Gustav MAHLER (1860-1911). Symphonie n° 2 dite « Résurrection». Orchestre National de Lille & Chœur Philharmonique Tchèque de Brno, dir. Jean-Claude Casadesus. Olena Tokar, soprano. Hermine Haselböck, mezzo-soprano. 2 CDs Evidence Classics. TT : 84’.

Pour célébrer, à la fois, les quarante années passées à la tête de l’Orchestre National de Lille et le passage de témoin au jeune chef Alexandre Bloch, Jean-Claude Casadesus a choisi d’enregistrer pour le label Evidence Classics une de ses œuvres fétiches, la Symphonie n° 2 dite « Résurrection » de Gustav Mahler. Une œuvre monumentale, ô combien emblématique de cette passation de pouvoir qui se veut un changement dans la continuité, ce dont témoignait, à l’époque, le compositeur en disant « Je mourrai pour vivre… ». Une partition que le chef lillois connait sur le bout des doigts pour l’avoir donnée à de nombreuses reprises. Un choix judicieux et heureux tant la qualité de l’interprétation qui nous est, ici, donnée semble à la hauteur de l’évènement. On sait que le corpus des symphonies de Mahler forme un tout cohérent. Cette deuxième symphonie s’inscrit dans la continuité de la première symphonie puisqu’il s’agit du héros de Titan qu’on enterre pour assister ensuite à sa résurrection mais elle s’en distingue par une recherche du monumental marquée par l’introduction d’un chœur et de voix solistes. Composée très rapidement sous l’emprise d’une force « venue d’ailleurs » qui le soulève, Mahler se compare à un instrument de musique dont joueraient « l’esprit du monde, la source de toute existence ». Elle se compose de cinq mouvements, une « cérémonie funèbre » (Totenfeier), un andante moderato, un

JEVTIC. SHOSTAKOVITCH. Trumpet Concertos. Eric Aubier, trompette. 1 CD Indésens : INDE 089. TT : 78’05.

Le label Indésens et le trompettiste français Eric Aubier poursuivent leur inlassable quête en vue de faire connaitre au plus grand nombre le répertoire très étendu de la trompette. Voici donc, une réédition compilant le fameux Concerto n° 1 pour piano, trompette et cordes de Dimitri Shostakovitch (1906-1975) et des œuvres quasiment inconnues du compositeur franco-serbe contemporain Ivan Jetvic (°1947) dont les Concertos n° 1 et 2 pour trompette et orchestre, Thème & trois variations pour trompette et deux quintettes de cuivres et la Suite concertante pour trompette, piccolo et cordes « Que le jour est beau ». Admirateur fervent de son ainé russe et amoureux de la trompette, son œuvre, importante, est largement dédiée à cet instrument, symbolisant pour lui vision de la lumière

DEBUSSY (1862-1918). Four-Hand Piano Music (2). Prélude à l’Après-midi d’un faune. La Mer. Images. Jean-Pierre Armengaud & Olivier Chauzu, piano. 1 CD Naxos : 8.573463. TT : 69’20.

La sortie d’un nouvel opus discographique de Jean-Pierre Armengaud est toujours un gage de qualité pianistique et une assurance d’originalité dans le choix du programme. Ce dernier enregistrement, faisant suite au Four-Hand Piano Music (1) paru en 2013, ne fait pas exception à la règle. Si le premier opus présentait des œuvres parfois peu connues de Debussy (Petite Suite, Marche écossaise, Epigraphes antiques, et Première Suite d’orchestre) celui là, en revanche, présente des œuvres célèbres pour orchestre. Cette fois encore, associé à son comparse Olivier Chauzu, il nous propose des transcriptions pour piano à quatre mains. Transcriptions d’œuvres orchestrales, à la fois l’Autre et le Même, le plaisir et l’originalité de l’écoute sont toujours au rendez vous. La transcription du Prélude à l’Après-midi d’un faune (1894) fut réalisée par Maurice Ravel en 1910 à la demande de l’éditeur Fromont. L’arrangement pour piano à quatre mains de La Mer fut

BRAHMS. BERG. Piano Works. Vincent Larderet, piano. 1 CD Ars Produktion : ARS 38 217. TT : 65’24.

