L’Ensemble Artemandoline propose aux discophiles un voyage à Naples, vraie capitale musicale où, au XVIIIe siècle, la mandoline était très appréciée, notamment dans les Salons et Palaces et par des virtuoses nobles. L’instrument peut être pincé par les doigts, ce qui produit un son court, ou joué avec un plectre pour obtenir des sons plus longs (trémolo, grattage).

Les solistes sont Juan Carlos Munoz, Mari Fe Pavon et Alla Tolkacheva. Ils se produisent sur des mandolines baroques. Les 5 Concertos font appel, selon les cas, aux instruments suivants : violons, alto, théorbe, guitare baroque, violoncelle, contrebasse, clavecin. De structure ternaire classique (avec un mouvement lent central gracieux ou méditatif), ils sont signés : Giovanni PAISIELLO (1740-1816) — célèbre compositeur du Barbier de Séville —, ses contemporains napolitains Giuseppe GIULIANO, Domenico CAUDIOSO et Carlo CECERE (1706-1761).

À noter, outre le paysage sonore, le charme, la séduction, la riche ornementation, l’inventivité mélodique, l’usage de la sixte napolitaine (sic), l’alternance de rythmes

binaires/ternaires. Musique de divertissement, pleine de grâce, agréable à entendre, faisant appel à l’expressivité comme à la virtuosité et, de surcroît, en premier enregistrement discographique mondial.
Édith Weber
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