Johann Sebastian BACH Intégrale de l’oeuvre d’orgue, Vol. 3. Clavierübung III & chorals divers. Marie-Ange Leurent, Éric Lebrun, orgue. 2CDs MONTHABOR (www.monthabor.com ) : . TT : 62’52+ 70’23.

Marie-Ange Leurent et Éric Lebrun, bien connus des lecteurs de la Lettre d’information — après leurs Intégrales Buxtehude et Boëly — poursuivent celle de Jean Sébastien Bach (cf. Vol. 1 : LI, avril 2016 ; Vol. 2 : LI, oct. 2016), en une vraie complicité artistique et chronologique. Ils ont, en effet, judicieusement retenu l’Orgue Heinrich Gottfried Trost à Waltershausen, construit entre 1723 et 1743, d’esthétique baroque par excellence ; or, cet instrument historique de l’Église « Zur Gotteshilfe » est contemporain de la gestation par Bach de la Clavierübung dritter Teil publiée en 1739. Il s’agit donc d’une adéquation entre facture et composition.

Johann Sebastian BACH : Johannes-Passion (BWV 245). Thomanerchor Leipzig. Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dir. Georg Christoph Biller. 2CDs RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de) : ROP 405051. TT : 33’54 + 74’01.

Voici une version authentiquement

leipzicoise

enregistrée à Saint-Thomas, réalisée par le Thomanerchor (Choeur de Saint-Thomas), dirigée par le Thomaskantor bien connu, Georg Christoph Biller qui a fait appel à l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Il s’agit d’un enregistrement d’avril 2007 qui reparaît en 2017 sous une autre présentation et avec un prix spécial (deux CD pour le prix d’un). Des solistes de renom international interviennent : Ruth Holton (soprano) ; Matthias Rexroth (alto) ; Marcus Ullmann (ténor) ; Gotthold Schwarz et Henryk Böhm (basses) dans les rôles traditionnels : Évangéliste, Jésus, la servante, le serviteur, Pierre, Pilate ; le Choeur assumant le rôle, les réactions de la foule (turba) et les chorals. L’Évangéliste (Marcus Ullmann) restitue les moindres inflexions du récit biblique, le Choeur s’impose d’emblée par la précision de ses interventions bien scandées et les chorals si bien ressentis.

Friedrich KIEL : REQUIEM in F minor op. 20. Ensemberlino vocale, dir. Matthias Stoffels 1CD RONDEAU PRODUCTION (www.rondeau.de) : ROP6141. TT : 57’42.

L’oeuvre de Friedrich Kiel (1821-1885), professeur de composition très estimé et compositeur éminent, est tombée dans l’oubli. Pourtant, son Requiem protestant situé entre ceux de Mozart et de Verdi marque un jalon dans le répertoire du genre. Le Label RONDEAU présente l’oeuvre selon les conditions de sa création et dans l’esprit de la musique de chambre, c’est-à-dire avec un simple accompagnement au piano. Cette seconde version de 1878, adaptée pour piano par Julius Stern (1820-1883), a été revue pour l’« Ensemberlino vocale » (groupant une trentaine de choristes) par Matthias Stoffels qui a étudié la musique, la germanistique, la direction chorale à Berlin et fréquenté de nombreuses masterclasses dont celles d’Eric Ericsson. Il a dirigé le Choeur de la Radio de Bayreuth, enseigné la direction et est, depuis 2006, professeur de musicologie et directeur artistique à Munich.

Passacaglias. 1CD ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ): AP0375. TT : 69’ 33.

Étymologiquement, le mot passacaille (ou passacaglia) dérive de l’expression espagnole : passar una calle, c’est-à-dire « passer dans une rue » et, à l’origine, concerne une musique jouée ou chantée dans la rue (cortège, procession). En général, une courte phrase est répétée et des variations permettent d’éviter l’effet de monotonie. Cette forme prend alors le sens de « thème et variations ». Elle est très présente dans la musique d’orgue (Bach, Pachelbel, Brahms, Reger) mais aussi dans la musique de chambre et la symphonie. Le mot passacaille peut aussi servir d’indication « sous la forme et dans le tempo » : In Form und Zeitmas einer Passacaglia (P. Hindemith) ou reposer sur un thème, par exemple une mélodie anglaise ancienne, Passacaglia on an Old English Tune (R. Clarke,).

