Denis Pascal, piano. 1 CD La Musica : LMU008. TT : 65’04.

Le pianiste français Denis Pascal nous donne à entendre, ici, un superbe album totalement dédié à Franz Schubert, avec deux sonates bien différentes. La Sonate n° 23 D. 960, dernière sonate composée par le compositeur viennois quelques mois avant sa mort constitue une sorte de lied sans paroles, apaisée, elle semble défier le temps pour se tourner vers des horizons lointains où le dépouillement le dispute à la confidence douloureuse, oscillant entre résignation et rébellion, toute nimbée d’une lumineuse pénombre, marquant la naissance d’un romantisme échappant définitivement à la rhétorique beethovénienne. Bien dissemblable, la Sonate n° 16 D. 784 op. posthume 143 date de 1822 et ne sera publiée qu’en 1839, plus de dix ans après la mort du compositeur sous le numéro d’opus 143.

Geoffroy Couteau, piano. 6CDs La Dolce Volta : . TT.: 66'04+64'02+51'46+71'06+65'37+73'.

<La musique pour piano seul de Johannes Brahms n'a jamais connu les honneurs qu'elle mérite. Au disque en particulier. Quelques pièces ont survécu à une relative indifférence comme les Ballades op. 10 ou les Intermezzos op. 117, grâce à une poignée d'interprètes géniaux dont Arturo Benedetto Michelangeli ou Sviatoslav Richter. Rares sont les pianistes à se consacrer à une étude plus approfondie (Claudio Arrau). D'intégrale, il y eut peu, comme celle, légendaire, de Julius Katchen dans les années 1960/70 (Decca). Aussi la nouvelle version que livre le jeune Geoffroy Couteau fait-elle figure d'événement. Adoubé par son Premier prix en 2005 au Concours Johannes Brahms, enhardi par un premier disque réussi, en 2008, réunissant les quatre derniers opus du compositeur, Geoffroy Couteau s'est lancé le défi d'enregistrer toute l'oeuvre pour piano seul dans l'ordre chronologique de la composition. De l'op. 4 à l'op. 119, la vingtaine d'oeuvres écrites par Brahms traversent sa production, de 1851 – peu avant sa première rencontre avec Robert Schumann - à 1893, de la prime jeunesse au soir de la vie. C'est un corpus titanesque, exigeant pour l'interprète car requérant force et douceur, puissance et grâce, et surtout un nécessaire équilibre entre intériorité et expressivité. Difficile d'accès aussi pour l'auditeur qui n'a pas à sa disposition le garde-fou du mélodisme d'un Schubert ou d'un Chopin, et même la manière antagonique bien aidante d'un Schumann.

Il Trittico & David Greenlees, alto. 1CD Divox Excellence : CDX-20905-6 (distribution Naxos). TT.: 78'09.

Johann Joaquim Raff (1822-1882) est un compositeur suisse qui jouissait à son époque d'une célébrité considérable. Sa prolixité en fut le revers de la médaille au point que critiqué de son vivant, il sombra vite dans l'oubli. Un sort bien injustifié à en juger par les deux pièces gravées sur ce disque. D'abord secrétaire particulier de Franz Liszt à Weimar, Raff enseigna à Wiesbaden et devint directeur du conservatoire de Francfort-sur-le-Main. Sa production couvre aussi bien le domaine symphonique que l'opéra et la mélodie ou encore la musique de chambre. Ses deux quatuors op. 202, publiés respectivement en 1876 et 1877, constituent ses dernières oeuvres dédiées au genre. Ils sont complémentaires et offrent une parfaire illustration du style aisé de leur auteur : une facilité d'écriture et une ingéniosité du trait comme le fait de présenter un thème de manière fragmentaire qui est ensuite travaillé, un recours à l'écriture fuguée, et surtout une manière

.Ensemble Aleph. 2CDs Evidence Classics : EVCD030. TT.: 105'.

