Berlin-born Hans August Alexander Bronsart von Schellendorf (1830-1913, from a Prussian military family, and 'once a force to be reckoned with') wrote his F sharp minor Piano Concerto in 1873.

Hans August Alexander Bronsart von Schellendorf (1830-1913), né à Berlin et originaire d'une famille de militaires prussiens, a écrit son Concerto pour piano en fa dièse mineur en 1873.

The listener is plunged straight in, the orchestra stormily introducing the pianist’s soon-to-arrive heroic entrance.

L'auditeur, dès les premières mesures, se trouve comme parachuté dans l'orchestre, pour annoncer la tempête l'entrée héroïque du pianiste qui arrivera bientôt.

Voici un très bel enregistrement dans lequel s’entremêlent lyrisme, contrastes, fraîcheur, le tout avec beaucoup de personnalité et d’implication. Une rondeur dans le son et une sincérité constante couronnent cet enregistrement. On ressent chez Damien Aribert l’influence des musiques improvisées d’horizons diverses, comme on peut le retrouver dans le rock, la funk, le blues, l’Espagne et l’Amérique du sud. Ce tour du monde des musique actuelles autour d’un programme original et poétique en laissera plus d’un nostalgique, figé : le temps s’est arrêté…
Rêve, tendresse et swing, voilà qui qualifie parfaitement cet album !
Lionel Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2018

Georges BIZET, né à Paris en 1838, est mort à Bougival en 1875. Au Conservatoire National, il a été l’élève de Jacques-François-Fromental HALÉVY (1799-1862), compositeur, Prix de Rome et aussi écrivain. Il a composé des œuvres pour l’Opéra Comique et l’Opéra. Noé ou Le Déluge (Bizet et H. de Saint Georges), terminé par G. Bizet, reprend le récit biblique (Genèse, chapitres 6 à 9) concernant la réaction de Dieu à la méchanceté humaine, son châtiment par le déluge mais la sauvegarde d’un reste de chaque espèce vivante, dont Noé et les siens à l’abri dans l’arche.

Jacques-François-Fromental HALÉVY (1799-1862), compositeur de La Juive (créée à l’Opéra de Paris en 1835) et de chants religieux en hébreu et en latin, a été chef de chant au Théâtre Italien puis à l’Opéra. Il a traité le thème biblique de Noé, opéra en 3 actes, resté inachevé, puis complété par Bizet sous le titre Le Déluge, avec alternance de récits, chœurs, scènes, romances (solo), duos, trios, ballets.

Cette création mondiale en sa version française est réalisée par 8 solistes, l’ensemble vocal Cori spezzati (Olivier Obdebeeck), l’Orchestre Français Albéric Magnard, tous

Cet opéra, créé à Paris en 1883, est édité en premier enregistrement mondial, avec le soutien d’Eurotunnel. Il repose sur le livret de Léonce Détroyat et Armand Sylvestre, d’après Shakespeare et Pedro Calderon de La Barca (La Comédie du Schisme en Angleterre). Henry VIII (1491-1547, 2e Tudor), ayant accédé au trône en 1509, est, par l’Acte de Suprématie (1534), devenu le chef unique de l’Église d’Angleterre. L’enregistrement remonte à 2003.

Parmi les intervenants, figurent 7 solistes vocaux, les Chœurs du Théâtre des Arts de Rouen, la Fanfare de Villers-Cotterêts et l’Orchestre Lyrique Français, dirigés par Alain Guignal. À noter la belle prestation de Dominique Khalfouni (danseuse étoile) et Jan Broeckx (danseur étoile) et la mise en scène très étudiée de Pierre Jourdan.