Stefano Molardi, orgue. 4CDs DIVOX ANTIQUA (www.divox.com). Diffusion : Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). Vol. 1 : CDX-70309/10-6 (TT : 63’47+ 73’41); Vol. 2 : CDX-70311/12 (68’42+ 77’29).

Claudio Merulo (alias Claudio da Corregio), né à Corregio en 1533 et mort à Parme en 1604, est un compositeur, éditeur et organiste italien prolifique actif à la fin de la Renaissance et pratiquant le style polychoral typiquement vénitien. Après avoir été l’élève de Girolamo Donato et vraisemblablement de Gioseffo Zarlino à Saint-Marc de Venise — où il a rencontré Constanzo Porta —, il est à partir de 1556 successivement organiste de la Cathédrale de Brescia, de Saint-Marc de Venise, puis notamment de la Cathédrale de Parme, où il meurt en 1604. Il est considéré comme l’un des meilleurs organistes de la Renaissance italienne.

Stefano Molardi, orgue. 1CD DIVOX ANTIQUA (www.divox.com ). Diffusion : Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). Organ Series, Vol.VIII. CDX 70903. TT : 72’ 45.

Stefano Molardi, organiste, musicologue, claveciniste et chef, formé auprès de célèbres maîtres : Ton Koopman, Harald Vogel, Luigi Ferdinando Tagliavini, Horatiu Radulescu…, propose un programme thématique autour de Mozart à Bologne et de la forme sonate, permettant aussi de découvrir des célèbres Orgues historiques italiens des facteurs Serassi (1794), au Dôme de Guastalla ; Traeri-Cipri-Montesanti (1784-88), à la Collégiale de Gualtieri ; et Benedetti (1767), à l’Église paroissiale de Brescello.

Ullrich Böhme, orgue. 1CD RONDEAU PRODUCTION ( www.rondeau.de ) : ROP6117. TT : 70’57.

Ullrich Böhme, l’heureux organiste titulaire des Orgues de l’Église St-Thomas à Leipzig, bien connu de nos lecteurs (cf. Lettre d’information, n°101, mars 2016, à propos des 6 Sonates de J. S. Bach) illustre les nombreuses possibilités d’une part, de l’« Orgue Bach » du facteur Gerald Woehl (61 jeux aux sonorités typiquement baroques, construit en 2000 pour le Jubilé Bach) et, d’autre part, de l’Orgue Sauer du facteur Wilhelm Sauer (1831-1916), d’esthétique romantique, avec 63 jeux, construit entre 1885 et 1889 et dont le nombre de registres a été porté à 88 en 1908.

1CD MILAN MUSIC (www.milanmusic.fr): 399 867-2. TT : 62’41.

Selon le texte d’accompagnement, l’acteur Klaus Kinski a prédit, le jour de sa naissance, que Lucas Romero « sera un guitariste sauvage ». Il a été formé à l’école du groupe familial Gitano Family et est devenu l’un des plus brillants guitaristes de sa génération. Il « perpétue le style gipsy, sauvage, festif, improvisé et instinctif qu’il renouvelle de touches puisées lors de ses nombreux voyages : Moyen-Orient, Japon, Tahiti… » comme il ressort des titres évocateurs des 15 pièces enregistrées soit pour guitare solo, pour guitares rythmiques, pour chant pour claviers et chant.

1CD JADE (www.jade-music.net) : 699 877-2. TT : 65’38.

Il s’agit de la réédition de l’album de Nawal, chanteuse franco-comorienne, « diva pop et mystique » à la voix puissante, qui a enchanté le public du monde entier. Elle chante, joue d’un instrument cordophone traditionnel comorien (gambusi), de la guitare, du daf (membranophone persan), des flûtes, du piano à pouce, de la mbira zimbabwéenne. Elle spécule sur l’acoustique et mise sur une spiritualité métisse. Elle recherche la quête mystique, la spiritualité transcendantale car,

Ensemble Amarillis. Héloïse Gaillard & Violaine Cochard. 1 CD Evidence Classics : EVCD032. TT : 52’07.

L’Ensemble Amarillis, dirigé par Héloïse Gaillard et Violaine Cochard, qui vient de recevoir le label « Telemann 2017 » en témoignage de l’important travail effectué autour du compositeur allemand dont on célèbre cette année le 250e anniversaire de la mort, nous propose cette intéressante mise en miroir des deux plus grands compositeurs allemands de l’époque baroque. Une association discographique réalisée non pas dans un but d’opposition, mais on contraire dans le simple dessein de mettre en évidence une complémentarité certaine autant qu’une probable amitié (Telemann était le parrain de CPE Bach). Deux personnalités

 Denis Pascal, piano. 1 CD La Musica : LMU008. TT : 65’04.