Fils d'émigrés juifs d'Odessa au prénom espagnol et au nom allemand, Mauricio Kagel (1931-2008), né à Buenos Aires, fait ici un tour du monde, non pas en quatre-vingts jours, mais en huit pièces (Stücke), qui sont autant de parties de la rose des vents (Windrose). Ce n’est d’ailleurs pas un seul mais plusieurs voyages, et de plus en plus longs ou lointains, car les huit compositions, écrites entre 1988 et 1994, sont autant de microcosmes, autant d’univers singuliers, à la fois géographiques, temporels et fabuleux (inactuels). Cela dit, l’ouvrage entier fait corps dans un geste, une intention, une couleur et une pâte sonore. Car tout, dans cette musique, se mélange en restant simple, clair, explicite, et, même si l'instrumentarium varie un peu d'un morceau à l'autre – les percussions surtout–, l’auditeur suit un continuum en une série de variations, découvrant au fur et à mesure une oeuvre importante (105 minutes) aux points de départs multiples. D’emblée, il est, cet auditeur, embarqué dans une musique qui avance avec beaucoup de confiance – et il faut souligner la beauté et la rondeur de l'interprétation de l’« orchestre de salon » (Salonorchester) –, une musique qui baguenaude tout en se suffisant à elle-même, pourrait-on dire, tant elle est colorée et aimable, amicale même. Une musique qui vous prend gentiment par la main. D'où part Kagel et où va-t-il ?

 Sébastien Llinares, guitare. 1CD Paraty : 106415. TT: 51'20.

Après avoir joué en duo – le duo Mélisande - pour une adaptation pour guitares des Variations Goldberg, Sébastien Llinares propose des adaptations pour guitare seule de pièces de Satie : Six Gnossiennes, Parade, 3 Gymnopédies, et d’autres pièces. Pour Llinares, il y a une correspondance évidente entre la guitare et les oeuvres de Satie. Cet instrument accueille naturellement ces musiques, il n’y a pas à proprement parler de transcription, ni d’arrangement, les musiques de Satie ne sont pas pensées pour un instrument en particulier. Avec Satie, on cultive l’utopie d’une musique pour tous, vive, intelligente, n’ayant pas peur du paradoxe ni de la demi-teinte. Une musique en phase avec l’intimité de chaque auditeur, une histoire d’amour. Une musique intemporelle. A l’écoute de ces pièces sous les doigts de Sébastien Llinares, on pourrait penser qu’elles ont été écrites pour la guitare, et l’analyse qu’en fait ce magnifique musicien coule de source. Érik Satie était un brillant compositeur pour la guitare ! Vous ne la saviez pas ? Écoutez ce disque, Érik Satie vous convaincra ! N’est-ce pas une de ses plus belles impostures !

 1CD DIVOX ANTIQUA (www.divox.com). CDX79805. TT : 74’ 04.

Dans sa Série Orgues historiques, le Label DIVOX ANTIQUA présente l’instrument de l’Église Sant’Andrea in Riva à Trévise, accordé en tempérament inégal, comprenant un clavier manuel de 45 notes avec première octave courte, et pédalier avec — parmi les jeux rares — un tambour (tamburo). Il est incliné en forme de pupitre de 17 notes, accouplé au clavier. Cet Orgue, de la Manufacture Callido typique de l’esthétique vénitienne, a été restauré en 1982-1983.

Dans sa Série L’héritage frescobaldien, l’organiste Andrea Marcon a — pour son Volume 2 — regroupé des pièces de compositeurs d’origine allemande, italienne, française, anglaise, espagnole du XVIIe siècle. Ce programme cosmopolite illustre des formes baroques traditionnelles : Toccata, Fugue, Passacaille, Fantaisie, Canzon, Caprice, Intonation et, pour l’Angleterre : Voluntary.

Ludwig van BEETHOVEN : Diabelli Variations. Johannes BRAHMS : Sonate n°3. 1CD VDE GALLO. (www.vdegallo.ch). GALLO CD-1472. TT : 79’ 38.