L’œuvre en 4 actes, assez proche de Giacomo Meyerbeer, représente un mélange d’histoire, d’amour et de cruauté. L’action se passe au Parc de Richmond, au Palais Royal de Londres, chez le Roi, dans les appartements de la Reine Ann, mais aussi au Synode. À remarquer, entre autres, le thème Maestoso d’origine anglicane, le Menuet, les décors somptueux, la scénographie d’Yves Samson, les costumes d’époque réalisés par Jean-Yves Legavre et les savants effets de lumières de Jean Khalman qui

Ambroise THOMAS, né à Metz en 1811, est mort à Paris en 1896. Dès 1828, il étudie le piano, l’harmonie et la composition au Conservatoire National. Membre de l’Institut, il assumera les fonctions de directeur du Conservatoire. Il a composé 3 Ballets, une vingtaine d’ouvrages lyriques. Tout en s’étant affranchi de l’influence italienne, son œuvre reste assez conformiste ; elle est empreinte d’un certain lyrisme et d’un charme un peu désuet. Essentiellement musicien de théâtre, il sait composer pour les voix. Toutefois, la musique de ce Premier Grand Prix de Rome manque quelque peu de personnalité.

Pour le Songe d’une nuit d’été, opéra en 3 actes, Ambroise THOMAS a retenu le poème de Joseph-Bernard Rosier et d’Adolphe de Leuven (et non la comédie de Shakespeare : Midsummer Night’s Dream, que Benjamin Britten (1913-1976) traitera ultérieurement). Dans cette œuvre très bien accueillie lors de sa création (le 20 avril 1850 à l’Opéra Comique), il cherche avant tout à plaire. Cette représentation fait appel à 8 solistes, aux dynamiques Chœurs du Théâtre Français de la Musique, à l’Orchestre Symphonique de la Radio et de la Télévision de Cracovie, tous placés sous la direction de Michel Swierczewski. Les décors très étudiés sont de Gilles Dubernet ;

La Collection « L’opéra français » — à l’initiative de Pierre Jourdan, directeur du Théâtre Impérial de Compiègne — permet, dans d’excellentes conditions techniques, de visualiser et d’entendre une sélection d’Opéras avec décors, costumes, mise en scène et des solistes triés sur le volet comme, par exemple, Anne-Sophie Schmidt au téléphone dans La voix humaine — chef-d’œuvre de Francis POULENC (1899-1963) sur le livret de Jean COCTEAU (1889-1963) —, accompagnée par l’Orchestre Ostinato, sous la baguette précise de Jean-Luc Tingaud. Lors d’interminables conversations téléphoniques parlando/chantées, avec un rythme verbal haletant et une facture mélodique très disjointe, elle tient constamment en haleine l’auditoire, passe par toutes les nuances de la palette expressive et toutes les positions (assise, allongée, debout, recroquevillée…) exigées par la mise en scène pour ce long huis-clos intimiste. Vraie comédienne, elle fait preuve d’une grande volubilité et d’une virtuosité vocale à toute épreuve, favorisant l’intelligibilité du texte. L’ensemble bénéficie d’un décor sobre et efficace (la grosse ampoule éclairant la chambre est du meilleur effet).

Cet enregistrement comporte aussi Une éducation manquée d’Emmanuel CHABRIER (1841-1894) et Darius MILHAUD (1892-1974) d’après le livret d’Eugène Leterrier

L’Ensemble Artemandoline propose aux discophiles un voyage à Naples, vraie capitale musicale où, au XVIIIe siècle, la mandoline était très appréciée, notamment dans les Salons et Palaces et par des virtuoses nobles. L’instrument peut être pincé par les doigts, ce qui produit un son court, ou joué avec un plectre pour obtenir des sons plus longs (trémolo, grattage).

Les solistes sont Juan Carlos Munoz, Mari Fe Pavon et Alla Tolkacheva. Ils se produisent sur des mandolines baroques. Les 5 Concertos font appel, selon les cas, aux instruments suivants : violons, alto, théorbe, guitare baroque, violoncelle, contrebasse, clavecin. De structure ternaire classique (avec un mouvement lent central gracieux ou méditatif), ils sont signés : Giovanni PAISIELLO (1740-1816) — célèbre compositeur du Barbier de Séville —, ses contemporains napolitains Giuseppe GIULIANO, Domenico CAUDIOSO et Carlo CECERE (1706-1761).