Pour son dernier opus discographique le pianiste français Vincent Larderet a choisi de mettre en miroir, avec une certaine pertinence, Brahms (1833-1897) et Berg (1885-1935). Confrontation un peu surprenante au premier abord et pourtant…Comme pour ses précédents disques, souvent salués par la critique et le public, voilà un programme qui fait sens puisqu’il nous donne à entendre trois œuvres (Klaviersonate n° 3, op. 5. & Intermezzi, op. 117 de Johannes Brahms associés à la Klaviersonate, op. 1 d’Alban Berg) dans le souhait évident de donner corps à une certaine forme de tradition et de transition. Tradition et transition car les deux compositeurs s’inscrivent, à l’évidence, dans une filiation austro-germanique où Brahms représente l’accomplissement de l’époque romantique, tandis que Berg nous montre une porte qui s’ouvrira bientôt sur un autre monde, celui de la Musique Nouvelle de la Seconde Ecole de Vienne, dont témoigneront ses

NOVA EUROPA. Mélodies d’un monde en mutation. Ensemble Seconda Prat!ca, dir. Nuno Atalaia & Jonatan Alvarado. 1 CD Ambronay Editions : AMY 307. TT : 60’.

Pour un coup d’essai, voici un coup de maitre ! Pour son premier album (7e de la Collection Jeunes Ensembles du label Ambronay) le jeune ensemble Seconda Prat!ca nous donne à entendre ce remarquable enregistrement d’un monde en mutation. Sachant que la foi se transmet plus facilement et de façon plus durable par la musique et l’art que par les armes, portées par les jésuites chargés d’évangéliser les colonies d’Amérique du Sud, voici un recueil de musiques métissées mêlant, dans un savant syncrétisme, polyphonies sacrées et musiques amérindiennes. Ainsi naquit un baroque musical colonial permettant l’éclosion de chefs

MOZART. Concerto pour flûte et harpe. K. 299. Concerto pour flûte n° 1. K. 313. Andante K. 315. Orchestre de Chambre de Paris, dir & flûte. Philippe Bernold. Emmanuel Ceysson, harpe. 1 CD Aparte : AP 115. TT : 55’41.

 

Voici un bel album où la musique avoue immédiatement ses intentions hédonistes, tout y est clair, cantabile, pimpant voire galant, enlevé et dynamique pour un plaisir immédiat facilement accessible. Ces œuvres furent toutes composées entre Mannheim et Paris, répondant à des commandes d’amateurs éclairés, entrant dans le cadre de la musique de salon. Le Concerto pour flûte et harpe date de 1778, habile, brillant, virtuose, son originalité tient à son instrumentarium associant les timbres de la flute et de la harpe dans un constant dialogue avec l’orchestre. Le Concerto pour flûte n° 1 date de la même époque, permettant au soliste de faire montre d’une virtuosité étourdissante et au compositeur de son exceptionnel savoir faire, si l’on en doutait encore… L’Andante K. 315, contemporain des deux œuvres précédentes procède de la même veine, associant quant à lui, poésie et mélancolie du plus bel effet. L’interprétation de Philippe Bernold est sans aucun doute éblouissante, rejointe dans l’excellence par le jeu brillant d’Emmanuel Ceysson. Sa direction semble parfois un peu raide et les tempi choisis un peu rapides. Malgré ces quelques réserves, voici répétons le un bel album qui possède les défauts de ses qualités, à savoir peut être un peu trop de clarté et pas assez de mystère…

 

 

On n’est jamais si bien servi que par soi même, Cyprien Katsaris a crée son propre label, Piano 21, sous lequel il enregistre toutes ses musiques.
Avec “Les Affinités Electives“ célèbre roman de Goethe, Cyprien Katsaris donne le la, il va marier les époques, les styles, les genres et les compositeurs.
Cyprien Katsaris est un grand transcripteur et un grand improvisateur, aussi la moitié des morceaux sont des arrangements ou des compositions improvisées par Katsaris lui même “d’après“ tel ou tel compositeur.
Exceptés les deux premiers morceaux composés par Beethoven et Mendelssohn sur des poèmes de Goethe et qui donnent donc au CD son titre, Cyprien Katsaris use de ses propres affinités pour composer un programme qui court du XVII ème siècle à nos jours. Chaque élément et son pendant évoquent des images, soit par leur titre soit par leur contenu, comme des bandes annonces de films de cinéma faites pour glorifier l’œuvre d’un créateur. Ce sont des morceaux courts, brillants, choisis par goût mais aussi pour mieux mettre en valeur le jeu et l’inspiration du pianiste qui n’en manque pas. Un jeu qui rappelle la fougue de Cziffra, les froides envolées d’Horowitz mais aussi la rigueur sensuelle de Kempf lorsqu’il interprète Beethoven.

