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L’œuvre créée à Oslo fera l’objet de 2 Suites (d’abord pour orchestre, ensuite pour piano) traduisant l’atmosphère nationale, le lever du soleil au Maroc, les chants d’oiseaux, le son du cor. GRIEG exploite habilement les divers registres du piano au profit d’un élargissement du paysage sonore et Daniel Propper se joue de tous les traquenards techniques.
La Suite n°2 (1891) s’inspire de L’enlèvement de la mariée (au lendemain de son mariage) par Peer Gynt et évoque la plainte d’Ingrid ; l’atmosphère est au désespoir et contraste avec la Danse arabe de facture modale dans l’ambiance arabisante rendue par des allusions à la gamme arabe. Après la célèbre Chansons de Solveig, la tempête et le retour de Peer Gynt au pays, il mourra dans les bras de Solveig.
D’une autre veine sont les 25 Mélodies et Danses populaires norvégiennes (op. 17, 1869), miniatures narratives et lyriques, et danses acrobatiques aux accents folkloriques du Nord. Ce panorama est complété par des Pièces pour piano d’après ses Mélodies (Livre I, op. 41). À retenir la splendide transcription de Jeg elsker Dig (Je t’aime). Daniel Propper a judicieusement retenu le Piano Steinway (B) ; il tire le meilleur parti des sonorités si chaudes et prenantes des belles basses (notamment dans Un jour, Ole en colère) ou des accords dans le grave (cf. La danse sautée (Spring laat) avec un galop bien enlevé). Ce remarquable pianiste, passionné par les œuvres d’E. GRIEG — outre ses prouesses techniques reconnues de longue date — fait preuve de sa totale adéquation avec la pensée et les intentions du grand maître norvégien. Volumes VI et suivants attendus avec impatience.
Édith Weber
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