Pour les programmes de leur Intégrale J. S. Bach, les deux organistes tant appréciés des mélomanes : Marie-Ange Leurent et Éric Lebrun procèdent à une judicieuse sélection, originale et personnelle. Les deux disques du Vol. 5 mettent ainsi en valeur la verve italienne avec deux Concertos (BWV 593 et 974) respectivement d’après Antonio Vivaldi (1678-1741) et Benedetto Marcello (1686-1739) et diverses pièces dans le style italien.

Par ailleurs, ils ont retenu non pas des instruments baroques nord-allemands mais deux orgues français récents : le Grand Orgue Freytag-Tricoteaux de l’Église Saint Vaast à Béthune, instrument polyvalent (inauguré en 2001) à 3 claviers (positif de dos, principal, pectoral) et pédalier, avec entre autres trois 16’. L’Orgue Yves Fossaert (achevé en 2012), de l’Église Saint-Sévère à Bourron-Marlotte, comprend deux claviers (56 notes chacun) : principal et écho expressif, et pédalier (deux 8’ et trois 16’), de traction mécanique un tantinet romantique. Cet instrument se prête à des registrations subtiles et à des timbres recherchés (jeux en bois et en métal).

Les deux interprètes tirant le meilleur parti des sonorités transparentes, s’imposent — comme à l’accoutumée — par leur haute maîtrise technique et leur sens solide de la

construction. Leur programme très varié porte sur tant de formes différentes allant de Préludes de Chorals luthériens aux Concertos, Fantaisies, pour un total de 23 œuvres. À noter tout particulièrement — outre la Pièce d’orgue en sol majeur (BWV 572) — le Pedal-Exercitium (BWV 598) et le Petit labyrinthe harmonique (BWV 591) rarement enregistrés.

Avec ces deux brillants organistes, rien n’est laissé au hasard. Ils se distinguent par l’intériorité et la profondeur de l’expression, le lyrisme, la virtuosité et la brillance. Ce Volume 5 projette sur Jean Sébastien Bach un éclairage à la fois italien, français et didactique.
Édith Weber
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