À noter, outre le paysage sonore, le charme, la séduction, la riche ornementation, l’inventivité mélodique, l’usage de la sixte napolitaine (sic), l’alternance de rythmes

Perry SCHACK, guitariste virtuose — célèbre par ses nombreuses prestations en soliste et accompagnateur, aux États-Unis, Canada, en Corée du Sud, Nouvelle Zélande, Australie, Grèce — a fait ses études à Munich et au Mozarteum à Salzbourg. Il rappelle que, âgé de 8 ans, il a entendu une œuvre de Mauro GIULIANI (1781-1829) interprétée par Andres Segovia, qui a motivé son engouement pour la guitare et le répertoire romantique.

Le programme dans l’ordre chronologique permet de découvrir Six Variations sur la chanson populaire I bin a Kohlbauernbub (Je suis un gars de mineur) exploitée par M. GIULIANI qui l’avait entendue lors de concerts en Autriche. Il y déploie tout son art de la variation et conjugue une mélodie allemande avec le tempérament italien et une forte dose de virtuosité instrumentale. Une vraie explosion de joie. Le volet central concerne Douze Bagatelles (op. 4) de Heinrich MARSCHNER (1795-1861), connu par ses opéras romantiques. Il s’agit de pièces brèves, variées et agréables à entendre. Le compositeur privilégie les mouvements assez rapides (Allegro) alternant avec des passages lents et expressifs (Andante con moto). À remarquer la 3e Bagatelle (Risoluto). Pour conclure au sommet de la bravoure et de l’endurance, P. Schack a retenu

Au départ : des Caprices sur des airs connus extraits de Mireille (1864), de Romeo et Juliette (1867), ainsi que de la Fantaisie sur Faust (drame lyrique, 1859), traités par le violoniste Pablo de SARASATE (1844-1908), puis re-traités, augmentés et orchestrés au XXe siècle par Daniel Tosi (né en 1953), agrégé, docteur du 3e cycle (Sorbonne), musicologue, compositeur et chef à la tête de l’Orchestre de chambre Méditerranée (ensemble de cordes) avec en soliste l’intrépide violoniste Diego Tosi. Ils rendent un hommage brillant à Charles GOUNOD (1818-1893) pour le bicentenaire de sa naissance.

Le tout est placé sous le signe de la variation et de la virtuosité, et Daniel Tosi précise qu’il a « tenté de créer un lien, une histoire, une sorte d’opéra de quinze ou vingt minutes ; le violoniste solo étant chargé de traduire le flot musical qui s’écoule à travers les différents chapitres, les piliers majestueux de l’œuvre » (p. 5). L’audacieux projet de ré-écriture baigne tour à tour dans le romantisme, l’ardeur, l’exaltation, le drame, mais aussi le raffinement et l’émotion à partir de trois Airs cités : Anges du Paradis (Mireille) ; Ah ! Lève-toi, soleil (Roméo) ; Demeure chaste et pure (Faust).

En collaboration avec les Archives internationales de Musique populaire (Musée d’ethnographie, Genève), le label VDE-GALLO propose un aperçu des possibilités du shakuhachi, genre de flûte vraisemblablement originaire de Chine, devenue un instrument traditionnel au Japon vers le VIIe-VIIIe siècle pour les musiques de la Cour impériale jusqu’à la fin du XIXe siècle. Comme le précise le remarquable texte d’accompagnement, ce disque, complété par des illustrations significatives, deux autres flûtes droites en bambou (à 5 trous) sont utilisées jusque vers 1600. Puis, une flûte plus longue shakuhachi devient l’instrument populaire joué par des moines errants dans le cadre de leurs méditations. Ces Komuso appartiennent à la secte Fuke cultivant la pensée zen. Leur instrument est surtout un outil (hoki) de pratique du zen, doté d’un potentiel acoustique et symbolique, son jeu nécessite une grande concentration.

Cette « Offrande » de sept pièces porte sur la contemplation de la lettre A visant à l’illumination ; sur le constat qu’une pièce spécifique est associée à chaque temple ; sur la « vacuité » (le ciel vide), pièce la plus ancienne du répertoire ; sur la « clochette » du moine, avec une fonction liturgique ; sur l’hommage à un défunt ; sur

À l’instar du poème symphonique Les steppes de l’Asie centrale (1880) d’Alexandre Borodine (1833-1887), cet enregistrement est intitulé Mélodies des Grandes Steppes (la steppe désignant une vaste étendue d’herbe dépourvue d’arbres). Il met en valeur notamment deux instruments orientaux : dombura (ou dombra, luth rustique piriforme à manche long et à cordes pincées, à la manière de la guitare, pratiqué de la Turquie jusqu’en Chine) et kobuz (sorte de viole de gambe à 2 cordes).

