Sinfonia pour deux violons et basse continue

Carl Philipp Emanuel BACH : Sinfonia pour deux violons et basse continue. Sonate en trio pour deux violons et basse continue. Sonatina. Arias de cantates. Rupert Charlesworth, ténor. Cfé Zimmermann. 1CD Alpha : Alpha 257. TT.: 63'59.

Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788), le deuxième fils de Jean Sébastien, passe pour un musicien qui a rénové profondément le paysage musical de son temps. Il est en musique le meilleur représentant de ce qu'on a appelé l'Empfindsamkeit, mouvement qui se traduit par une plus grande liberté de la forme, des audaces dans l'harmonie et le rythme, ou encore la recherche d'effets aptes à émouvoir ; toutes choses en opposition avec l'austérité de la période précédente, celle du Cantor en particulier. C'est le triomphe de la sensibilité sur le rationalisme. Le programme de ce disque focalise sur des œuvres, certes pas des plus connues, mais illustrant parfaitement cet art de la fantaisie caractéristique de ce musicien qui écrivit aussi bien pour le clavier que pour la musique de chambre ou l'art vocal. A ce dernier domaine appartient la cantate de chambre Der Frühling (le Printemps), de 1770, pour ténor et cordes, qui dévoile une écriture simple mais non dénuée d'originalité. En regard, les airs pour ténor, pièces de jeunesse sans prétention, laissent déjà présager une sûre maitrise. La cantate Fürsten sind am Lebensziele (Les grands, au terme de leur vie), de 1785, comme la cantate Selma, de 1776, témoignent de la dernière manière du musicien, la première proche du Lied, la seconde plus dramatique. Dans le répertoire instrumental, la Sinfonia pour deux violons et basse continue, des années 1750, livre trois

Suite pour flûte à bec, cordes et continuo

Georg Philipp TELEMANN : Suite pour flûte à bec, cordes et continuo, TWV 55:A2. Concerto pour flûte à bec , cordes et continuo, TWV 51:C1. Sonate pour deux chalumeaux, violon et continuo, TWV 43:F2. Concerto da camera pour flûte à bec, deux violons et continuo TWV 43:G3. Tindaro Capuano, alto chalumeau, Enrico Onofri, violon. Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini, flûte à bec & direction. 1CD Alpha : Alpha 245 TT. :74'09.

En prélude à l'année Telemann - 2017 marque le 250ème anniversaire de la mort du compositeur -, voici un CD donnant une vue intéressante de l'éclectisme d'un compositeur allemand qui se plaisait à célébrer aussi bien le style italien que la manière française et, musicien aussi accompli que complet, vouait à la flûte à bec une tendresse toute particulière. Ainsi de la Suite TWV 55 pour petite flûte, cordes et continuo : passée une ouverture dans le style français, Telemann illustre diverses danses dans la tradition de Rameau et de Couperin, où la flûte à bec tresse de bien jolies et savantes arabesques. Dont cet « Air à l'italien », sur le schéma lent-vif-lent, ou « Réjouissance », marqué ''vite'', morceau peu résistible où là encore l'instrument soliste apporte un zest de fraîcheur. On y trouve aussi deux Menuets et deux Passepieds et la pièce finit par une Polonaise qui ne l'est pas tant que cela. Le Concerto pour flûte à bec et cordes TWV 51 offre quatre mouvements : un allegretto qui projette le soliste dans le

La harpe reine. Musique à la cour de Marie-Antoinette

Baptiste KRUMPHOLTZ : concerto pour harpe et orchestre N° 5 op. 7. Johann David HERMANN : concerto pour harpe et orchestre N° 1 op. 9. Joseph HAYDN : symphonie N° 85 « La Reine ». Christoph Willibald GLUCK : Danses des esprits bienheureux (transcription pour harpe). Xavier de Maistre, harpe. Les Arts Florissants, dir. William Christie. 1CD Harmonia Mundi : HAF 8902276. TT.: 70'09.