Alexandre Rabinovitch-Barakovsky — compositeur, pianiste et chef d’orchestre azerbaïdjanais, né en 1945, élève de Dmitri Kabalevski au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou — s’est installé en 1974 en Belgique, puis en Suisse. En tant que compositeur, il s’intéresse à la musique minimaliste et, en tant qu’interprète, à la musique romantique. Il détaille avec minutie les 33 Variations sur une Valse d’Antonio Diabelli (op. 120) de Ludwig van Beethoven (1770-1827). Il s’impose par sa vélocité, son sens des contrastes et de la dynamique, ses oppositions de nuances, son toucher précis, délicat ou énergique, son jeu perlé, sa progression en perpétuel mouvement et par la diversité des atmosphères dans les 33 Variations. À noter la sonorité chantante de la Variation 29, plus méditative et, d’une manière générale, sa brillante technique.

 1CD PIANO 21. Diffusion : Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). P21 056-N. TT : 74’ 55.

En premier enregistrement mondial, Cyprien Katsaris, pianiste virtuose et compositeur d’origine franco-chypriote, formé an CNSM de Paris auprès d’Aline van Barentzen et de Monique de la Bruchollerie, et Etsuko Hirose, pianiste japonaise au talent précoce, diplômée de l’École Normale de Musique de Paris et du CNSM dans la classe de Bruno Rigutto, tout en bénéficiant des conseils d’Alfred Brendel, interprètent à 2 pianos ou à 4 mains des transcriptions de Ballets russes.

 Marc Mauillon, baryton. 1CD Son an Ero / Petit Festival (www.petitfestival.fr): 07. TT : 65’ 35.

Marc Mauillon convie les discophiles curieux à un parcours vocal monodique (21 œuvres) à bâtons rompus, dans l’espace et dans le temps, associant musique sacrée et musique profane allant des chants de troubadours, en passant par Jehan de Lescurel et Guillaume de Machaut (Ars nova, XIVe siècle), jusqu’à notamment Giacinto Scelsi (1905-1988) et Georges Aperghis (né en 1945). Parmi les thèmes religieux figurent : Ave stella matutina, In paradisum, Parestosa (en grec, évoquant le Seigneur devant la croix)… ; parmi les thèmes profanes : la dame, l’amour, la flamme de l’amour, la jouvencelle, mais aussi les pleurs (Pétrarque) et, pour conclure : D’amour vient mon chant.

Zara LEVINA Maria Lettberg, piano. Orchestre Symphonique de la radio de Berlin, dir. Ariane Matiakh. 1CD Capriccio : C5269 (distribution Outhere). TT.: 56'01.

Une découverte qui nous vient de l'Est ! Il faut écouter les deux concertos de Zara Levina comme un bain de musique rafraîchissante. Compositrice et pianiste (1906 -1976) elle a ignoré la période d’une certaine musique dite “contemporaine“, souvent inaudible, qui a enfoui sous une cagoule autocratique les bonnes vieilles gammes en voulant faire table rase du passé. Ces concertos nous viennent de Russie, dans la pure tradition des concertos de Rachmaninov, de Chostakovitch et autres grands compositeurs slaves. Sans oublier Beethoven et Schumann. Une chevauchée toute en arpèges chromatiques balaie le clavier de l'allegro du Premier concerto (1942) : nous sommes d’emblée au cœur de l’univers romantique de Zara Levina. Tandis que l’orchestre suit à l’unisson, comme s’il

 MULSANT. DE FALLA. CURRIER. MASSENET. PIAZZOLLA. Philippe Villafranca, violon & Manon Louis, harpe. 1 CD Animato / Bauer Studios : ACD6155. TT : 64’47.

