Autre preuve de l’intérêt de René GERBER pour la France : ses 6 Sonatines du Terroir parisien composées à Paris en 1934, alors qu’il suivait les cours de composition de Paul Dukas à l’École Normale de Musique. Comme le souligne le texte de présentation : « Ressortissant au cadre habituel (sauf la dernière, constituée de trois fugues), elles offrent une captivante synthèse entre le style linéaire et lumineux de l’auteur et les allusions à des thèmes de la tradition populaire ». La 5ecomprend notamment un thème avec variations et la 6e : Prélude-Fugue-Musette. D’une manière générale, les indications de tempi sont précisées, avec, en principe, un mouvement lent central. Catherine Aubert-Tackett fait preuve d’un toucher délicat, du respect des nuances.

Dans son ouvrage : Les exigences de l’art, paru aux Éditions Papillon (Genève/Drize, 2003), René GERBER résume sa démarche forte de 60 ans d’expérience et s’interroge sur l’essence même de l’art paradoxalement « indéfinissable dans son essence, sa source affective et imaginative et, en même temps, définissable dans sa réalisation, dans

la chose faite. » Il pose la question : « qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est un chef-d’œuvre ? » et précise à cet égard que quatre conditions doivent être remplies : style, forme, individualité et densité, ce qu’il réalise dans ses compositions. Son esthétique faisant appel à la modalité, à la tonalité et, occasionnellement, à la polytonalité, se situe dans la tendance post-ravélienne, accordant la priorité à la mélodie.

Ces disques déjà anciens retiendront l’attention par leur finalité pédagogique et grâce au talent de Catherine Aubert-Tackett.
Édith Weber
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