La harpe connut une incroyable vogue en France dans la deuxième partie du XVIII ème siècle, surtout durant le règne de Louis XVI sous l'influence de la reine Marie- Antoinette dont on dit qu'elle en apporta une dans ses bagages lors de son arrivée à Versailles en 1770. Elle appréciait cet instrument dont elle jouait. La harpe à pédale avait droit de cité, pas seulement à la cour et dans les salons mais aussi au Concert Spirituel et le répertoire s'appropria vite le goût français. On dénombrait alors sur la place de Paris quelques 200 boutiques vendant cet instrument. Xavier de Maistre a voulu à travers le programme de ce disque célébrer cet incontestable âge d'or. En honorant deux compositeurs méconnus qui pourtant marquèrent le répertoire. Le harpiste d'origine tchèque Jean-Baptiste Krumpholtz

Franco Fagioli, contre-ténor

Gioachino ROSSINI : Arias extraites de Demetrio e Polibio, Matilde di Shabran, Adelaide di Borgogna, Semiramide, Eduardo e Cristina, Tancredi. Franco Fagioli, contre-ténor. Armonia Atenea Choir. Armonia Atenea, dir. George Petrou. 1CD DG 4795681. TT.: 75'21.

Voici encore un CD original, car les arias de Rossini qu'il contient sont interprétées par une contre-ténor. Hommage aux castrats ? Pas nécessairement car à l'époque ceux-ci étaient en voie de disparition. Si Rossini était fasciné par la voix de Gianbattista Velluti, le dernier castrat, il conçut plusieurs rôles masculins ou ''primo uomo'' de ses opera seria pour des voix de femmes, mezzo-soprano. C'est ce que Franco Fagioli a choisi d'illustrer pour en restituer la « miraculeuse agilité ». Ainsi du rôle titre de Tancredi, du rôle de Siveno de Demetrio e Polibio, d'Arsace de Semiramide, ou encore du roi Ottone de Adelaide di Borgogna. La boucle est ainsi bouclée, puisque ces rôles retrouvent leur détenteur masculin. Et cette sélection est fort attractive. Car le timbre de Fagioli, qui s'approche peut-être de celui du castrat, est chaud, étoffé dans le médium avec des notes graves capiteuses, rivalisant avec le registre de contralto féminin. On le constate dans les roucoulades avec cor obligato de « A perché, perché la morte » tirée de Matilde di Shabran (Rome, 1821), une œuvre qu'on redécouvre ces temps. Les vocalises sont somptueuses comme celles qui ornent la partie d'Arsace (Sémiramide, Venise 18213), naguère défendue à

Danses hongroises

Johannes BRAHMS : Danses hongroises nos 2, 4, 8 & 11. 16 Valses op. 39. Franz SCHUBERT : Divertissement à la hongroise D. 818.Hervé Billaut, Guillaume Coppola, piano à quatre mains. 1CD Eloquentia : EL 1652. TT.: 62'30.

« Wiener Rhapsodie » (Rapsodie viennoise) proclame le titre de ce CD consacré à la musique pour piano à quatre mains. Le disque s'ouvre par quatre Danses hongroises de Brahms que les présents interprètes ont choisi pour leur diversité : esprit de la czardas dans la 2 ème, ivresse de la danse avec sa pointe de mélancolie dans la N° 4 dont la difficulté technique est marquée, folle agilité de la huitième, marquée presto, et atmosphère de nostalgie tzigane de la N° 11. Les 16 Valses op. 39 forment un corpus original et inattendu chez un musicien réputé austère, du moins à ce stade de sa carrière compositionnelle (1857-1866). Ce que leur auteur appelait « seize innocentes petites valses en forme schubertienne », est un recueil de courtes pièces bipartites et sans introduction ni coda : deux thèmes

Verismo

Airs extraits de Adriana Lecouvreur, de CILEA, Andrea Chénier de Umberto GIORDANO, La Wally de Alfonso CATALANI, Mefistofele de Arrigo BOITO, Pagliacci de Ruggiero LEONCAVALLO, La Gioconda de Amilcare PONCHIELLI, Tosca, Turandot, Madama Butterfly, Manon Lescaut de Giacomo PUCCINI. Anna Netrebko, soprano. Avec Yusif Eyvazov, ténor. Orchestra dell'Accademia Nazionale di Santa Cecilia, dir. Antonio Pappano. 1CD DG : 479 5013. TT.: 68'55.