Voilà un disque original par l’instrumentarium utilisé (violon et harpe, justifiant le titre de l’album) dont l’association rare, et ô combien séduisante, marie avec ravissement la langueur du violon aux accents acidulés de la harpe. Original certainement, mais également éclectique dans le programme proposé, associant musique d’aujourd’hui (Trois Fantaisies de Florentine Mulsant et Night Time de Sebastian Currier) musique romantique (Méditation de Thaïs de Massenet) et musique populaire (Suite populaire espagnole de Manuel de Falla et Histoire du Tango d’Astor Piazzolla). Des pièces bien différentes dont la mise en miroir révèle immédiatement le lyrisme et les couleurs intenses développées par cet inhabituel duo. Les Trois Fantaisies de Florentine Mulsant (° 1962) dédiées aux interprètes

Francesco Corti, clavecin. 1 CD Evidence Classics : EVCD031. TT : 81’56.

Parmi les compositeurs de l’époque classique, Franz Joseph Haydn (1732-1809) fut, en digne héritier des Lumières, celui qui, sans doute, réussit à concilier au mieux liberté créative et contrainte formelle, en témoigne son important corpus de sonates pour clavier (environ une cinquantaine) dont Francesco Corti nous donne, ici, un brillant aperçu. A partir de 1765, ces sonates prennent une ampleur et une profondeur d’expression nouvelle qui aboutiront à la grande sonate de concert. Choisir le clavecin plutôt que le piano forte, c’est bien marquer le lien que ce compositeur tend entre le baroque tardif (Domenico Scarlatti, C.P.E Bach)

Xavier Sabata, contre-ténor. Armonia Atenea, dir. George Petrou. 1 CD Aparté : AP143. TT : 66’.

Hubris (Démesure du héros), Némésis (Punition et vengeance des dieux) et Catharsis (Purgation ou Purification des passions des spectateurs), trois éléments constitutifs de la tragédie grecque, mais au-delà de ces définitions aristotéliciennes, et d’une manière plus générale, c’est bien à la représentation, peut être plus apaisée, des passions que s’intéressa l’opéra baroque du XVIIe et XVIIIe siècle. Théâtre des passions et de l’émotion dont le contre-ténor contralto Xavier Sabata, reconnu pour l’excellence de son chant et par l’intensité de son engagement scénique, nous propose un florilège d’extraits dans ce nouvel opus discographique.

 Ensemble Les Harpies. 1 CD Encelade : ECL 1502. TT : 63’.

Voici un disque passionnant nous proposant un voyage surprenant, entre Enfers et Paradis, dans le paysage musical européen autour de 1600. Un disque mêlant avec bonheur et pertinence des musiques sacrées, profanes et populaires glanées à travers l’Europe de la Renaissance, depuis les Iles britanniques jusqu’aux confins des Carpates. Une compilation d’œuvres rares et méconnues puisant dans l’important corpus regroupé autour de ce thème par l’ensemble les Witches, il y a quelques années, mais aussi un enregistrement bâti autour de l’orgue historique Renaissance de Saint-Savin en Lavedan dans les Hautes-Pyrénées (1557), joué ici par Freddy Eichelberger, dont la sonorité ample se marie merveilleusement avec les timbres du violon d’Odile Edouard, de la cornemuse de Mickaël Cozien, du

Louis-Nicolas CLÉRAMBAULT Ensemble Sébastien de Brossard, direction, orgue et clavecin : Fabien Armengaud. 1CD PARATY (www.paraty.fr ) : 516141. TT : 74’ 43.