Le pianiste français Denis Pascal nous donne à entendre, ici, un superbe album totalement dédié à Franz Schubert, avec deux sonates bien différentes. La Sonate n° 23 D. 960, dernière sonate composée par le compositeur viennois quelques mois avant sa mort constitue une sorte de lied sans paroles, apaisée, elle semble défier le temps pour se tourner vers des horizons lointains où le dépouillement le dispute à la confidence douloureuse, oscillant entre résignation et rébellion, toute nimbée d’une lumineuse pénombre, marquant la naissance d’un romantisme échappant définitivement à la rhétorique beethovénienne. Bien dissemblable, la Sonate n° 16 D. 784 op. posthume 143 date de 1822 et ne sera publiée qu’en 1839, plus de dix ans après la mort du compositeur sous le numéro d’opus 143.

Geoffroy Couteau, piano. 6CDs La Dolce Volta : . TT.: 66'04+64'02+51'46+71'06+65'37+73'.

<La musique pour piano seul de Johannes Brahms n'a jamais connu les honneurs qu'elle mérite. Au disque en particulier. Quelques pièces ont survécu à une relative indifférence comme les Ballades op. 10 ou les Intermezzos op. 117, grâce à une poignée d'interprètes géniaux dont Arturo Benedetto Michelangeli ou Sviatoslav Richter. Rares sont les pianistes à se consacrer à une étude plus approfondie (Claudio Arrau). D'intégrale, il y eut peu, comme celle, légendaire, de Julius Katchen dans les années 1960/70 (Decca). Aussi la nouvelle version que livre le jeune Geoffroy Couteau fait-elle figure d'événement. Adoubé par son Premier prix en 2005 au Concours Johannes Brahms, enhardi par un premier disque réussi, en 2008, réunissant les quatre derniers opus du compositeur, Geoffroy Couteau s'est lancé le défi d'enregistrer toute l'oeuvre pour piano seul dans l'ordre chronologique de la composition. De l'op. 4 à l'op. 119, la vingtaine d'oeuvres écrites par Brahms traversent sa production, de 1851 – peu avant sa première rencontre avec Robert Schumann - à 1893, de la prime jeunesse au soir de la vie. C'est un corpus titanesque, exigeant pour l'interprète car requérant force et douceur, puissance et grâce, et surtout un nécessaire équilibre entre intériorité et expressivité. Difficile d'accès aussi pour l'auditeur qui n'a pas à sa disposition le garde-fou du mélodisme d'un Schubert ou d'un Chopin, et même la manière antagonique bien aidante d'un Schumann.

Il Trittico & David Greenlees, alto. 1CD Divox Excellence : CDX-20905-6 (distribution Naxos). TT.: 78'09.

Johann Joaquim Raff (1822-1882) est un compositeur suisse qui jouissait à son époque d'une célébrité considérable. Sa prolixité en fut le revers de la médaille au point que critiqué de son vivant, il sombra vite dans l'oubli. Un sort bien injustifié à en juger par les deux pièces gravées sur ce disque. D'abord secrétaire particulier de Franz Liszt à Weimar, Raff enseigna à Wiesbaden et devint directeur du conservatoire de Francfort-sur-le-Main. Sa production couvre aussi bien le domaine symphonique que l'opéra et la mélodie ou encore la musique de chambre. Ses deux quatuors op. 202, publiés respectivement en 1876 et 1877, constituent ses dernières oeuvres dédiées au genre. Ils sont complémentaires et offrent une parfaire illustration du style aisé de leur auteur : une facilité d'écriture et une ingéniosité du trait comme le fait de présenter un thème de manière fragmentaire qui est ensuite travaillé, un recours à l'écriture fuguée, et surtout une manière

.Ensemble Aleph. 2CDs Evidence Classics : EVCD030. TT.: 105'.