Œuvres de WA. MOZART, Maurice RAVEL, Mily BALAKIREV, Serge PROKOFIEV. Orchestre National de Belgique, dir. Georges Octors. 1CD Muso : MU-013 TT. : 60'20.

« Queen Elisabeth Competition - Frank Braley, piano 1991  ». Œuvres de WA. MOZART, Franz LISZT, Serge RACHMANINOV, L. van BEETHOVEN. Orchestre National de Belgique, dir. Ronald Zollman. 1CD Muso : MU-014. TT.: 71'40.


« La mémoire des concours »

Les éditions Muso ressuscitent les concours de la Reine Élisabeth de Belgique donnés en 1978 et en 1991 et gagnés respectivement par Abdel Rahman El Bacha et Franck Braley. Treize années entre les deux et le temps ne s’entend pas. Même perfectionnisme et même respect des partitions. Dans les deux CD, une sonate de Mozart, la n°17 en si bémol K 570 par Rahman El Bacha, et la n° 12 en fa majeur K 332 par Franck Braley. Ce dernier nous donne à entendre une sonate aérienne, jouée à la française, sans fioritures, les accords sont nets, tranchés et le tempo juste pour laisser une place aux nuances, même si parfois dans l’adagio, la pédale cherche à prolonger la mesure.

Œuvres de Johannes BRAHMS, Serge PROKOFIEV, György LIGETI, Ivan BOUMANS. Jean Muller piano. 1CD Soupir Éditions : S242.

Avec ce CD intitulé Reflets et symétries, Jean Muller nous emmène de Brahms à Ivan Boumans en passant par Ligeti et en concluant par Prokoviev. La sonate n°1 de Brahms est l’une des ses premières œuvres. Bien que certains trouvent qu’il tâtonne encore un peu, il affirme déjà ses préoccupations futures, grandeur symphonique, incursions dans la chanson populaire et dès le premier mouvement, influence de l’Hammerklavier de Beethoven, le Maître. Jean Muller en parfait analyste de la partition, restitue les intentions du compositeur et donne chair et matière à cette sonate qui pourrait sembler un peu immature si elle était jouée sans la fougue et le lyrisme que lui insufflent le pianiste. Le grand Brahms est déjà là. La symétrie du titre du CD est aussi clairvoyance de Jean Muller qui fait se refléter dans le Brahms, la sonate n°6 op 82 de Prokofiev. Une sonate qui démarre en trombe. C’est une sonate de guerre. Prokofiev ne voulait pas être

Avec ce CD enregistré récemment à Paris, Ilya Rashkovskiy nous fait voyager dans sa Russie natale de Moussorgski à Tchaïkovski, jusqu’à Rachmaninov. Avec cette musique à programme, il faut compter sur l’imagination fertile de l’auditeur pour découvrir les images des Tableaux d’une Exposition, courtes pièces suffisamment évocatrices pour que l’on puisse se passer de leur titre et qui nous emmènent de Kiev à Limoges. C’est le lot de cette musique de ne pas laisser voir mais de suggérer et il faut au pianiste un double talent : celui de transcrire fidèlement les visions du compositeur et celui d’interpréter (comme Freud le faisait des rêves) l’imaginaire du même compositeur. Ilya Rashkoskiy se lance à corps perdu dans cette tâche avec un rare brio et la virtuosité époustouflante propre à la tradition de l’école russe. Dès l’introduction, le thème de La promenade, en revenant périodiquement, soit en majeur soit en mineur selon les lieux, nous guide tout au long de l’exposition et permet au pianiste de ciseler d’emblée le sentiment de l’épisode qu’il annonce. Les effets sonores et surréels des Gnomes qui passaient jadis pour des maladresses (alors que Moussorgsky était un fantastique improvisateur) se cristallisent en une espèce de performance acrobatique qui sied à merveille à

Barbara Kusa, soprano, Eduardo Egüez, vihueliste. 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de) : ROP6136. TT : 53’12.