Fabien Armengaud, fondateur de l’Ensemble Sébastien de Brossard, a judicieusement retenu des œuvres de Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) à 3 voix d’hommes et symphonie. Ce contemporain de Jean-Philippe Rameau, fils de Dominique Clérambault — ayant fait partie des « 24 Violons du Roi » —, est né à Paris le 19 décembre 1676 et mort dans cette ville le 26 octobre 1749. Organiste et compositeur, élève d’André Raison auquel il a dédié son Livre d’orgue, il a écrit un livre d’orgue, des pièces de clavecin, des sonates et symphonies et obtenu le privilège de publier « toutes sortes de musique vocale et instrumentale ». Il a composé 5 recueils de Cantates avec ou sans symphonies (à partir de 1710) et 6 Livres de Motets, entre autres... Il a succédé à Guillaume-Gabriel Nivers, organiste de Saint-Sulpice. Ses Cantates associant à la fois le goût italien et le goût français ont connu un grand succès au Concert spirituel. On lui doit également 2 tomes de Chants et motets « à l’usage des Dames de la royale Maison de Saint-Cyr ». Ces Motets s’imposent par la plénitude de leur polyphonie, leur qualité séduisante dominée par un solide sens de l’expression et leur caractère très original et personnel.

1CD ÉVIDENCE CLASSICS (www.evidenceclassics.com) : EVCD029. TT : 68’ 22.

Comme son nom l’implique, l’Ensemble Le Baroque Nomade, dirigé par Jean-Christophe Frisch, propose un itinéraire musical baroque, européen et extra-européen, vocal (hébreu, espagnol, portugais) et instrumental. Sa haute qualité d’interprétation a déjà fait l’objet de critiques très élogieuses. Il est indispensable de souligner l’intérêt si diversifié et l’originalité de ce vaste programme.
Sur le plan institutionnel, il évoque musicalement les principales Fêtes juives de ROSH HASHANA (jour de l’an) — à travers HANOUKA (fête de la lumière avec les bougies), PURIM (de caractère gai, destinée à l’amusement), PESSAH (marquée par un grand repas, fête destinée aux enfants et reposant sur une accumulation d’énumérations, en usage dans tout le Bassin méditerranéen) — jusqu’au dernier jour de l’année HOSHA’ ANA.

  1CD GALLO (www.vdegallo.ch ) : CD1489. TT : 57’ 18.

Né à Genève le 2 novembre 1824, mort à Paris le 5 février 1891, Émile Bret (à ne pas confondre avec Julien Bret, cf. L’édition musicale : DSCH) a été, à 25 ans, l’organiste titulaire du Temple des Eaux Vives jusqu’en 1854. Installé à Paris, il retourne en Suisse pendant la Guerre de 1870, puis revient dans la Capitale où, à partir de 1872, il publie des pièces pour piano tout en s’intéressant à la Mélodie. Élaboré par Norberto Broggini, le texte de présentation propose la chronologie de ses œuvres et l’intégralité des poèmes chantés par Nathalie Constantin (soprano lyrico-léger, artiste polyvalente) si bien accompagnée au piano Érard (1880, donc d’époque) par Norberto Broggini, de réputation internationale, qui, en soliste, interprète brillamment la Romance sans paroles intitulée Le suprême adieu et Le Boléro pour piano datant de 1870.

 Quatuor de Genève. 1CD VDE GALLO. (www.vdegallo.ch) : GALLO CD-1463. TT : 79’ 36.

Cet enregistrement est entièrement « genevois », par le lieu (Studio Ernest Ansermet), par les interprètes (Quatuor de Genève) et par son programme réunissant 5 compositeurs du XXe siècle nés dans cette ville ou ayant des affinités avec elle.

Jean BINET (1893-1960) est né à Genève, où il est formé en éducation musicale par Otto Barblan et en rythmique par Jaques Dalcroze. Il réside à Paris, voyage aux Etats-Unis où il enseigne la rythmique à New York. En 1923, il revient en Europe, s’installe à Bruxelles. À Genève, il préside la Société SUISA (Droits d’auteurs). Il a, entre autres, subi l’influence de la musique française contemporaine. Son Quatuor en mi majeur (composé en 1929-1930 pour le Quatuor Pro Arte) comporte 3 mouvements : Vif et décidé ; Très lent ; Très animé, spéculant sur les contrastes rythmiques. Il précise ainsi l’atmosphère : « rude et marqué », puis « bien chanté ». L’œuvre s’impose par sa fantaisie, son lyrisme contenu et sa diversité rythmique.

