Comme le rappelle Jan A. Jarnicki, directeur du Label polonais Acte Préalable : Wojciech GRAWRONSKI, mort prématurément, a peu composé et est rapidement tombé dans l’oubli. Il est né en 1868, près de Vilnius et mort en 1910, près de Poznan. Après ses études à Vilnius, Varsovie, Berlin et Vienne, il s’installe à Varsovie où il enseigne le piano, tout en s’adonnant à la composition (seulement 20 opus) et en voyageant. De minutieuses recherches d’archives dans des Bibliothèques en Pologne et à l’étranger ont abouti à la constitution d’un programme varié, pour alto et piano : Marcin Murawski (alto), intervenant à 6 reprises, est accompagné au piano par Anna Starzec-Makandasis qui a étudié en Pologne et aux États-Unis. Elle interprète aussi 9 morceaux en soliste. Parmi les titres français figurent une œuvre de jeunesse, Berceuse (op. 2, n°3), à l’origine pour violon, s’imposant déjà par sa facture mélodique et ses accents romantiques ; sa Sérénade, morceau caractéristique (op. 18, n°3) et sa Sérénade antique (op. 24 n°2), genre de miniature pour piano, de structure classique, dans le sillage des Sonates de Domenico Scarlatti (1685-1757) ; Quatre

Préludes (op. 14) : Janvier (solennel et grave), Février (s’animant), Mars (traits perlés), Avril (martial) dédiés à Zygmunt Noskowski, se situent dans la mouvance de Chopin. Parmi les titres polonais, figure son Nocturne w noc ksiezycowa (op. 26 n°1) signifiant « au clair de lune » et datant de 1906. Quant à sa Sonata pour alto et piano (op. 22), en trois mouvements — Allegro moderato de caractère espiègle ; Adagio sostenuto con moto, sentimental et très expressif ; Allegro risoluto, énergique —, elle s’inspire de motifs de danse polonais et est considérée comme la meilleure œuvre de W. GAWRONSKI, en tous cas la plus jouée. Les interprètes associent leurs talents au service de la musique polonaise et relancent avec enthousiasme ce répertoire. À apprécier à sa juste valeur.
Édith Weber
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