Barbara Kusa (soprano) s’impose d’emblée par sa voix limpide et lumineuse. Née en Argentine, elle a fait ses études à Buenos Aires, et s’est perfectionnée en musique ancienne auprès d’Alex de Valera, puis à Wurzbourg avec Renata Parussel. Elle a aussi participé à de nombreux stages et enseigne le chant au Conservatoire d’Arcueil. Elle est accompagnée par le guitariste et vihueliste argentin, Eduardo Egüez, qui enseigne en Amérique latine, en Europe et au Japon. Leur programme comporte 29 pièces vocales et instrumentales de musiciens espagnols, tels que Luis de Narvaez (1500-1555), Luis de Milan (v.1500-v.1561), Alonso Mudarra (v. 1510-1580), Esteban Daça (v. 1537-v. 1596), José Martinez de Arce (v. 1660-v.1721), Tomas de Torrejon y Velasco (1644-1728). Certaines sont conservées dans les archives de Bibliothèques, Monastères et Abbayes, par exemple, la pièce introductive : Vaya de fiesta (Allez festoyer) de Juan Manuel De

Johann Sebastian BACH : H moll Messe BWV 232. Chœur de l’Opéra de Stetin. Orchestre de Chambre du Marais, dir. Pascal Vigneron. 2CD QUANTUM (www.rondeau.de) : QM7081. TT : 49’01+44’39. . TT : 53’12.

Cette version est enregistrée par un plateau international : un chef et un orchestre de chambre français ; des choristes polonais appartenant au Chœur de l’Opéra de Stetin ; des solistes français : Sandrine Carpentier, Anne Maugard, Christophe Einhorn et Christophe Gautier, tous dirigés par Pascal Vigneron (né en 1963), trompettiste, organiste, chef d’orchestre, directeur artistique du Festival Bach de Toul, à la tête de son Orchestre de Chambre du Marais, ayant de nombreux enregistrements à son actif.

Felix MENDELSSOHN : Trios avec piano. Trio Pilgrim 1CD TRITON (www.disques-triton.com) : TRI 331206. TT : 66’ 08 + DVD.

Les œuvres d’orgue de Felix Mendelssohn (1809-1847) et ses Oratorios sont bien connus du grand public, et le Label TRITON a raison d’attirer l’attention sur son œuvre de musique de chambre, dont le premier Trio non publié remonte à 1820. Son deuxième Trio (op. 49), en ré mineur, a été composé en 1839, et celui en do mineur (op. 66) est, comme le rappelle Delphine Bardin, « la dernière grande œuvre de musique de chambre avec piano », elle date de 1845. Ces œuvres sont interprétées par le Trio Pilgrim bien connu, avec au piano : Delphine Bardin, au violon : Arno Madoni, et au violoncelle : Maryse Castello.

Nouveau Chœur de Garçons de Hambourg, dir. Rufus Beck 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ): ROP6131.  TT : 66’41.

Le Nouveau Chœur de Garçons de Hambourg, placé sous la direction de Rufus Beck (également acteur et lecteur), propose un Festival de neuf Leçons et Carols (chants anglais traditionnels pour Noël), complétés par des Récits autour de la Fête lus par Rufus Beck. Il s’agit d’abord de présenter le miracle de la naissance de Jésus avec des extraits bibliques et des histoires religieuses, autrement dit de commenter ces événements et de contribuer à cette grande fête. Toutefois, pour les Lessons, quelques adultes se sont joints pour accompagner les jeunes dans leur périple vers Bethléhem et pour intervenir dans les chœurs mixtes. En fait, ce disque s’appuie surtout sur l’ancienne tradition anglaise reposant sur des Christmas Carols que l’on peut entendre depuis toujours à Cambridge et en Angleterre.

Max REGER : Orgelwerke - Works for Organ. Ulfert Smidt. 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ) : ROP6131. CD : TT : 60’06.

