Alessandro STRADELLA : Santa Pelagia. Oratorio pour quatre voix et basse continue. Roberta Mamelli, Raffaele Pe, Luca Cervoni, Sergio Foresti. Ensemble Mare Nostrum, dir. Andrea De Carlo. 1CD Arcana (distribution Outhere Music) : A431. TT. : 50'22.

Ceci est le quatrième volume du « Stradella project », d'enregistrement des oratorios d'Alessandro Stradella (1639-1682), après entre autres, « Santa Edita » (cf. LI de juin 2016). « Santa Pelagia » est un oratorio en deux parties pour quatre voix et basse continue, composé aux alentours de 1677. Il appartient au genre du drame spirituel, basé sur l'allégorie de la vanité humaine, comme on en trouve dans plusieurs pièces de l'époque et jusque chez Haendel dans « Il trionfo del tempo e del disinganno ». Il conte l'histoire de Pélagie d'Antioche, figure de sainte très populaire dans l'Italie du Seicento : la femme prostituée qui se convertit et fut baptisée par Nonnus, l'évêque d'Édesse, puis après s'être rendue à Jérusalem, vécut en ermite dans une prison sur le Mont des Oliviers. L'auteur du livret est inconnu, mais pourrait être le prince romain Lelio Orsini, qui écrivit celui de « Santa Editta ».

On y découvre la pécheresse tiraillée entre attirances du Monde et admonestations de la Religion. Autrement dit entre les forces du Bien et du Mal. Grâce à l'aide d'un personnage raisonnable, ici l'évêque Nonnus, elle trouvera le chemin du repentir. Les plaisirs recherchés par la femme, peu à peu gagnée par le doute, font place à la conversion et à la paix intérieure retrouvée. L'oratorio est centré sur le personnage titre qui affronte les trois autres, au fil de courtes arias précédées de récitatifs, outre de quelques aussi brefs duos et même d'un chœur à quatre (dit « des Mondains », ou ultime appel du plaisir à festoyer). On rencontre aussi le schéma récitatif-aria-récitatif, qui enchâsse l'air proprement dit dans un étonnant continuum dramatique. La présente exécution, captée au Festival Stradella de Nepi, vaut par la magistrale interprétation de Roberta Mamelli, voix de soprano céleste et expressive, et par l'engagement de la petite dizaine de musiciens de l'Ensemble Mare Nostrum que dirige avec doigté Andrea De Carlo.