Fils d'émigrés juifs d'Odessa au prénom espagnol et au nom allemand, Mauricio Kagel (1931-2008), né à Buenos Aires, fait ici un tour du monde, non pas en quatre-vingts jours, mais en huit pièces (Stücke), qui sont autant de parties de la rose des vents (Windrose). Ce n’est d’ailleurs pas un seul mais plusieurs voyages, et de plus en plus longs ou lointains, car les huit compositions, écrites entre 1988 et 1994, sont autant de microcosmes, autant d’univers singuliers, à la fois géographiques, temporels et fabuleux (inactuels). Cela dit, l’ouvrage entier fait corps dans un geste, une intention, une couleur et une pâte sonore. Car tout, dans cette musique, se mélange en restant simple, clair, explicite, et, même si l'instrumentarium varie un peu d'un morceau à l'autre – les percussions surtout–, l’auditeur suit un continuum en une série de variations, découvrant au fur et à mesure une oeuvre importante (105 minutes) aux points de départs multiples. D’emblée, il est, cet auditeur, embarqué dans une musique qui avance avec beaucoup de confiance – et il faut souligner la beauté et la rondeur de l'interprétation de l’« orchestre de salon » (Salonorchester) –, une musique qui baguenaude tout en se suffisant à elle-même, pourrait-on dire, tant elle est colorée et aimable, amicale même. Une musique qui vous prend gentiment par la main. D'où part Kagel et où va-t-il ?

 Sébastien Llinares, guitare. 1CD Paraty : 106415. TT: 51'20.

Après avoir joué en duo – le duo Mélisande - pour une adaptation pour guitares des Variations Goldberg, Sébastien Llinares propose des adaptations pour guitare seule de pièces de Satie : Six Gnossiennes, Parade, 3 Gymnopédies, et d’autres pièces. Pour Llinares, il y a une correspondance évidente entre la guitare et les oeuvres de Satie. Cet instrument accueille naturellement ces musiques, il n’y a pas à proprement parler de transcription, ni d’arrangement, les musiques de Satie ne sont pas pensées pour un instrument en particulier. Avec Satie, on cultive l’utopie d’une musique pour tous, vive, intelligente, n’ayant pas peur du paradoxe ni de la demi-teinte. Une musique en phase avec l’intimité de chaque auditeur, une histoire d’amour. Une musique intemporelle. A l’écoute de ces pièces sous les doigts de Sébastien Llinares, on pourrait penser qu’elles ont été écrites pour la guitare, et l’analyse qu’en fait ce magnifique musicien coule de source. Érik Satie était un brillant compositeur pour la guitare ! Vous ne la saviez pas ? Écoutez ce disque, Érik Satie vous convaincra ! N’est-ce pas une de ses plus belles impostures !

 1CD DIVOX ANTIQUA (www.divox.com). CDX79805. TT : 74’ 04.

Dans sa Série Orgues historiques, le Label DIVOX ANTIQUA présente l’instrument de l’Église Sant’Andrea in Riva à Trévise, accordé en tempérament inégal, comprenant un clavier manuel de 45 notes avec première octave courte, et pédalier avec — parmi les jeux rares — un tambour (tamburo). Il est incliné en forme de pupitre de 17 notes, accouplé au clavier. Cet Orgue, de la Manufacture Callido typique de l’esthétique vénitienne, a été restauré en 1982-1983.

Dans sa Série L’héritage frescobaldien, l’organiste Andrea Marcon a — pour son Volume 2 — regroupé des pièces de compositeurs d’origine allemande, italienne, française, anglaise, espagnole du XVIIe siècle. Ce programme cosmopolite illustre des formes baroques traditionnelles : Toccata, Fugue, Passacaille, Fantaisie, Canzon, Caprice, Intonation et, pour l’Angleterre : Voluntary.

Ludwig van BEETHOVEN : Diabelli Variations. Johannes BRAHMS : Sonate n°3. 1CD VDE GALLO. (www.vdegallo.ch). GALLO CD-1472. TT : 79’ 38.

Alexandre Rabinovitch-Barakovsky — compositeur, pianiste et chef d’orchestre azerbaïdjanais, né en 1945, élève de Dmitri Kabalevski au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou — s’est installé en 1974 en Belgique, puis en Suisse. En tant que compositeur, il s’intéresse à la musique minimaliste et, en tant qu’interprète, à la musique romantique. Il détaille avec minutie les 33 Variations sur une Valse d’Antonio Diabelli (op. 120) de Ludwig van Beethoven (1770-1827). Il s’impose par sa vélocité, son sens des contrastes et de la dynamique, ses oppositions de nuances, son toucher précis, délicat ou énergique, son jeu perlé, sa progression en perpétuel mouvement et par la diversité des atmosphères dans les 33 Variations. À noter la sonorité chantante de la Variation 29, plus méditative et, d’une manière générale, sa brillante technique.