Il s’agit de versions originales ou d’arrangements de mélodies célèbres au Kazakhstan, par exemple : Konur — du poète, chanteur et compositeur, Korkyt ATA (IXe siècle), figure historique ayant vécu dans les steppes et devenue patron des musiciens — interprétée en deux versions : l’une originale pour kobuz solo ; l’autre, arrangée pour 3 kobuz et quatuor à cordes avec le concours du Kazakh State String Quartet (Quatuor à cordes de l’État Kazakh). Ou encore : la mélodie Yerke Sylkym de Zheldibayv ABDIMOMYN (né en 1934) pour dombra. Au total : 7 compositeurs essentiellement du XIXe siècle, le plus récent étant né en 1972.

À écouter avec curiosité, ce disque retiendra, à plus d’un titre, l’attention des ethnomusicologues et des organologues. Dépaysement assuré.
Édith Weber

Toujours à l’affût de titres accrocheurs, le label GALLO convie les amateurs de hautbois et de guitare à un long parcours chronologique allant de Georg Philipp TELEMANN (1681-1767) et Ernst Gottlieb Baron (1696-1760) jusqu’à Astor PIAZZOLLA (1921-1992) — en passant entre autres par Giovanni Battista PERGOLESI (1710-1736), Heitor VILLA-LOBOS (1887-1959), Jacques IBERT (1890-1962) — et à un vaste itinéraire géographique : Allemagne, Italie, France, Angleterre et Brésil.

Ce disque illustre les formes évoluant au fil des siècles : Partita (variations), Sonate, Sicilienne, Romance, Chansons populaires, Bachianas Brasileira, Aria, Cantilène, Consolation… : 26 plages au total, et plus d’une heure d’écoute, avec des résonances de musique baroque, romantique, classique, brésilienne, anglaise, italienne et contemporaine, émanant de 11 compositeurs : de quoi divertir les discophiles curieux.

Silvano Scanziani, hautboïste, compositeur et chef d’orchestre, a collaboré avec les plus grandes formations internationales. Domenico Lafasciano, guitariste, disciple notamment d’Alexandre Lagoya, se produit dans les cinq continents, participe aussi à des événements spéciaux et des célébrations. Il est également professeur de

Les enregistrements contemporains pour saxophone et piano se font moins rares. Voici une réalisation entièrement polonaise tant par les compositeurs et interprètes que par le Label ACTE PRÉALABLE. Elle est due à Urszula Szyryska (piano) et Julita Przybylska (saxophone).

Les œuvres des compositeurs Marek JASINSKI et Jaromir GAJEWSKI sont très prisés lors de concerts internationaux. Le premier, né en 1949 à Stargard Szczecinski, est mort en 2010 à Cluj (Roumanie). Après ses études de théorie, composition et direction à l’Académie de Musique de Poznan, il a suivi de nombreuses masterclasses organisées par l’UNESCO, puis a enseigné ces différentes matières. Ses compositions sont interprétées non seulement en Europe, mais encore en Argentine, Australie, Israël, au Canada et aux États-Unis. La première œuvre du CD, pour piano et saxophone, concerne Méditations (Medytacje) : insomnie sur la Hudson River, composées en 2009 (soit un an avant la mort de M. Jasinski). L’œuvre se réclame de la musique aléatoire offrant une grande variété dans les tempi du compositeur et des interprètes qui disposent donc d’une certaine liberté (ad libitum) ; les deux instrumentistes suivent les linéaments de cette page d’humeur sans retenue. La sonorité chantante du

Le titre anglais correspond mieux aux objectifs du Label JADE. En effet, Pablo PICASSO (1881-1973) — sans être « musicien » au sens propre et pratique — a fréquenté de nombreux compositeurs et musiciens.