 1CD VDE GALLO. (www.vdegallo.ch). GALLO CD-1478. TT : 57’ 59.

Cette œuvre en dialecte suisse alémanique de la Région de Soleure (Solothurn) a été créée le 18 mars 2016 en l’Église jésuite de cette ville, par son compositeur Urs Joseph Flury à la tête de la Zürcher Sing-Akademie fondée en 2011 et des Zürcher Symphoniker, avec le concours de Lilian Schneider Rohrer (soprano), Marie ; Patrick Oetterli (baryton), Jésus ; Christof Breitenmoser (ténor), Pierre ; Yves Brühwiller (basse), Pilate ; Marcel Fässler (ténor) et Chasper-Curo Mani (baryton), les deux larrons ; d’Ingrid Alexandre (mezzo-soprano), la servante.

 op. 48. Quatuor à cordes « Voces Intimae », op. 56. Orchestre d’Auvergne, dir. Roberto Forès Veses. 1 CD Aparté : AP 139. TT : 60’.

Un très beau disque nous proposant une intéressante mise en miroir de deux compositeurs ayant en commun une même sensibilité marquée par d’importants tourments de l’âme qu’ils exprimeront chacun dans des formes bien différentes. La Sérénade pour cordes de Tchaïkovski, composée en 1880, plutôt extravertie, comporte quatre mouvements. D’abord ample et pleine d’allant, puis dansante sur un rythme de valse, elle est centrée sur la mélancolique et rêveuse Élégie, qui constitue le cœur de l’œuvre, toute empreinte d’un lyrisme inquiet et passionné, avant de s’achever sur un final aux accents folkloriques. Bien différent le Quatuor

Schubert impromptus : Une intégrale. D. 899 et D. 935. Amandine Savary, piano. 1CD Muso : MU015.

Des impromptus de Schubert, il existe de multiples versions, de Arthur Schnabel à Wilhelm Kempff, de Alfred Brendel à Murray Perahia, sans oublier Edwin Fischer (le pionnier) et Radu Lupu.
Amandine Savary, une jeune pianiste normande de trente ans vient de signer sous le label Muso, un nouvel enregistrement des huit impromptus.
Ces impromptus, ainsi baptisés par l’éditeur viennois Tobias Haslinger, ne connurent le succès que lors d’une réédition plusieurs années après la mort de Schubert.
Ecrits après des vacances à Graz qui furent “de délicieux moments“, Schubert se sent libéré, il compose comme il rêve, il se laisse aller à l’aventure mélodique, déroule ses souvenirs comme un caprice qui le libère de la forme rigide de la sonate. Ces impromptus sonnent comme des lieder sans paroles, des pièces indépendantes presque conformes à la définition de l’impromptu : pièce de musique légère, faite sur le champ, sans préméditation.

 Astor PIAZZOLA : L’histoire du Tango ; Libertango – Francisco GONZALEZ : Danza de Los Amantes Efimeros – Béla BARTÓK : Danses roumaines – Marek PASIECZNY : Six Folk Melodies – Laurent BOUTROS : Amasia. Marie Fraschini, violon, Lionel Fraschini Guitare. 1 CD Classiquez-Chanteloup Musique. CLZ 003/1. TT. : 54’55 https://www.classiquez.com/

C’est le premier disque de ce jeune duo composé de Marie Fraschini, violoniste diplômée du CNSMDP et actuellement titulaire à l’orchestre régional de Cannes – PACA, et de Lionel Fraschini, guitariste, diplômé du Conservatoire Royal de Bruxelles. L’ambition de ce duo dont le nom n’a pas été choisi au hasard est de faire partager l’amour de la musique au plus grand nombre. Leur programmation comporte aussi bien un programme « classique » qu’un programme qu’ils nomment « hybride ». C’est ce dernier programme que nous trouvons sur ce disque, hybride parce qu’il s’agit de musiques inspirées du folklore, mais savantes dans le