W A. MOZART : Concerto pour piano K 488.Robert SCHUMANN : Concerto pour piano. Margarita Höhenrieder, piano,Wiener Symphoniker, dir. Fabio Luisi. 1CD SOLO MUSICA (www.solo-musica.de) : SM189. Distribution Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). TT : 75’ 01.

À elle seule, la photo de couverture en dit long sur la complicité du chef et de la pianiste. Ils interprètent deux Concertos pour piano et orchestre de Mozart de Schumann.
Le Concerto pour piano et orchestre n°23 en La Majeur (KV488) de W. A. Mozart comporte deux mouvements rapides avec un mouvement central lent. Dans le premier : Allegro, il spécule sur un sujet vif et un sujet plus suave, avec des tonalités mineures. Il incombe au piano d’orner le premier, d’assurer, après la ritournelle orchestrale, des traits de soliste, puis de rappeler le thème initial. À noter la libre cadence conclusive qui termine le premier tutti assortie d’une brève coda. L’Adagio central est marqué par le balancement de rythmes de sicilienne ; à l’exposition du thème à découvert, répondent clarinette, flûte, basson et violons. Un nouveau thème passera, au piano, du mineur au majeur.

Suit un dialogue entre la pianiste et les vents avec pizzicati des cordes, qui aboutit au pianissimo. Dans l’Allegro assai, le piano énonce à découvert un thème vivace auquel répondent le quatuor et les vents. Ce dernier mouvement est proche du rondeau et de l’allegro de sonate. La soliste, avec un remarquable toucher mozartien, se distingue particulièrement dans le premier intermède, puis dans la strette.
Le Concerto pour piano et orchestre en la mineur (op. 54) de Robert Schumann, achevé en 1845, créé par Clara Schumann en 1846, est dédié au pianiste Ferdinand Hiller. Il est également structuré en 3 mouvements : deux rapides, avec Andantino grazioso en intermède. L’Allegro affettuoso est introduit par le hautbois sur des accords au piano. Margarita Höhenrieder met en valeur la facture mélodique schumannienne. Le bref intermezzo comporte des répliques plus intimes entre la soliste et l’orchestre, et témoigne de la grande connivence entre chef et interprète. Dans le Finale, le piano se fait conquérant. Exceptionnelle collaboration entre le chef Fabio Luisi, l’Orchestre symphonique de Vienne et la soliste.
Le disque comprend encore, de Frédéric Chopin, les Variations en Si b majeur  sur le thème « La ci darem la mano » de Mozart (Don Juan), que Clara Wieck — alias Clara Schumann — a immédiatement ajoutées à son répertoire. Cette œuvre nécessite une grande virtuosité pianistique et une parfaite maîtrise technique à l’honneur de Margarita Höhenrieder (née en 1956), élève d’Anna Stadler et de Ludwig Hoffmann à Munich, ainsi que de Leon Fleisher à Baltimore. Elle enseigne à la Hochschule de Musique et Théâtre de Munich, et se produit avec les plus grands chefs. Elle a de nombreux enregistrements à son actif. Élégance, grâce, grande vivacité s’entremêlent dans ces pages unissant le génie des deux maîtres.
Fabio Luisi (né à Gênes en 1959) a dirigé des orchestres prestigieux, notamment de Vienne et de la Suisse Romande. Il a été directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, puis chef Principal de l’Orchestre symphonique national du Danemark. Il est actuellement directeur musical de l'Opernhaus de Zürich. Belle communion entre compositeurs et interprètes respirant, au plus haut point, l’amour et la joie de la musique.