Le titre du CD annonce une acception très extensive du terme de vérisme. En effet, si on a pu dire (Gérard Denizeau : « la discrète grandeur du vérisme », in NL de 12/ 2014) que le vérisme se déclinait comme « une pièce en quatre actes » que sont Cavalleria rusticana, Pagliacci, Andrea Chénier et Adriana Lecouveur, savoir une période comprise entre 1890 et 1902, Ponchielli et Catalani y sont à la marge. Et surtout Puccini qui, à quelques exceptions près, marque plus sa connivence avec ce mouvement qu'une franche adhésion car « sa musique dépasse le cadre strict de la nouvelle esthétique ». Quoi qu'il en soit, tous ces musiciens, au fil des œuvres représentées ici, se rejoignent en termes d'incandescence vocale pour donner du style vériste un panorama compréhensif et cette anthologie bien ficelée ravira

STRAVINSKY : Concerto pour violon

Igor STRAVINSKY : Concerto pour violon. Transcriptions pour violon et piano : Chanson russe. Danse russe. Divertimento. Suite italienne. Berceuse. Tango. Liana Gourdjia, violon, Katia Skanavi, piano. Deutsche Radio Philharmonie, dir. Zsolt Nagy. 1CD Audite : 97.697. TT.: 77'24.

A l'origine réticent à l'idée d'écrire un concerto de violon, Igor Stravinsky en fut persuadé par le directeur de la maison d'édition Schott qui lui conseilla de le composer pour le violoniste Samuel Dushkin. Un intense travail devait unir les deux hommes qui créeront l'œuvre en 1931 à Berlin. Elle appartient à la manière néo classique du maître et flatte plus l'univers de la musique de chambre, en raison notamment de la clarté de la texture orchestrale, que la grande virtuosité habituellement associée aux grands concertos romantiques. Encore que les difficultés techniques y abondent et mettent au jour une audace certaine. Tel par exemple que le large et étonnant accord initial qui réapparaît au début de chacun des trois autres mouvements. La référence à JS. Bach qu'infèrent les titres des divers mouvements :

de Nicolas RIMSKI-KORSAKOV, Alexandre GLAZOUNOV, Piotr TCHAIKOVSKI, Serge RACHMANINOV, Serge PROKOFIEV, Anton ARENSKY, Rodion SCHEDRIN. Ivan Karizna, violoncelle, Eliane Reyes, piano. 1CD SOUPIR ÉDITIONS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) : S240. TT : 61’ 03.

Ce duo propose un panorama d’œuvres de musiques russes (fin XIXe s.-début XXI s.) originales ou transcrites pour violoncelle et piano. Il est composé d’Ivan Karizna, biélorusse (violoncelle) et d’Eliane Reyes, belge (au Piano Fazioli F 272). Le Prix André Boisseaux 2015 leur a été décerné pour faciliter l’édition de ce premier disque enregistré en 2016, qui est une réussite du genre. Ce répertoire romantique est notamment illustré par la redoutable Sonate en sol mineur (op. 19) de Sergei Rachmaninov (1873-1943) dans laquelle la pianiste, élève notamment du Conservatoire Royal de Bruxelles, du Mozarteum de Salzbourg et du

Antonin DVOŘÁK : La Sorcière de midi – Polednice -The Noon Witch. Vincent Figuri, récitant. Orchestre Philharmonique Tchèque, dir.: Jiri Belohlavek, 1CD SALAMANDRE (www.salamandre-productions.com ): Salamandre 601. 2015. TT : 71’ 10.