 

En cette année 2016, pour célébrer le centenaire de la mort de Max Reger (1873-1916), Ulfert Smidt, organiste de la célèbre Église du Marché à Hanovre, a qualifié ce compositeur allemand — n’ayant pas encore gagné en France toute la place qu’il mérite — de « vainqueur de la crise » à son époque. Ce qualificatif est illustré par ses 2 grandes Fantaisies sur des chorals (op. 40) dans lesquelles Max Reger exploite magistralement les deux mélodies bien connues : Wie schön leucht’uns der Morgenstern (n°1, datant de 1899 et dédiée au théologien strasbourgeois Friedrich Spitta — à ne pas confondre avec Philipp, le biographe de Bach). Les premières strophes concernent l’Épiphanie, alors que la dernière, avec sa Fugue bien structurée, traduit l’espoir dans la Résurrection. La seconde Fantaisie : Straf’mich nicht in deinem Zorn (op. 40, n°2, 1899) — d’après le Psaume 38 — s’appuie sur le texte de J. B. Freystein (1697) et repose sur la mélodie en usage à Dresde en 1694. Une brève Introduzione grave  prépare l’exposition du choral si familier. Le compositeur spécule sur les contrastes. Il traite avec une grande liberté ses Fantaisies très développées.

2CDs ARTA (www.arta.cz ). Diffusion : CD DIFFUSION (www.cddiffusion.fr) : F10214. 2015.  TT : 75’53+ 76’47.

Les jeunes organistes et les Orgues d’Europe Centrale sont généralement moins connus  à l’Ouest du Continent. C’est pour remédier à cette lacune que le Label tchèque ARTA a publié deux disques fort instructifs, avec la participation d’élèves très avancés et de quelques invités qui se sont produit lors des Concours (2014 et 2015) de l’Academy of Performing Arts de Prague, à l’initiative de Jaroslav Tuma (né en 1956), organiste, claveciniste et pianofortiste Professeur au Conservatoire de Prague, qui a formé de nombreux instrumentistes.

Ensemble Venance Fortunat. 1CD MONTHABOR MUSIC (www.monthabor.com ) : 250028.  TT : 62’ 39 + DVD.

Ce coffret  de 2 disques revêt un tripe aspect : historique  — par son intitulé : Le chant des origines —, visuel — par les divers contextes — et commémoratif, car il marque la dernière réalisation du remarquable Ensemble Venance Fortunat (d’après Saint Venance Fortunat, né près de Trévise vers 530 et mort à Poitiers vers 600, Évêque de cette ville et poète médiéval chrétien, auquel on doit, entre autres, les Hymnes Pange lingua et Vexilla regis).

 

Cet Ensemble, lancé par Anne-Marie Deschamps en 1975, a été fondé officiellement en 1980. Il réunit de fidèles chanteurs professionnels (dont quelques uns y ont participé depuis les débuts), par exemple D. Thibaudat (Soprano), G. Lacascade (Baryton), entre autres. Sa fondatrice est à la fois chanteuse, musicologue et paléographe médiéviste. Elle est spécialisée dans l’étude approfondie des manuscrits mettant en valeur « le chant vivant des traditions orales porteuses de textes essentiels ». L’Ensemble Venance Fortunat permet ainsi de découvrir le Graduel de l’Abbaye de Bellelay (Suisse) élaboré vers 1160. Il s’agit du Manuscrit Ms.18 donné à la Bibliothèque cantonale de Porrentruy, découvert par le psychiatre Robert Christe (de l’Atelier d’Axiane) et restitué grâce aux multiples recherches acharnées d’Anne-Marie Deschamps, avec le concours d’experts : musicologues, philologues, paléographes (notation musicale neumatique), archivistes, relieurs et restaurateurs.

Catherine BRASLAVSKY : Pilgrimage/Pèlerinage. 1CD (www.jade-music.net ) : 699 885-2. 2016. TT : 52’ 52.

 

Ce disque, placé sous le motif conducteur : Pèlerinage, révèle en quelque sorte l’itinéraire et les idées esthétiques de Catherine Braslavsky, à la fois chanteuse, médiéviste, musicologue et compositrice. Il souligne ce que la musique représente pour elle : celle qu’elle « aime à entendre » et « celle qu’elle aimerait composer ».

