TCHAIKOVSKI. MOUSSORGSKY. STRAVINSKY. Romeo & Juliet. Pictures At An Exhibition. Firebird. Philippe Guilhon-Herbert, piano. 1 CD Indésens- Calliope : CAL 1632. TT : 62’02.

Voilà un disque qui ne nous convainc qu’à moitié tant la puissance, parfois éprouvante, du jeu de Philippe Guilhon-Herbert confère à son interprétation un aspect par trop monolithique où manquent souvent nuances et couleurs. Un programme conçu comme un itinéraire russe au travers d’œuvres de Tchaïkovski, Moussorgski ou encore Stravinski.
L’Ouverture-Fantaisie de Roméo et Juliette de Piotr Iliych Tchaïkovski est assurément la plage la plus réussie de ce CD, pleine de charme et de poésie. Dans une transcription de Philippe Guilhon-Herbert, elle témoigne, sans nul doute, de la capacité stupéfiante du pianiste français à reproduire les sonorités de l’orchestre, ainsi que de la variété de son jeu qui passe avec une facilité confondante de la romance à l’épopée. En revanche la lecture de l’Oiseau de feu d’Igor Stravinski semble moins convaincante.

Sa scansion rythmique très appuyée, la lourdeur du phrasé et le toucher étonnamment dur et peu nuancé finissent par lasser les oreilles les plus indulgentes. Critique qui ne fera que se confirmer tout au long des Tableaux d’une exposition de Modest Moussorgski, œuvre à la fois disparate par ses différents climats et profondément homogène dans sa globalité, dès lors que l’interprète parvient à en modeler les contours dans une conciliation difficile qui fait toute la valeur de l’interprétation.