un monde de mythes et légendes dans un univers musical envoûtant et dynamisant, soutenu par des arrangements d’une grande qualité. Fruit d’un travail de deux années sur les routes, sur scène ou en studio, ce nouvel album ne décevra pas les fans de cette magicienne de la musique celtique.  Une voix expressive et bien posée, des cordes suaves et discrètes, une pointe d’orientalisme (Innocence), une harpe fluide mais présente, la musique de Cécile résonne en chaque auditeur comme si elle faisait partie de lui-même… c’est magique ! Une valeur sûre du folk celtique qui nous plonge dans un monde enchanteur.

Écriture du désastre.

Écriture du désastre.  Olivier Aude (guitare & traitements), Wilfried Wendling (électronique & traitements), Nicolas Senty (voix).  In Circum Girum : ICG 0707-1. Distr. : Socadisc Europe.  TT : 54’34.

Cet enregistrement propose un projet original : le mariage d’aphorismes philosophiques et d’improvisations autour de traitements électroniques sur des textes de Maurice Blanchot, Friedrich Nietzsche ou Sénèque. À l’inverse de la poésie, l’aphorisme philosophique permet la transmission du sens, ici source naturelle d’inspiration pour une réaction musicale spontanée. La performance d’Olivier Aude et de Wilfried Wendling est remarquable. Soutenant les textes interprétés avec force et vigueur par Nicolas Senty, la musique s’intègre dans un ensemble cohérent au sein duquel le sens émerge à tout moment.  Certes l’audition nécessite un lâcher-prise et une ouverture d’esprit indispensables pour s’autoriser à dépasser le seul niveau du langage. Mais l’expérience est convaincante et investit l’imaginaire dans un kaléidoscope sonore qui surprend à chaque instant.  À écouter et méditer.

For better times.

Andy EMLER, piano : For better times.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 53’49.

Personnalité atypique, catalyseur de rencontres et d’improvisations, Andy Emler est un pianiste éclectique trouvant son inspiration à des sources aussi variées que les musiques traditionnelles, folkloriques, rock, jazz ou classiques.  De formation classique, membre en 1986 de l’Orchestre national de jazz, compositeur reconnu et plusieurs fois récompensé par la critique, il nous propose, avec cet album solo, un dialogue imaginaire à plusieurs voix, solitaire et envoûtant, mêlant des mélodies évanescentes à des sonorités étonnantes parfois agressives, répétitives, mais toujours convaincantes. C’est une invitation au voyage… Laissons-nous embarquer !

Trios élégiaques n°1 et 2.

Serguei RACHMANINOV : Trios élégiaques n°1 et 2.  Régis Pasquier (violon), Roland Pidoux (violoncelle), Jean-Claude Pennetier (piano). Saphir Productions : LVC 1091. TT : 64’25.

Le label Saphir poursuit la publication de la musique de chambre de Rachmaninov.  Après l’enregistrement récent de sa sonate pour violoncelle et piano, ce sont aujourd’hui les deux trios élégiaques qui nous sont proposés dans une très belle interprétation.  Les instrumentistes, ici, s’écoutent, se répondent pour nous rendre, au mieux, ce climat d’intériorité et de mélancolie caractéristiques du compositeur. Ces deux compositions sont des œuvres de jeunesse composées respectivement en 1892 et 1893. Le premier trio, écrit en quatre jours, fut égaré pendant de nombreuses années et édité à titre posthume en 1947 ; le second, op. 9, composé à la mémoire de Tchaïkovski, de forme tripartite également, fut remanié plusieurs fois par le compositeur jusqu’à sa version définitive achevée en 1917.  Ces deux trios ont en commun l’expressivité de la ligne mélodique, un lyrisme chantant, un pessimisme hérité de l‘auteur de la Symphonie pathétique, bien rendus par la virtuosité du piano, la souplesse des cordes et la qualité de l’interprétation.

Nun Komm’Der Heiden Heiland.

Jean-Sébastien BACH : Nun Komm’Der Heiden Heiland. Préludes, Fugues &Chorals. Edna Stern (piano).  Zig-Zag Territoires (www.zigzag-territoires.com). TT : 65’42.