Ce coffret de 2 disques sort à point nommé, parallèlement à une dizaine d’Expositions (été 2018) organisées en France autour de PICASSO-PICABIA (Aix-en-Provence), de sa carrière artistique « si prolifique et la plus inventive du XXe siècle » selon Éric Bietri-Rivière (Le Figaro, 26. 06. 2018, p. 28). D’autres thèmes concernent : PICASSO-MÉDITERRANÉE, PICASSO ET SES ATELIERS (Évian). Son dernier fils, CLAUDE PICASSO, relève « un éparpillage des chefs-d’œuvre du Musée Picasso ». L’imposant univers pictural est complété par « le monde musical », compilation permettant de retrouver des interprètes très appréciés par Pablo PICASSO : la pianiste Alicia de Larrocha (ALBENIZ, GRANADOS), le guitariste Andres Segovia (I. ALBENIZ/F. TARREGA) ; les chanteurs Pierre Bernac (Fr. POULENC), Yves Montand, Juliette Greco et Jean Ferrat ; les chefs et orchestres célèbres : Ernest ANSERMET (Orchestre de la Suisse Romande), Pierre DERVAUX (Orchestre de Paris), Paul PARAY (Detroit Symphony Orchestra)

Peter-Lukas Graf (flûte), Thomas Wicky (violon) et Carlos Gil-Gonzalo (piano) font revivre des œuvres de Joseph LAUBER (1864-1952) de Suisse alémanique et de Henri GAGNEBIN (1886-1977), de Suisse romande. Ce disque démontre l’impact de deux cultures, l’influence de hauts-lieux de la musique : Lucerne, Neuchâtel, Genève, mais aussi de Munich, Leipzig et Paris, sans oublier la réaction contre Arnold Schoenberg (1874-1951) dont le style compliqué « étouffe toute émotion ».

Joseph LAUBER, né fin décembre 1864 près de Lucerne, est mort à Genève en 1952. Il a fait ses études au Conservatoire de Zurich en chant, harmonie, composition, histoire de la musique, orgue, piano et direction, puis, après une formation complémentaire en orgue auprès de Joseph Rheinberger, à Munich. Il exerce ses activités d’organiste notamment au Temple français du Locle. En 1892, il se perfectionne au Conservatoire National de Paris auprès de Louis Diémer et de composition avec Jules Massenet. Installé à Zurich, il est professeur de virtuosité au piano avant d’être nommé chef d’orchestre du Grand Théâtre de Genève ; il enseigne aussi la composition.

Son Catalogue comprend 320 œuvres musicales solidement ancrées dans la tradition et en marge de la « nouvelle musique », comme il ressort de sa Sonate en ré mineur

Très prisé au XIXe siècle, actuellement en vogue chez les éditeurs, le duo clarinette-guitare convient à merveille pour recréer l’atmosphère des Sérénades et Nocturnes. Luigi Magistrelli (clarinettes en Do, Si b et La, de facture allemande) et Bruno Giuffredi (guitare Fabio Zontini 2013) — avec occasionnellement le concours de Laura Magistrelli et Cristina Romano (clarinettes) dans le Nocturne pour 3 clarinettes — recréent, avec un bel esprit d’équipe, cette ambiance typiquement italienne. Ils permettent aussi de découvrir des compositeurs alors actifs en Italie, tels que Filippo GRAGANI (1768-1820), Raimondo CUBONI (1782-1842), Mauro GIULANI (1781-1829), Ferdinando CARULLI (1770-1841), Matteo BARBI (XIXe s.). Ils s’imposent par leur inventivité mélodique et rythmique, leur science de la variation, leur esthétique romantique faisant autant appel à l’intériorité et à l’expressivité qu’à la virtuosité technique. Ce programme est conçu par L. Magistrelli qui a souhaité regrouper des œuvres inconnues (dont certaines en premier enregistrement mondial) est un modèle du genre. Il leur a associé deux noms célèbres : Niccolo PAGANINI (1782-1849) et Gioachino ROSSINI (1792-1868) avec des arrangements (Sérénade, Tarentelle) du clarinettiste Adriano AMORE (1965). Cette Tarentelle pose un brillant point d’orgue

Jean Sébastien BACH, mort en 1750, n’a écrit aucune note pour clarinette. En revanche, les compositeurs, nés à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, ont volontiers cultivé l’association clarinette-guitare, toutefois moins fréquente que le duo flûte et guitare.

