À l’instar du poème symphonique Les steppes de l’Asie centrale (1880) d’Alexandre Borodine (1833-1887), cet enregistrement est intitulé Mélodies des Grandes Steppes (la steppe désignant une vaste étendue d’herbe dépourvue d’arbres). Il met en valeur notamment deux instruments orientaux : dombura (ou dombra, luth rustique piriforme à manche long et à cordes pincées, à la manière de la guitare, pratiqué de la Turquie jusqu’en Chine) et kobuz (sorte de viole de gambe à 2 cordes).

Il s’agit de versions originales ou d’arrangements de mélodies célèbres au Kazakhstan, par exemple : Konur — du poète, chanteur et compositeur, Korkyt ATA (IXe siècle), figure historique ayant vécu dans les steppes et devenue patron des musiciens — interprétée en deux versions : l’une originale pour kobuz solo ; l’autre, arrangée pour 3 kobuz et quatuor à cordes avec le concours du Kazakh State String Quartet (Quatuor à cordes de l’État Kazakh). Ou encore : la mélodie Yerke Sylkym de Zheldibayv ABDIMOMYN (né en 1934) pour dombra. Au total : 7 compositeurs essentiellement du XIXe siècle, le plus récent étant né en 1972.

À écouter avec curiosité, ce disque retiendra, à plus d’un titre, l’attention des ethnomusicologues et des organologues. Dépaysement assuré.
Édith Weber