Philippe CHAMOUARD (né en 1952), a été, en piano, élève de Guy Lasson ; en harmonie, contrepoint et composition, de Roger Boutry. Il a enseigné l’écriture musicale à l’UFR de Musicologie. Sa Thèse de Doctorat concernant l’orchestration des symphonies de Gustav Mahler a été brillamment soutenue à l’Université Paris-Sorbonne. Il a surtout composé des partitions orchestrales : 10 Symphonies, des œuvres concertantes pour trompette, violoncelle, violon, orchestre à cordes, voix et chœurs, mais aussi pour harpe celtique et koto (instrument japonais à cordes). Ses Symphonie n°5 : Le Manuscrit des Étoiles et n°6 : Les Rêves de l’ombre ont déjà été recensées dans de précédentes Lettres d’information.

En créations mondiales, la Symphonie n°4 et le Madrigal d’été pour violoncelle et orchestre sont interprétés par l’Orchestre Philharmonique de Plovdiv, en Bulgarie, sous la direction de Nayden Todorov (novembre 2017). Ce disque contient aussi l’antienne grégorienne Salve Regina — œuvre environnée de douceur —, chantée par le Madrigal

de Paris, sous la baguette de Pierre Calmelet (novembre 2017). Philippe CHAMOUARD résume ainsi sa démarche : « Ma Symphonie n°4 suit les étapes essentielles de la vie de l’homme inspiré. Après s’être immergé dans le monde matériel, il finit un jour par se tourner vers une réflexion métaphysique qui va l’amener à adopter une attitude introspective à l’écoute de son moi profond. Ce retour sur soi nécessaire lui permettra, aidé par la contribution bienfaitrice de la nature, d’accéder à la souveraine béatitude » (p. 4). Chaque mouvement concerne donc le parcours du Vagabond. I. Le monde de poussière s’inspire du taoïsme préconisant la contemplation de la nature car, sortant de leur monastère, les taoïstes avaient l’impression de se retrouver dans « un monde de poussière » (agitation, obscurantisme, absence de réflexion). II. La Porte étroite, selon la source biblique (Luc 12, 23-24), reste infranchissable pour le Vagabond qui, saisi d’effroi, oscille entre doute et espoir. III. Le regard intérieur introduit une démarche introspective dans la mouvance du Souf Rumi (1207-1273) incitant à « se purifier des attributs du moi pour accéder au regard intérieur ». IV. Le Vagabond des Nuages se réfère au séjour des taoïstes dans la montagne pour communier plus étroitement avec la nature ; ils étaient d’ailleurs appelés « les vagabonds des nuages ». La flûte soliste (Rozalina Kouzmanova) personnifie l’anachorète. L’« osmose entre nature et spiritualité » est pleinement réalisée.

Dans ces 3 œuvres publiées aux Éditions COMBRE et enregistrées respectivement au Hall Concert de Plovdiv (Bulgarie) et à l’Église St-Philippe-St-Jacques à Ballainvilliers, Philippe CHAMOUARD s’affirme une fois de plus comme un compositeur français de réputation internationale et un grand penseur humaniste. Dans l’attente d’autres enregistrements discographiques…
Édith Weber
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