Jean Sébastien BACH, mort en 1750, n’a écrit aucune note pour clarinette. En revanche, les compositeurs, nés à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, ont volontiers cultivé l’association clarinette-guitare, toutefois moins fréquente que le duo flûte et guitare.

Le programme comprend des arrangements de musiciens allemands, Christian Gottlieb SCHEIDLER (né à Aix-la-Chapelle en 1747, mort en 1829) ; Joseph Georg KÜFFNER, (guitariste né à Wurtzbourg en 1776, mort dans cette ville en 1856) ; Ernst KRÄHMER (né à Dresde en 1795, mort à Vienne en 1837) ; Johann Friedrich BURGMÜLLER (né à Ratisbonne en 1803, mort à Beaulieu-Marolles-en-Hurepoix en 1874), bien connu par sa méthode de piano, auxquels s’ajoute Johann Baptist WANHAL (né en Bohême en 1739, organiste et chef de chœur, mort à Vienne en 1813). Cette démonstration illustre 5 formes classiques : Sonate, Nocturne, Variations (Introduction et Variations) et Sérénade. Dimitri Ashkenazy atteste ainsi l’essor de la clarinette alors très appréciée dans les Salons et les Cafés avec la guitare facile à transporter ; en compagnie de Jean-Paul Greub (guitare), ils interprètent en parfaite connivence ce répertoire élaboré après de nombreuses recherches. À noter la sonorité chantante de

la clarinette, par exemple dans l’Adagio cantabile du Nocturne II de Fr. BURGMÜLLER, une volubilité mélodique bien dosée associée à des ponctuations de la guitare dans la Sérénade en Do majeur (op. 44) de J. KÜFFNER et la virtuosité des deux instruments dans la Variation 8 (op. 32) d’Ernest KRÄHMER.

Cette réalisation discographique souligne le passage du baroque finissant vers le classicisme, puis le romantisme. Encore une initiative originale et instructive à l’actif du Label GALLO et de son infatigable directeur, Olivier Buttex.
Édith Weber