Le programme comprend des arrangements de musiciens allemands, Christian Gottlieb SCHEIDLER (né à Aix-la-Chapelle en 1747, mort en 1829) ; Joseph Georg KÜFFNER, (guitariste né à Wurtzbourg en 1776, mort dans cette ville en 1856) ; Ernst KRÄHMER (né à Dresde en 1795, mort à Vienne en 1837) ; Johann Friedrich BURGMÜLLER (né à Ratisbonne en 1803, mort à Beaulieu-Marolles-en-Hurepoix en 1874), bien connu par sa méthode de piano, auxquels s’ajoute Johann Baptist WANHAL (né en Bohême en 1739, organiste et chef de chœur, mort à Vienne en 1813). Cette démonstration illustre 5 formes classiques : Sonate, Nocturne, Variations (Introduction et Variations) et Sérénade. Dimitri Ashkenazy atteste ainsi l’essor de la clarinette alors très appréciée dans les Salons et les Cafés avec la guitare facile à transporter ; en compagnie de Jean-Paul Greub (guitare), ils interprètent en parfaite connivence ce répertoire élaboré après de nombreuses recherches. À noter la sonorité chantante de

Le Trio Torrello (mezzo-soprano, flûte et piano) propose un disque original — allant de Jean Sébastien BACH à George GERSWHIN et Édith PIAF, en passant par des compositeurs italiens, français et suisses du XIXe siècle.

Le sous-titre : « Une flûte enchantée » est justifié par 3 pièces : Une flûte invisible (Camille SAINT-SAËNS, 1835-1928), Viens, une flûte invisible soupire (Victor HUGO/André CAPLET, 1878-1925) et Une flûte enchantée (Maurice RAVEL, 1876-1938). Au total : 11 compositeurs, 11 œuvres, un univers cosmopolite. Avec des formations variées, les 3 interprètes, réalisent une belle « célébration de la mélodie », en parfaite connivence, car ils se connaissent depuis leurs études. À noter le dialogue : Viens, une flûte invisible d’André CAPLET. Valentina Londino (mezzo-soprano) interprète avec une incroyable aisance des mélodies allemandes de Volkmar ANDREAE (1879-1972), compositeur suisse ; françaises : Les Cadeaux (extraits des 3 Chants de Noël de Frank MARTIN (1890-1974) ou encore Allez, venez, Milord (Édith PIAF, 1915-1962) ; anglaises : Summertime de George GERSHWIN (1898-1937). Tommaso Maria Maggiolini, flûtiste milanais, interprète en solo : Bergère captive de Pierre

Le Label GALLO fait redécouvrir 9 Airs (dont 6 en premier enregistrement mondial) de 3 compositeurs italiens du XIXe siècle, nés à l’extrême fin du XVIIIe siècle : Giachino ROSSINI (1792-1868), Saverio MERCADANTE (1795-1870), Gaetano DONIZETTI (1797-1848), avec le concours de l’Aria Ensemble : flûte, hautbois, clarinettes (instrument privilégié à cette époque et au sommet de sa facture), cor de basset, piano et voix (ténor, basse) au gré des œuvres et arrangements.

Cette réalisation inédite est particulièrement intéressante sous l’angle de l’exploitation de divers timbres instrumentaux et vocaux : autrement dit un vrai « pot-pourri » à l’instar de la première œuvre enregistrée. Le programme si varié propose des thèmes profanes : Variations, Cavatine (thème de L’Italienne à Alger), Thème et Variations et des pièces religieuses : Aria Domine Deus (basse), Jucundus homo (basse, extrait du Psaume Beatus Vir), Aurae de caelo leves (ténor) et Gratias agimus tibi (ténor). Les voix font état d’une certaine religiosité théâtrale typique du Bel Canto dans le style de l’opéra. L’accompagnement pianistique de Marina Degl’Innocenti est discret et léger ; Luigi Magistrelli, à la clarinette, s’impose par sa volubilité. Curiosités à découvrir.
Édith Weber