Ce Conte musical tchèque, ayant donné lieu au poème symphonique La Sorcière de Midi, est d’abord introduit par Vincent Figuri (Récitant) qui en souligne la genèse : « Lorsque l’Opéra de Paris me proposa de présenter La Sorcière de Midi à un jeune public, j’eus envie de raconter l’histoire en prise directe avec la musique. Je n’avais aucunement l’intention de forcer l’œuvre : il n’y a rien de pire que de vouloir faire rentrer à tout prix un texte sur une musique qui ne l’accepte pas » et il ajoute : « je suis agréablement surpris de constater que Dvořák suivait pas à pas l’histoire, à tel point que certains passages semblaient faits pour accueillir le récit. »

Leopold GODOWSKY : The Art of Transcription. Laurent Wagschal, piano. 1CD EVIDENCE. (www.actepréalable.com ) : Evdc026. TT : 75’48.

Leopold Godowsky (1870-1938), polonais naturalisé américain, « l’un des plus grands pianistes doté de moyens techniques stupéfiants », a dans les années 1920 fait l’objet d’un rayonnement international. Dans le sillage de Liszt, il a transcrit, paraphrasé ou adapté de nombreuses œuvres instrumentales ou vocales. Ce disque propose ses arrangements allant de pages célèbres de Bach, Schubert, Schumann, Chopin à Isaac Albeniz, en passant par Johann Strauss II ou Camille Saint-Saëns.
Le pianiste Laurent Wagschal — titulaire de plusieurs Prix internationaux, soliste de très nombreux orchestres — propose 19 arrangements parmi lesquels figurent la Sonate pour violon (BWV 1001) de J. S. Bach ayant tenté de nombreux transcripteurs, la Symphonie Metamorphosis de Johann Strauss II, ou encore le Cygne de

Jacques LENOT : Le Livre des Dédicaces. Jean-Christophe Revel, orgue. 1CD L’OISEAU PROPHÈTE. (www.jacqueslenot.net ) : 2016. TT : 72’ 30.

Jacques Lenot (né en 1945), compositeur autodidacte et indépendant, dans le sillage du sérialisme, a créé sa SARL « L’Oiseau Prophète » pour la diffusion de ses œuvres. Jean-Christophe Revel (orgue), concertiste enseignant, responsable du département de musique ancienne du CRR de Paris, a enregistré — à l’Orgue Waltrin-Callinet-Schwenkedel (entretenu par la Manufacture Peter Meier) de la Cathédrale Saint-Christophe de Belfort — XXV pièces de Jacques Lenot pour ses amis. Certaines se veulent un hommage à ses compositeurs favoris: Bach, Schumann ; plusieurs sont jouées avec et en la mémoire d’Anton Webern qui l’a stylistiquement beaucoup influencé. Il décrit la genèse du Livre et les circonstances, ainsi que ses motivations : « imiter la voix humaine », « jouer un grand jeu (sous forme de dialogue) à la manière de Nicolas de Grigny » et du Grand Siècle, ou encore « faire sonner la virtuosité ». Sa Pièce XXIII, pour la Communion,

laus Mertens,baryton-basse et récitant, Thomas Fritzsch, viole de gambe, Stefan Paass, luth baroque, Michael Schönheit, orgue. 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ) : ROP6124. TT : 80’56.

Voici une sélection de méditations en famille, à la maison pour différentes circonstances et dimanches de l’Année liturgique, faisant alterner des mots d’ordre (Dictum), chorals et airs, au sujet de Jésus, Dieu et Marie. Le présent disque est conforme à la finalité de Georg Philipp Telemann (1681-1767) qui, en l’année 1727, a lancé une stratégie consistant à transférer à la musique d’Église quelques succès du monde de l’Opéra. En 2016, Thomas Fritzsch, spécialiste du compositeur, a constitué neuf dévotions à pratiquer chez soi et destinées au plaisir de l’écoute. Elles concernent le 4e dimanche après l’Épiphanie, l’Épiphanie, le 2e dimanche après l’Épiphanie, puis la fête de la Visitation de Marie, le Nouvel An, mais également les 7e, 20e dimanches après la Trinité ainsi que le dimanche

Joseph HAYDN : Harmoniemesse, Hob. XXII.14. Symphonie N° 101 (Die Uhr). 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ) : ROP6124. TT : 81’ 17.