 1CD PIANO 21. Diffusion : Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). P21 056-N. TT : 74’ 55.

En premier enregistrement mondial, Cyprien Katsaris, pianiste virtuose et compositeur d’origine franco-chypriote, formé an CNSM de Paris auprès d’Aline van Barentzen et de Monique de la Bruchollerie, et Etsuko Hirose, pianiste japonaise au talent précoce, diplômée de l’École Normale de Musique de Paris et du CNSM dans la classe de Bruno Rigutto, tout en bénéficiant des conseils d’Alfred Brendel, interprètent à 2 pianos ou à 4 mains des transcriptions de Ballets russes.

 Marc Mauillon, baryton. 1CD Son an Ero / Petit Festival (www.petitfestival.fr): 07. TT : 65’ 35.

Marc Mauillon convie les discophiles curieux à un parcours vocal monodique (21 œuvres) à bâtons rompus, dans l’espace et dans le temps, associant musique sacrée et musique profane allant des chants de troubadours, en passant par Jehan de Lescurel et Guillaume de Machaut (Ars nova, XIVe siècle), jusqu’à notamment Giacinto Scelsi (1905-1988) et Georges Aperghis (né en 1945). Parmi les thèmes religieux figurent : Ave stella matutina, In paradisum, Parestosa (en grec, évoquant le Seigneur devant la croix)… ; parmi les thèmes profanes : la dame, l’amour, la flamme de l’amour, la jouvencelle, mais aussi les pleurs (Pétrarque) et, pour conclure : D’amour vient mon chant.

Zara LEVINA Maria Lettberg, piano. Orchestre Symphonique de la radio de Berlin, dir. Ariane Matiakh. 1CD Capriccio : C5269 (distribution Outhere). TT.: 56'01.

Une découverte qui nous vient de l'Est ! Il faut écouter les deux concertos de Zara Levina comme un bain de musique rafraîchissante. Compositrice et pianiste (1906 -1976) elle a ignoré la période d’une certaine musique dite “contemporaine“, souvent inaudible, qui a enfoui sous une cagoule autocratique les bonnes vieilles gammes en voulant faire table rase du passé. Ces concertos nous viennent de Russie, dans la pure tradition des concertos de Rachmaninov, de Chostakovitch et autres grands compositeurs slaves. Sans oublier Beethoven et Schumann. Une chevauchée toute en arpèges chromatiques balaie le clavier de l'allegro du Premier concerto (1942) : nous sommes d’emblée au cœur de l’univers romantique de Zara Levina. Tandis que l’orchestre suit à l’unisson, comme s’il

 MULSANT. DE FALLA. CURRIER. MASSENET. PIAZZOLLA. Philippe Villafranca, violon & Manon Louis, harpe. 1 CD Animato / Bauer Studios : ACD6155. TT : 64’47.

Voilà un disque original par l’instrumentarium utilisé (violon et harpe, justifiant le titre de l’album) dont l’association rare, et ô combien séduisante, marie avec ravissement la langueur du violon aux accents acidulés de la harpe. Original certainement, mais également éclectique dans le programme proposé, associant musique d’aujourd’hui (Trois Fantaisies de Florentine Mulsant et Night Time de Sebastian Currier) musique romantique (Méditation de Thaïs de Massenet) et musique populaire (Suite populaire espagnole de Manuel de Falla et Histoire du Tango d’Astor Piazzolla). Des pièces bien différentes dont la mise en miroir révèle immédiatement le lyrisme et les couleurs intenses développées par cet inhabituel duo. Les Trois Fantaisies de Florentine Mulsant (° 1962) dédiées aux interprètes

Francesco Corti, clavecin. 1 CD Evidence Classics : EVCD031. TT : 81’56.

Parmi les compositeurs de l’époque classique, Franz Joseph Haydn (1732-1809) fut, en digne héritier des Lumières, celui qui, sans doute, réussit à concilier au mieux liberté créative et contrainte formelle, en témoigne son important corpus de sonates pour clavier (environ une cinquantaine) dont Francesco Corti nous donne, ici, un brillant aperçu. A partir de 1765, ces sonates prennent une ampleur et une profondeur d’expression nouvelle qui aboutiront à la grande sonate de concert. Choisir le clavecin plutôt que le piano forte, c’est bien marquer le lien que ce compositeur tend entre le baroque tardif (Domenico Scarlatti, C.P.E Bach)