Au départ : des Caprices sur des airs connus extraits de Mireille (1864), de Romeo et Juliette (1867), ainsi que de la Fantaisie sur Faust (drame lyrique, 1859), traités par le violoniste Pablo de SARASATE (1844-1908), puis re-traités, augmentés et orchestrés au XXe siècle par Daniel Tosi (né en 1953), agrégé, docteur du 3e cycle (Sorbonne), musicologue, compositeur et chef à la tête de l’Orchestre de chambre Méditerranée (ensemble de cordes) avec en soliste l’intrépide violoniste Diego Tosi. Ils rendent un hommage brillant à Charles GOUNOD (1818-1893) pour le bicentenaire de sa naissance.

Le tout est placé sous le signe de la variation et de la virtuosité, et Daniel Tosi précise qu’il a « tenté de créer un lien, une histoire, une sorte d’opéra de quinze ou vingt minutes ; le violoniste solo étant chargé de traduire le flot musical qui s’écoule à travers les différents chapitres, les piliers majestueux de l’œuvre » (p. 5). L’audacieux projet de ré-écriture baigne tour à tour dans le romantisme, l’ardeur, l’exaltation, le drame, mais aussi le raffinement et l’émotion à partir de trois Airs cités : Anges du Paradis (Mireille) ; Ah ! Lève-toi, soleil (Roméo) ; Demeure chaste et pure (Faust).



À l’arrivée : une brillante et fascinante expérience, un dépassement compositionnel, une interprétation hors pair, bref une entreprise à trois dimensions : GOUNOD-SARASATE-TOSI (père et fils). Violonissimo, bravissimo !
Édith Weber
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