L’excellent Chœur de chambre de la Frauenkirche à Dresde, des solistes renommés : Ina Siedlaczek (Soprano), Bettina Ranch (Alto), Tobias Hunger (Ténor), Tobias Berndt (Basse), avec le Reussisches Kammerchorchester, tous placés sous la direction de Matthias Grünert, Kantor de la Frauenkirche, proposent d’une part la Harmoniemesse, dernière composition achevée et, d’autre part, la Symphonie N° 101-Die Uhr (L’Horloge) de Joseph Haydn (1732-1809).
La Harmoniemesse, en Si b majeur, composée en 1802, dédiée à la Princesse Esterhazy, a été créée à Eisenstadt la même année. Le Kyrie se présente comme une insistante prière. Le Gloria plus développé, de caractère énergique, est suivi du Credo très affirmatif contrastant avec le Sanctus expressif et insistant, avec

Virgil Boutellis-Taft, violon, Guillaume Vincent, piano. 1CD ÉVIDENCE CLASSICS (www.evidenceclassics.com ): EVCD028. TT : 77’48.

Virgil Boutellis-Taft (violon) et Guillaume Vincent (piano) ont, à juste titre, intitulé ce disque Entre Orient & Occident. Il s’agit d’une Anthologie regroupant diverses identités orientales : arménienne, américaine d’origine iranienne, française d’origine perse, et occidentales : hongroise, tchèque et française. Certaines pages respirent ou réinventent le folklore. La couleur orientale émane notamment de Gdung (La Grue) de Vartabed Komitas (1869-1935) symbolisant l’exil et l’arrachement des Arméniens.
La musique française est représentée par le Poème d’Ernest Chausson (1855-1899), la Sonate pour violon et piano en sol mineur de Claude Debussy (1862-1918) — qui, lors de l’Exposition universelle de 1889, a découvert l’Extrême-Orient dont son langage musical s’est inspiré. Plus proches de nous, les Chants du Sud de Philippe Hersant (né en 1948) pour violon solo exploitent des chants du Bassin méditerranéen. À noter également l’œuvre de Tara Kamangar (américaine d’origine

Anna-Maria Hefele, soprano. Chœur de chambre I Vocalisti, dir. Hans Joachim Lustig. 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de) : ROP6123. TT : 73’09.

Le Label leipzicois RONDEAU PRODUCTION vient de publier, sous le titre de l’incipit du Psaume 98 : Cantate Domino canticum novum/Singet dem Herrn ein neues Lied (Chantez au Seigneur un cantique nouveau) une remarquable Anthologie de musique chorale moderne et d’œuvres de commande réalisée en premier enregistrement mondial par le Chœur de chambre I Vocalisti, et avec le concours d’Anna-Maria Hefele (soprano aiguë). Dirigés par Hans Joachim Lustig, ils exploitent de nouveaux mondes sonores et excellent dans des tessitures aiguës extrêmes comme, par exemple, le motet à 8 voix, sous le titre : Cantate Domino… d’Ugis Praulins (né en 1957), composé pour A.-M. Hefele ou encore le motet Singet dem Herrn… pour chœur de 4 à 6 voix et soprano solo datant de 2002 et dédié par Vic Nees (1936-2013) au Chœur de chambre, de même que celui à 12 voix de Thomas Hofmann (né en 1958) pour deux chœurs à 4 voix ; le

 Viva Voce. 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ) : ROP6135. TT : 64’24.