 

Son parcours commence judicieusement par un retour aux sources de la musique religieuse avec la séquence pour le dimanche de Pâques : Victimae Paschali laudes attribuée à Wipo (XIe siècle), chapelain de Konrad II, Empereur du Saint Empire Romain Germanique. Cette séquence a été maintenue par les Pères du Concile de Trente (1545-1563). Puis Catherine Braslavsky se souvient de son « mentor en composition » : Hildegard von Bingen (1098-1179) — bénédictine mystique et compositrice —, avec l’hymne au Saint-Esprit : Spiritus Sanctus vivificans, vita movens omnia…

Stefano GERVASONI : Le Pré (op. 70) qui, dans la production de Ratez, occupe une place marquante. Ils en restituent le lyrisme, mais aussi le caractère dansant pour aboutir à un genre de valse, ce qui — comme le rappelle M. Murawski —, « pour Ratez, augmente le tempo pour pouvoir exploser au final et se reposer sur le dernier accord ». Point d’orgue très convaincant et (re)découverte de ce compositeur français si attachant, grâce à un éditeur et des interprètes polonais.

 

 

René de BOISDEFFRE : Works for Violin and Piano 1.  Bogdanovich Dejean, violon, Jakub Tchorzewski, piano. 1CD ACTE PRÉALABLE ( "http://www.acteprealable.com/") : AP0362.  TT : 65’53.

 

Voici encore un autre mérite du Label ACTE PRÉALABLE qui — tout en ayant pour objectif la diffusion du patrimoine musical polonais — s’attache à présenter des compositeurs français injustement oubliés. C’est le cas de Pierre Émile Ratez, mais aussi de René de Boisdeffre (né à Vesoul en 1838 et mort à Vézelise (Lorraine) en 1906). Il a étudié la musique auprès de Charles Wagner, la composition avec Auguste Barbereau. Le Prix Chartier, obtenu en 1883, atteste sa prédilection pour la musique de chambre. Son œuvre néoromantique se situe quelque peu dans le sillage de Charles Gounod, Jules Massenet ou encore Édouard Lalo et Camille Saint-Saëns, installé à Paris en 1843. Jan A. Jarnicki a détecté un grand nombre de ses œuvres dans différentes Collections et Maisons d’édition ; il en a copié certaines et trouvé les interprètes adéquats, soucieux de diffuser ces productions tombées dans l’oubli. C’est Jakub Tchorzewski, « pianiste phénoménal et musicien de chambre talentueux » qui l’a encouragé dans ce projet qu’il a réalisé avec le « violoniste serbe exceptionnel », Bogdanovich Dejan.

Franz LISZT : Concerts « live » Radio France. Sylvie Carbone, piano. 1CD SKARBO ( "http://www.skarbo.fr/"www.skarbo.fr ) : DSK4164. TT : 74’22.

 

La pianiste Sylvie Carbonel, élève de Pierre Sancan au CNSMDP, Lauréate, entre autres, du Concours Georges Enesco (Bucarest) et de la Julliard School (New York) et titulaire du Prix international Olivier Messiaen, a été invitée par de nombreux Orchestres en France et à l’étranger et a participé à des Festivals internationaux (France, Autriche, États-Unis, Canada). Après avoir été professeur au CNSMDP, elle assure actuellement des Masterclasses pour professionnels et amateurs éclairés.

1CD JADE ( "http://www.jade-music.net/") : CD 699 884-2. TT.: 44’31.

Sous ce titre quelque peu inattendu et vintage, les Éditions JADE proposent en quelque sorte une synthèse des thèmes liés aux temps de l’Avent et de Noël, avec leur symbolique et imagerie. Aux États-Unis, les festivités sont annoncées le 4e jeudi de novembre, avec la célèbre dinde du Thanks Giving Day, puis, le samedi suivant, avec la parade du Père Noël (Father Christmas). Dans les pays germaniques  et en Belgique notamment, cette Fête commence par la Saint Nicolas (Santa Claus), le 6 décembre, où les enfants attendent un cadeau (Saint Nicolas en pain d’épices, en chocolat ou autres…) déposé devant la cheminée. Ce temps évoque aussi l’hiver, le froid et la neige qui accompagnent généralement le Noël chrétien et la fête plus populaire.