Pour les programmes de leur Intégrale J. S. Bach, les deux organistes tant appréciés des mélomanes : Marie-Ange Leurent et Éric Lebrun procèdent à une judicieuse sélection, originale et personnelle. Les deux disques du Vol. 5 mettent ainsi en valeur la verve italienne avec deux Concertos (BWV 593 et 974) respectivement d’après Antonio Vivaldi (1678-1741) et Benedetto Marcello (1686-1739) et diverses pièces dans le style italien.

Par ailleurs, ils ont retenu non pas des instruments baroques nord-allemands mais deux orgues français récents : le Grand Orgue Freytag-Tricoteaux de l’Église Saint Vaast à Béthune, instrument polyvalent (inauguré en 2001) à 3 claviers (positif de dos, principal, pectoral) et pédalier, avec entre autres trois 16’. L’Orgue Yves Fossaert (achevé en 2012), de l’Église Saint-Sévère à Bourron-Marlotte, comprend deux claviers (56 notes chacun) : principal et écho expressif, et pédalier (deux 8’ et trois 16’), de traction mécanique un tantinet romantique. Cet instrument se prête à des registrations subtiles et à des timbres recherchés (jeux en bois et en métal).

Les deux interprètes tirant le meilleur parti des sonorités transparentes, s’imposent — comme à l’accoutumée — par leur haute maîtrise technique et leur sens solide de la

S’attaquer au répertoire français du XXème siècle, avec Jolivet en tête de file, qui plus est en hommage au Quintette à Vent Français de Jean-Pierre Rampal est une entreprise ambitieuse tant on sait que ces compositeurs ont livré des pages redoutables aux instrumentistes à vent. Le Quintette Aquilon réussit pleinement ce projet, et donne à entendre les couleurs harmoniques riches, les articulations ciselées, le style « sautillant » et ironique très caractéristique de cette époque et de cette veine de compositeurs. Si la prise de son ne permet pas toujours de goûter tous les reliefs et toutes les nuances, on est séduit par la vivacité des rythmes, par l’apparente facilité et la cohésion des contours, véritable signature de la virtuosité de ce quintette.

Ce disque constitue une découverte pour qui ne connaissait pas ce répertoire et cette formation, il peut aussi constituer une belle référence dans ce style et dans la discographie du quintette à vent pour qui aime cette époque et cette formation si particulière. On peut attendre de nouvelles réalisations avec envie, et surtout une mise en avant plus efficace du Quintette Aquilon, qui n’a sans aucun doute pas besoin de rester dans le sillage de ses ancêtres : on peut en effet regretter que l’hommage au

Olivier Calmel signe chez Klarthe un disque de « Jazz de chambre composé » : Immatériel, sous-titré Double Celli. La pochette, arborant les volutes et les chevalets des violoncelles, dans des teintes de bois, très classique, ne laisse pas présager de cette esthétique « jazzy » : pourtant les premières secondes du disque donnent le ton, notamment avec la batterie caractéristique du style. Ce sont donc quatre instruments à cordes, violon, alto et deux violoncelles comme l’annonce le sous-titre, parfaitement maîtrisés par Johan Renard, Frédéric Eymard, Xavier Phillips et Clément Petit, la batterie et les percussions de Antoine Banville, classique et fidèle à l’attente de l’accompagnement rythmique du Jazz, et enfin Olivier Calmel au piano ainsi qu’à la signature des compositions (sauf deux) qui sont à entendre dans cet enregistrement. L’effectif est bien utilisé, varié entre les pistes, mettant tour à tour en valeur chaque instrument, sans oublier le plaisir du son de groupe.

Pizzicati, harmoniques, sul ponticello, sul tasto, piano aux cordes étouffées, bâton de pluie… toutes les richesses des instruments sont employées, conférant à ce disque un chatoiement sonore tout à fait plaisant. Les couleurs harmoniques et mélodiques sont classiques, volontiers orientalistes, bien consonantes, bien polies. Les