Sous le titre : Un bout de chemin…, l’A cappella Band (groupe vocal russe) VivaVoce, fondé en 1998, propose un itinéraire à travers les genres musicaux et les époques où se côtoient aussi bien des pièces de Johann Pachelbel, Robert Schumann, d’Anton Bruckner, que des œuvres contemporaines ou des Spirituals afro-américains et des chansons allant des Beatles aux tubes du hit-parade, sans oublier leurs propres compositions. Il s’agit surtout de « grandioses musiques de divertissement » revisitées par Viva Voce, comme par exemple : Ain’t no mountain high enough (N. Ashford, V. Simpson) ou encore Stein des Anstosses (Pierre d’achoppement) ; Wohin (Où) ; Komm gut heim (Rentre bien à la maison)… Selon leur affinité, les auditeurs apprécieront Du bist da (Tu es là) de J. Pachelbel

SALVE REGINA. Musik zum Lob der Maria. RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ). ROP6118. CD : TT : 64’ 07.

Marie, qui occupe une très large place dans la vie religieuse, a tenté à la fois des peintres, et des sculpteurs, des auteurs et des compositeurs. Ce disque, du Label leipzicois RONDEAU, regroupe autour du thème « Salve Regina » 14 pièces d’Antonio Caldara en son honneur. Né vraisemblablement à Venise en 1670 et mort à Vienne en 1736, il est considéré comme l’un des plus grands compositeurs italiens de son temps. Après une carrière notamment en Italie (Mantoue), en 1716, il occupe le poste de vice-maître de chapelle à la Cour de Vienne, puis, en 1723, succédant à Johann Joseph Fux, de maître de chapelle. Son œuvre comportant des Opéras, 38 Oratorios, 20 Messes, de nombreux Motets… dans la tradition polychorale vénitienne, annonce le baroque tardif. Comme il se doit, le disque

RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de ). ROP6113. CD : TT : 54’ 45.

Le titre : Ultimum se réfère à la transition de la vie vers la mort, de la terre vers le paradis, avec 3 œuvres sur des paroles significatives : Sept textes pour la Passion, Responsoria Tenebrae, Le Paradis, mis en musique respectivement par Wolfgang Rihm (né en 1952), Pawell Lukaszewski (né en 1968) et Theo Brandmüller (1948-2012). Il s’agit de musiques a cappella selon l’esthétique contemporaine. Le Chœur de Chambre de Saarbrücken est dirigé par Georg Grün, remarquable pédagogue, théologien et chef au rayonnement international, ayant fait ses études au Conservatoire et à l’Université de Sarre et, en improvisation, auprès de l’organiste Jean-Pierre Leguay. Il maîtrise parfaitement tous les traquenards de la musique a cappella. Cet enregistrement s’impose par la qualité et la beauté de la polyphonie vocale, la plénitude de l’expression. Les Sept Textes pour la Passion sont destinés aux Jeudi et Vendredi Saints. Il s’agit d’une œuvre de

Émile Pierre RATEZ : Exhibition 2. ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ). AP0366. TT : 62’ 24.

Faisant suite au disque Exhibition 1 (cf. Lettre d’information, juillet 2016), le présent CD est interprété par Ewa Murawska (flûte), Marcin Murawski (alto) et Hanna Holeksa (piano). En fait, le titre correspond au mot anglais : Exhibition, c’est-à-dire, en français : Exposition, comme, par exemple, les « Tableaux d’une Exposition ». Grâce à de minutieuses recherches d’archives, le directeur et producteur du Label polonais ACTE PRÉALABLE, Jan A. Jarnicki, contribue aussi à la diffusion du patrimoine français et notamment d’Émile Pierre Ratez, né le 5. 11. 1851 à Besançon et mort le 19. 05. 1939 à Lille. Cet élève de Jules Massenet a été, à la fois, compositeur, artiste à l’Opéra Comique, mais aussi pédagogue et directeur du Conservatoire de Lille.

(op. 8) – Trois thèmes variés – Fantaisie (op. 11) – Fantaisie (op. 9). ACTE PRÉALABLE. (www.actepréealable.com ). AP0360. TT : 77’ 20.

