Joseph-Guy ROPARTZ, Les 3 Sonates et autres pièces pour violon & piano, Alexis Galpérine, Jean-Louis Hagenauer, Gérard-Marie Fallour, Forgotten Records (https://forgottenrecords.com), fr 1828/9, TT : 60’30 (CD1), 47’41 (CD2)

Le compositeur breton (Guingamp, 1864 – Lanloup, 1955), compagnon de route de Vincent d’Indy, a connu de son vivant les honneurs officiels et académiques. George Enesco et Robert Casadesus ont donné ses trois Sonates en une seule séance le 30 mai 1929, prouvant ainsi l’estime qu’ils leur portaient. Malgré tout cela, son œuvre est progressivement mise à l’écart dès son vivant. Pourtant elle mérite de sortir dans la lumière, aussi bien auprès des musiciens que des mélomanes. Telle est la volonté du violoniste Alexis Galpérine, des pianistes : Jean-Louis Hagenauer et Gérard-Marie Fallour et de la maison de disques Forgotten Records. Cette rétrospective contient trois Sonates pour violon et piano, dont la création est espacée à chaque fois de dix ans : n°1 en ré mineur (1907) s’ouvre avec un grave cantique traditionnel breton qui donne le ton sombre et mélancolique de la partition ; n°2 en mi majeur (1917), écrite en pleine guerre à Nancy et dédiée à Gaston Vallin, la plus imposante, complexe par ses harmonies somptueuses qui soutiennent les phrases étirées ; n°3 en la majeur (1927), dédiée à George Enecso, la plus jouée de nos jours, peut-être à cause de son climat enjoué, son lyrisme lumineux, son côté passionnel. Alexis Galpérine et Jean-Louis Hagenauer savent non seulement traduire en émotion l’écriture du compositeur, mais trouvent des discours, des messages qui, à première vue, sont bien cachés dans le texte musical. L’entente parfaite des deux chambristes nous fait partir immédiatement vers un monde où l’art est la seule préoccupation.
Le deuxième disque est complété par quelques raretés parmi les œuvres officiels de Ropartz. Nous découvrons une magnifique Elégie op. 19, initialement écrite pour violoncelle et piano, évoquant la nostalgie des chants populaires. Elle est ici transcrite pour violon par Alexis Galpérine avec le concours de Benoit Menut, tout comme les quatre Mélodies qui concluent le programme. Puis vient Lamento avec tout le chagrin que le titre peut évoquer. Romanza e Scherzino fait partie des rares pages concertantes du compositeur, n’ayant pas pour autant une virtuosité apparente. Dans ce deuxième disque le violoniste est accompagné par Gérard- Marie Fallour. La générosité, la longueur de phrasés, un son chaud et une riche palette d’émotions exposées avec une élégance naturelle sont les atouts d’Alexis Galpérine. Soutenues par la profondeur et la rondeur dans le touché du piano sous les doigts de Gérard-Marie Fallour, ces qualités font de l’écoute un moment de détente profonde. N’hésitez pas à commander ce beau disque, ainsi que visiter le riche et très intéressant catalogue de la maison Forgotten Records :
https://forgottenrecords.com/fr/catalogue
Anna Maria BARBARA
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