Pari réussi pour la pianiste Edna Stern qui veut rendre compte de la vocalité instrumentale dans l’œuvre pour clavier de J.-S. Bach.  Avec ce disque qui débute par le choral luthérien qui donne son nom à l’enregistrement, elle nous propose un parcours qui s’apparente plus à la cantate qu’à une suite abstraite de pièces (préludes et fugues) où la question de l’instrument devient secondaire pour laisser place à toute la ferveur et la transcendance de la musique du Cantor. Cette aspiration à la verticalité est attestée par la succession des différents chorals et la progression des tonalités faisant de ce disque un ensemble d’une rare cohérence. Une interprétation intelligente toute en nuances, riche en couleurs, où le piano développe toutes ses possibilités d’imitation vocale et orchestrale, avec, de plus, une remarquable prise de son qui donne à ce disque un supplément d’âme qui fait défaut dans de nombreux autres enregistrements. Puisque ce disque commence par un appel… Écoutons-le !

Bel Canto spectacular.

Bel Canto spectacularArias de DONIZETTI (La Figlia del Regimento, La Favorite, L'Elisir d'Amore, Linda di Chamounix, Lucrezia Borgia), BELLINI (Puritani), ROSSINI (Il Viaggio a Reims).  Juan Diego Flórez, ténor.  Avec Anna Netrebko & Patrizia Ciofi, sopranos, Daniela Barcellona, mezzo-soprano, et Martiuz Kwiecien, baryton.  Orquestra de la Communitat Valenciana, dir. Danel Oren.  Decca : 478 0135. TT : 76'.

Voilà un ténor chez lui. Si le titre reste aguichant, le résultat est là, indéniable : un vrai maître du bel canto. Comme démontré au Royal Opera de Londres, Donizetti est un idiome qui lui va comme un gant.  L'agilité vocale dans les fioritures n'a d'égale que la facilité d'émission couronnée par une quinte aiguë rarement aussi nette, sans effet disgracieux. On peut en juger dans l'air de La Fille du régiment, donné ici dans sa version italienne, avec ses neuf contre-ut en cascade. Mais notre homme possède bien d'autres talents que celui de distiller les top notes : « Ange si pur » tiré de La Favorite compose un ardent portrait de l'aimée, tout comme l'aria de Lucrezia Borgia, dans un contexte plus sombre.  Les airs de Linda di Chamounix sont des moments

« Souvenirs ».

« Souvenirs ».  Airs de : Emmerich Kalman, Richard Heuberger, Franz Lehár, Gustave Charpentier, Jacques Offenbach, Richard Strauss, Edvard Grieg, André Messager, Antonin Dvořák, Nikolaï Rimsky-Korsakov, Reynaldo Hahn, Andrew Lloyd Weber, Carlos Gustavino...  Anna Netrebko, soprano. Avec Elina Garanca, mezzo-soprano, Piotr Beczala, ténor, Endrew Swait, sopraniste. Prague Philharmonic Choir, Prague Philharmonia, dir. Emmanuel Villaume.  DG : 477 7451. TT : 62’59.

C’est un bien curieux album de souvenirs que nous offre la grande chanteuse russe.  Star system oblige, les divas aiment à livrer leurs secrètes pensées et leurs plus beaux clichés. Pourquoi pas, si le résultat est à la hauteur des espérances. Ces pièces chères à son cœur, qui lui rappelent des moments spéciaux de sa (jeune) carrière, nous font voyager à travers les genres et côtoyer les compositeurs les plus divers. Elle nous dit être décidée à se faire plaisir.  Nous fait-elle vibrer ? Rien n'est moins sûr. Un charme vocal à revendre, une technique parfaite, le challenge des différentes langues - comme Rita Streich naguère – ne peuvent cependant masquer un manque de style.  On ne passe pas si aisément d'un compositeur à l'autre, même avec une

Images pour piano.

Claude DEBUSSY : Images pour piano.  Cl.Arrau, A.Benedetti Michelangeli, J.Doyen, M.-F.Gaillard, W.Gieseking, M.Meyer, I.Paderewski, A.Rubinstein, R.Vines.  Collection « in Memoriam ».  Ysaÿe Records : IM01. TT : 74’29.