Le label varsovien ACTE PRÉALABLE, que dirige avec tant d’autorité Jan A. Jarnicki, a pour objectif de faire redécouvrir la musique polonaise. C’est le cas, entre autres du franco-polonais Auguste Frédéric Durand /August Fryderyk Duranowski, né à Varsovie vers 1770 et mort à Strasbourg en 1834, et d’apprécier des interprètes polonais : P. Wajrak (violon), A. Kieronska (violon), K. Stasiowska (alto), A. Podkoscielna-Cyz (violoncelle), E. Panocha (piano), ainsi que le Tarnowska Orkiestra Kameralna (fondé en 1991) et leur chef Piotr Wajrak.
En 1810, selon une revue de Varsovie, August Fryderyk Duranowski suscitait, « avec son talent, l’étonnement de son audience ». En effet, ce violoniste hors pair était très apprécié dans toute l’Europe. Sa musique faisait largement appel à la virtuosité, ce qui, en 1835, le rendit célèbre dans le Lexikon der Tonkünstler d’Ernst Ludwig Gerber ou encore dans la Biographie universelle… de François-Joseph Fétis, entre autres. Il a étudié le violon à Paris avec Giovanni Battista Viotti, a

Joanna BRUZDOWICZ : Lella – Oratorio profane. ACTE PRÉALABLE. (www.actepréealable.com ). AP0367. TT : 51’.

Le même Label s’attache à faire découvrir l’oratorio profane historique : Lella, texte : Christiane Schapira ; musique : Joanna Bruzdowicz, née à Varsovie en 1943, polonaise naturalisée française. Compositrice très originale, elle a réalisé de nombreuses productions audiovisuelles et cinématographiques, par exemple : ses 16 Tableaux d’une exposition Salvador Dali (cf. Lettre d’information, mars 2016). Cet oratorio a fait l’objet d’une création mondiale à Bastia, en 2011 et d’un enregistrement live au XVe Festival International de Musique en Catalogne, à Céret, sous la direction de la compositrice. Il est dédié à la mémoire de Danielle Casanova, héroïne corse (née en 1909) tragiquement disparue à Birkenau en 1943. Comme la librettiste Christiane Schapira le précise, le « livret a été écrit à partir de ma pièce éponyme Lella, Danielle Casanova, une vie, ce qui a demandé une mise à plat totale de la pièce pour une reconstruction destinée aux voix chantées… J’ai choisi d’alterner les parties chantées et récitatives pour introduire la Récitante que j’ai choisie d’identifier. » Il n’y a donc aucune fiction ; elle a collaboré avec J. Bruzdowicz « dont la sensibilité musicale et humaine s’approchait le plus de la gravité de mon texte ». L’oratorio se présente comme une page d’histoire relatant

Stefano GERVASONI : Le Pré. MUSIC EDITION WINTER & WINTER (www.winterandwinter.com ). W&W 910 238 -2. TT : 60’ 17.

Aldo Orvieto (piano), Saori Furukawa (violon) et Alvise Vidolin (musique électronique en direct) ont signé, en premier enregistrement mondial, cette découverte de Stefano Gervasoni (né en 1962). Le titre énigmatique, phonétique et significatif, nécessite quelques précisions. Il désigne tout d’abord le PRÉ (prairie), ensuite le PRÉ (préfixe) et le PRÉ-lude : soit un pré ou une prairie où jouent les enfants. En d’autres termes, selon le texte d’accompagnement, il s’agit de « l’état particulier dans lequel une chose n’existe pas tout à fait sous sa forme accomplie et adulte, l’enfance étant une prémonition d’une vie d’adulte avec ses aspects négatifs (ayant perdu la magie du rapport non rationnel avec les mots, l’innocence et la capacité à s’émerveiller face à la beauté) » et positifs (acquisition d’un rapport logique, rationnel, pragmatique avec la réalité) ». Ces longues considérations justifient la composition du programme avec des pièces pour enfants