Les artistes sud-coréens se distinguent de plus en plus sur la scène internationale et lors de redoutables concours. Ji Won Song (née à Séoul) a été initiée au violon dès l’âge de 5 ans, à l’Université Nationale des Arts, puis auprès de maîtres réputés à l’Institut de Musique de Cleveland. Elle est titulaire de nombreuses distinctions : Premier Prix du Concours international Leopold Mozart, prix des Concours internationaux de violon Tibor Varga, Yehudi Menuhin entre autres. À 26 ans, elle donne des concerts avec de nombreux orchestres en Corée, Chine, Allemagne et au Canada. Elle forme un duo d’exception avec le pianiste argentin José Gallardo (né en 1970, à Buenos Aires), ayant étudié au Conservatoire de sa ville natale, puis à l’Université de Mayence. Titulaire de nombreuses récompenses internationales, il se produit notamment en Allemagne, Asie, Israël, Amérique du Sud, et a été professeur à l’Université de Mayence et, à Augsbourg, au Centre Leopold Mozart.


Pour leur programme ambitieux, ils ont sélectionné des œuvres phares de 4 compositeurs : 2 Sonates de Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) en Mi b Majeur (KV 481) plus élaborée et en Fa Majeur (KV 376), tripartites avec un mouvement central lent et expressif. Dès les premières mesures, ils restituent pleinement la grâce mozartienne. Leur maîtrise respective et leur grande connivence leur permettent de placer chaque note à sa juste place et comme il convient. La Romance en Fa Majeur (op. 50) de Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) avec épisodes et ritournelles se réclame d’une autre esthétique. Ji Won Song met la mélodie très ornée en valeur et fait preuve de virtuosité. Son Rondo pour violon et piano en Sol Majeur (1793 ou 1794, WoO41) baigne dans l’exubérance et la joie si bien rendues. Le Rondino sur un thème de Beethoven, composé par Fritz KREISLER (1875-1962) constitue la suite logique du programme et dénote une progression dans la virtuosité technique. Le compositeur ne se contente pas d’adapter le modèle beethovénien, il s’en écarte, commence par une ritournelle. À noter l’Allegro gracioso avec des éléments stylistiques très personnels. Ji Won Song réserve un sort royal à ce compositeur autrichien né à Vienne, mort à New York : l’un des plus grands violonistes en son temps.

En conclusion de ce vaste parcours : la Fantaisie sur la Flûte enchantée de Mozart, composée par Pablo de SARASATE (né à Pampelune en 1844, mort à Biarritz en 1908), auteur de pièces brillantes pour violon, instrument qu’il pratiquait avec une grande assurance et une technique éblouissante : ce qui est le cas de Ji Won Song incontestablement promue à un bel et brillant avenir. Leur haute musicalité et leur grande complicité s’exercent au service du phrasé partagé : une conversation élégante, subtile et menée avec une vive intelligence entre les deux instruments. Duo hors pair.
Édith Weber
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