Autres trésors d'archives : les Images pour piano de Debussy, jouées par les grands maîtres du clavier de la première moitié du XXe siècle, dans des enregistrements réalisés entre 1926 et 1949.  Fascinantes comparaisons puisque, pour chacune des six pièces qui constituent le cycle, sont proposées plusieurs interprétations, de une à six selon les morceaux.  Dans son article introductif, la compositrice Betsy Jolas souligne la difficulté de bien jouer Debussy au piano : les tempos constamment fluctuants, les climats changeants, le pianisme fait d'une multitude d'indications. Et de se demander « s'il existe une véritable tradition de l'interprétation de l'œuvre pianistique de Debussy ».  Elle dit encore être frappée « de constater nombre d'inexactitudes », et

Serge RACHMANINOV.

Serge RACHMANINOV.  Édition intégrale de l'œuvreArtistes variés.  31CDs.  Brillant Classics : BRIL 9013.

La vogue des coffrets intégraux à petit prix ne se tarit pas : après les longues boîtes Mozart ou Beethoven, et avant sans doute tout Haydn, voici Rachmaninov (1873-1943), le compositeur russe célébré pour sa faconde interprétative, et peut-être victime de sa prise en sandwich entre Prokofiev et Chostakovitch.  L'intérêt du coffret est de proposer l'ensemble d'une œuvre multiforme qui va du symphonique (dont lle des Morts) à l'opéra (la trilogie Aleko-Miserly Knight-Francesca da Rimini, mais aussi le moins connu Mona Vanna) en passant par la musique de chambre (un magistral Trio élégiaque, interprété ici par le Trio Borodine) et le piano bien sûr, auquel il a tant donné, comme interprète de talent lui-même.  On n’aurait garde d'oublier la musique

Anton BRUCKNER : Symphonie n°4.

Anton BRUCKNER : Symphonie n°4.  Lucerne Festival Orchestra, dir. Claudio Abbado.  Lucerne Festival : 640125 120455. Distrib. Festival de Lucerne (Hirschmattstrasse 13, PO. Box, CH-6002 Lucerne). TT : 64’15.

Voilà un disque qui sort de l’ordinaire.  Reflet des concerts donnés au festival de Lucerne l'été 2006, mais enregistré lors d'une tournée au Japon en octobre de la même année, cette exécution de la 4e Symphonie de Bruckner est marquée au coin du génie. L'orchestre du Festival de Lucerne assemble autour du chef Claudio Abbado, depuis 2003, des musiciens du Mahler Chamber Orchestra (déjà formé à l'instigation de Abbado), des premiers pupitres de grands orchestres européens, comme le Berliner, des solistes de renom, telles Sabine Meyer, Tatiana Vassiljeva, Béatrice Muthelet, et enfin des membres de formations de chambre, tels Clemens Hagen du Quatuor du même nom, ou Valentin Erben, de feu les ABQ.  C'est dire la perfection

Gustav MAHLER : Symphonie n°3.

Gustav MAHLER : Symphonie n°3.  Anna Larsson, Triffin Boys Choir, London Symphony Chorus.  London Symphony Orchestra, dir.Valery Gergiev.  2CDs LSO : LSO0660. TT : 92'10.

L'intégrale Mahler dirigée par Valery Gergiev se poursuit avec des fortunes diverses. La troisième symphonie qui suscita des réactions diverses à sa création, et qui selon son auteur « doit tout embrasser », explore un monde sonore très vaste. C'est peut-être, hormis l'énorme huitième, la plus excessive du lot.  Gergiev en souligne l'aspect puissament suggestif ou, au contraire, se complaît en des ralentis et des ppp extrêmes dans lesquels il semble comme s'écouter. Tout le contraire de la souple rigueur d'un Boulez ou de l'équilibre souverain d'un Abbado.  Reste que le chef russe excelle à dégager les traits grotesques qui parsèment une partition aux multiples facettes. Le climat très sombre du premier mouvement, avec ses coups de boutoir de la grosse